C'est en effet ce qui précisément arriva, un mois après
3. On voudra bien remarquer que cette déclaration de Bonaparte confirme l'hypothèse que j'ai émise un peu plus haut, relativement à la première apparition, dans la lettre écrite le 12 septembre par les représentants, de l'idée d'une attaque indirecte, par la mer, contre Toulon.
tèi'ent à plus de vingt mille boulets. Dans ce moment-là, les ennemis, comprenant l'insuffisance de leur artillerie navale, risquèrent le tout pour le tout et débarquèrent à l'Éguillette. Ils eussent dû être écrasés dans leur descente, la fatalité ou notre ineptie voulut qu'elle réussît ^... Je compris alors que l'affaire de Toulon était manquée.... »
Ajournée, plutôt. Car, sans perdre une minute, il s'est mis au travail, afin de réparer la faute commise par l'impéritic de Carteaux. Avec une fébrile et lucide activité, il a accumulé les moyens
Echelle en Toises
Plan de la Grande Redoute anglaise ou fort Malgrave, d'après un croquis do l'époque. [Papiers de M. de Saint-Albin.)
d'offensive, amassé de la force. Indifférent aux ordres contradictoires qui s'entre-choquent autour de lui, au chassé-croisé des généraux en chef qui viennent, passent et disparaissent, il peine jour et nuit sur sa tâche, sans que sa pensée tenace dévie un seul instant du but qu'elle s'est fixé : l'enlèvement du Petit Gibraltar. Il a poussé ses batteries jusqu'au pied de la grande redoute anglaise; il l'a enveloppée, cernée de ses mortiers, de ses canons qui n'attendent qu'un signal — qu'il ne peut malheureusement
1. Le témoignage de Bonaparte est ici pleinement confirmé par celui de Saliceti, qui accuse Carteaux d'avoir laissé les Anglais s'emparer des hauteurs d'où l'on aurait pu « fulminer l'esquadre ». {Archives de la Guerre, \^\Xt^ de Saliceti, du 25 septembre 1793.)