‹ Mémoires;Chapitre 118 sur 302 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Malheureuse situation de l'armée de Sambre-et-Meuse. — Joubert. — Jourdan. — Un coup d'œil sur les dispositions de cette armée. — Marchandises anglaises. — Nouvelles dénonciations contre les anarchistes. — Perrin Acliard. — Le cabaret de la rue de Vaugirard. — Drouet, Robert Lindet, Meaulle, Thuriot et Duhem. — Complot d'ivrognes. — Embarras du général Foissac-Latour. — On veut encore destituer Lacroix. — Sapeurs du 10° régiment. — Comment leur répond le Directoire. — Garde nationale. — Le secrétaire Lagarde. — // est rappelé à ses fonctions. — Remplacement des administrations départementales. — Commission des finances des Anciens. — Rarbé-Marbois. — Lafont-Ladébat. — Dupont de Nemours. — Leur indécente sortie au Directoire. — Thirion, Thuriot. — Péché originel. — Demandes de destitutions. — Commissaire du département de la Sarthe. — Dénonciation d'une Vie de Louis XVI. — Ce que le Directoire en fait. — Discussion sur le traité de Naples. — Correspondance de Mme Quirini avec Venise. — Naïveté bourgeoise de Rewbell. — Les dîners. — Encore le traité avec Naples. — ^ // est signé. — Bonaparte dénonce Willot. — Le commissaire Carreau. — Vive discussion au sujet de la destitution de Willot. — Ce qui en résulte. — Formation d'un bureau central pour la nomination aux fonctions publiques. — Manœuvres des partis dans l'armée de Moreau. — Le Pape viole ouvertement son traité avec la France. — Exécutions militaires. — Trait de férocité. — Gagnant est égorgé avec son frère. — Rapport de Cochon sur la conduite de Piquet jeune au 13 Vendémiaire. — Marchandises anglaises. — Incessantes dénonciations du ministre Cochon. — Carnot à l'égard de Robert Lindet. — Cochon demande du sang. — On le refuse. — Kléber général en chef. — Discussion du traité avec le Portugal. — Proposition à ce sujet. — Singulier motif de l'approbation qu'y donnent deux de mes collègues. — Je

la retire. — Victoire de Moreau. — Carnot dénonce le général Dummy. — Tentatives des royalistes dans le département de la Lozère. — Adresse du Pape contre les Français. — Terreurs paniques du ministre Cochon. — L'officier Bertrand. — L'adjudant Dumesnil. — Mesures arbitraires proposées contre eux. — Retour tardif à l'humanité.

^'dTmfa^ro" ^^ ^ ^^ comme, manquant au plan qui avait tracé leur ^" ^' premier point de départ, les deux armées du Rhin ont tristement dérivé de leur destination. Elles devaient, en s'avançant, converger pour se soutenir : elles ont fait le contraire ; en s'avançant séparément, elles se sont affaiblies. Jourdan n'a plus là Pichegru pour l'accuser de ses revers; il faut que ce soit maintenant Moreau. Le Directoire a besoin d'avoir des renseignements certains et directs sur la position malheureuse de l'armée de Sambre-et-Meuse. Joubert, ancien membre de la Convention, délégué près cette armée, y a été conservé par nous en qualité de commissaire du gouvernement. Arrivant de l'armée, Joubert est admis au Directoire en séance. Il déclare que Jourdan, dans la retraite, n'a pas conservé de fermeté; qu'il a presque perdu la tête. « C'est un général qui ne se tient plus à cheval, dit-il, depuis qu'il n'a plus en croupe la terreur du Comité de Salut public. » On en peut dire autant de quelques-uns des autres chefs; mais en les remontant, ou en les renouvelant, la belle armée de Sambre-et-Meuse peut encore revenir à la victoire. Elle n'a pas perdu plus de six mille hommes; et les grands divisionnaires, tels queLefebvre, Kléber et Bernadotte, possèdent et méritent la confiance des soldats. Ils en feront encore des héros; mais il faut que le gouvernement recommence à mener les généraux avec vigueur : les militaires sont l'espèce d'hommes qui a le moins de spontanéité. Comme ils se croient en mesure avec tout au moyen de l'obéissance passive, il faut qu'ils reçoivent toute leur impulsion d'un commandement supérieur.

Page 1