‹ Mémoires; (volume 2)Chapitre 34 sur 230 · LU PRÉFACE DU TOME PREMIER · texte numérisé non relu

LU PRÉFACE DU TOME PREMIER

Bonaparte soient insultés à leur tour, ainsi qu'ils le seront tous l'un après l'autre dans la suite des Mémoires, Barras nous apprend ici que Lucien, « garde-magasin à Saint-Maximin, dont il avait fait changer le nom en celui de Marathon », se récréait en 1793, afin de donner un gage de ses convictions jacobines, à profaner des saints ciboires et des hosties. Passe-temps révolutionnaire dont le goût apparemment était commun à tous les membres de cette famille Bonaparte, puisque, s'il fallait en croire Lewis Goldsmith, le futur auteur du Concordat aurait préludé à son œuvre de pacification religieuse « en remplissant de ses excréments un saint ciboire » à Toulon ^ Barras aurait-il étudié Goldsmith, par hasard? Et ne serait-ce pas peut-être une simple réminiscence de V Histoire secrète du cabinet de Napoléon Bonaparte, qui lui aurait fait attribuer au cadet l'exploit bizarre porté par le vil pamphlétaire anglais au compte des turpitudes de l'aîné? On avouera que la rencontre est fâcheuse. Elle prouve, en effet, que le libelle de Goldsmith et les Mémoires de Barras procèdent à l'égard de Napoléon du même parti pris de diffamation, recourent aux mêmes procédés de dénigrement systématique et d'outrage. C'est sur cette remarque, dont l'importance ne peut échapper à aucun esprit impartial, que je veux conclure mon examen du récit donné par Barras de ses premières relations avec Bonaparte.

VU

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