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CHAPITRE XIII. i

riez-vous, citoyens Directeurs, vous dissimuler le danger où une plus longue sécurité vous entraîne ? »

Quoique les choses annoncées dans la lettre du général en chef de l'armée des côtes de l'Océan fussent tout à fait contraires à l'opinion de Carnot, je lui dois la justice de reconnaître qu'il nous communiqua la dépêche tout entière, en y donnant toute son attention, et y appelant la nôtre. Ce n'est pas la seule circonstance où je serai heureux de reconnaître toute la probité de Carnot, en même temps que je serai dans la nécessité d'accuser ses ressentiments et l'irritabilité de la bile qui le domine le plus souvent.

Le ministre Bénézech présente un projet de fête pour le i'"' Vendémiaire. C'est de la fondation de la République qu'il s'agit, et elle n'est pas rappelée dans ce programme. Le Directoire rejette le projet, en enjoignant au ministre d'ajouter que les attributs de la Royauté détruite sont remplacés par ceux de la République.

Le Directoire avait, sur ma proposition, chargé le ministre de la marine d'employer le contre-amiral Saint-Jullien et le capitaine Inferney, deux marins distingués et patriotes honorables, qui ont souffert pendant la trahison de Toulon. Rewbell est furieux de cette inattention du ministre de la marine. Cependant Truguet est tout à fait dans les eaux de la République, et il n'y aurait qu'injustice à le soupçonner de n'y pas franchement naviguer, depuis que nous lui avons confié les vaisseaux de l'État. Rewbell est tellement en colère, qu'il est impossible de ne pas lui accorder que le ministre de la marine sera mandé et semonce par le président.

Nous avons conclu avec l'Espagne un traité d'alliance offensive et défensive à perpétuité. Il a été ratifié le 2 fructidor. Nous l'adressons par un message aux Conseils.

Le 20 fructidor, Bonaparte nous a envoyé sa proclamation aux Tyroliens. Il a passé l'Adige. L'ennemi gardait les défilés de Marco et le camp retranché de Maury. Forcé dans toutes ses positions, il s'est retiré sur Roveredo, pour couvrir Trente. La victoire de Roveredo est complète : six mille prisonniers, des canons, des caissons, des drapeaux sont en notre pouvoir. L'avant-garde s'est emparée de Trente; Wurmser se dirige sur Bassano. L'armée française est toujours plus brillante.

Bonaparte a notifié à la Cour de Naples que, ses troupes se per. mettant d'occuper le territoire du Pape, qui est lié par un traité avec les Français, cette occupation sera considérée comme une infraction de l'armistice.

Le général Jourdan a été repoussé jusque sur la Lahn : il craint qu'avec des forces supérieures, l'ennemi ne lui fasse repasser le Rhin. La plupart de ses magasins ont été pris, ainsi qu'une partie

de son artillerie. Il paraît que la cavalerie ennemie aurait décidé la victoire.

Jourdan attribue les malheurs de sa retraite à des défilés dangereux, aux habitants, qui auraient pris les armes, et dont il a brûlé les villages. Il se plaint de l'indiscipline de l'armée, qui cependant a combattu avec une grande bravoure. Jourdan pense toutefois qu'il pourra reprendre l'offensive parce que le prince Charles est obligé d'envoyer une partie de ses troupes renforcer l'armée autrichienne contre celle de Moreau. Singulièrement affligé de ce revers, Jourdan nous annonce que, craignant de n'avoir pas la confiance des généraux, il désire se retirer. Le Directoire, qui en est toujours aux demi-mesures, ne sait ni maintenir, ni remplacer. Jourdan ira commander l'armée du Nord, qui est une sinécure. Le commandement de l'armée de Sambre-et-Meuse sera remis à Beurnonville, le plus incapable des généraux français. On le préfère à Kléber, que j'avais proposé à plusieurs reprises. Rewbell qu déteste personnellement Kléber, Carnot qui le craint, se réunissen pour repousser l'homme le plus capable.

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