lung, II, p. 386, d'après les Archives de la Guerre
2. Mémoires politiques et militaires du rjénéral Doppet. A Carouge, Pan v de la République, 1 vol. in-12, p. 180-181.
Le 30 septembre, l'ennemi fait une sortie, au nombre de 6000 hommes, s'empare d'une des redoutes républicaines dont il encloue les canons. Dugommier surpris accourt et d'un furieux élan repousse les Anglais. Le lendemain il écrit : « Je ne saurais trop louer la conduite de ceux de nos frères d'armes qui ont voulu se battre; parmi ceux qui se sont le plus distingués et qui m'ont le plus aidé à rallier et à pousser en avant, ce sont les citoyens Bonnaparte (sic), commandant d'artillerie, Arena et Cervoni, adjudants-généraux * ». Et ce rapport du général en chef est pleinement confirmé, en ce qui concerne la conduite de Bonaparte à cette affaire, par une lettre du représentant Saliceti à ses collègues : « Il est impossible d'exprimer la valeur de nos troupes.... Nos soldats feraient des prodiges, s'ils avaient des officiers. Dugommier, Garnier, Mouret et Buonaparte se sont très bien comportés ^. » Le représentant ne donne pas de mention particulière à Arena ni à Cervoni. Mais il cite Bonaparte, comme le général en chef l'avait déjà cité.
Le 16 décembre, les républicains tentent une attaque générale contre les positions ennemies. « Le feu de nos batteries, dirigé par le plus grand talent, annonça à l'ennemi sa destinée. » Ainsi parle Dugommier dans son admirable rapport sur la prise de Toulon ^. Oui donc dirigeait le feu de ces batteries? A qui, par conséquent, s'adresse cet hommage éclatant? Ne le demandez pas à MM. Krebs et Moris, qui ne citent pas ce rapport. Demandez-le moins encore à M. Jung, qui le cite au contraire, mais soigneusement expurgé du passage importun. Demandez-le tout simplement à votre bon sens, à votre équité naturelle : ils vous répondront que c'est à Bonaparte, sans aucun doute, que doivent être appliquées ces paroles. M. lung objecte-t-il, peut-être, que Bonaparte n'y est pas nominativement désigné? Soit. Mais qu'il me permette alors d'appeler son attention sur un autre document dont la clarté, la précision, lui paraîtront, j'ose l'espérer, suffisantes : « Je manque d'expression pour *te peindre le mérite de Bonaparte : beaucoup de science, autant d'intelligence et trop de bravoure, voilà une faible esquisse des vertus de ce rare
1. Archives de la Guerre. Lettre de Dugommier au ministre, du 11 frimaire an II (1" décembre 1793).
2. Archives de la Guerre. Armée du siège de Toulon. Correspondance militaire, année 1793. Lettre du 11 frimaire an ii (1" décembre 1793).
3. Mémoire sur la prise de Toulon adressé par Dugommier avec une lettre au président de la Convention, à la date du 6 nivôse an ii. Archives de la Guerre, armée de Toulon.