‹ Mémoires;Chapitre 12 sur 302 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Article 470. — Quatre messagers d'Etat.

Article 191. — Un commissaire auprès de chaque administration départementale et municipale.

Article 234. — Un commissaire du pouvoir exécutif auprès de chaque tribunal correctionnel.

Articles 216 et 245. — Un commissaire du pouvoir exécutif auprès de chaque tribunal civil et criminel avec un substitut.

Article 261. — Un commissaire et des substituts auprès du tribunal de Cassation.

Article 313. — Les officiers chargés de surveiller la fabrication des monnaies.

Article 331. — Les agents diplomatiques pour négocier les traités et les conventions à faire au nom de la République Française.

Après avoir dressé l'état qu'on vient de lire, la formule de nos messages au corps législatif fut ainsi arrêtée : « Le Directoire exécutif, formé au nombre des membres requis par l'article 142 de la Constitution, arrête qu'il sera fait au Conseil... le message dont la teneur suit ». Cette formule, qui était encore une reconnaissance continuelle et renouvelée du principe de la loi à laquelle nous devions l'existence, pouvait paraître singulière en présence des gouvernements d'Europe et d'Asie, qui commencent ordinairement : « Par la grâce de Dieu ».

Communication faite aux Conseils de son installation, le Directoire leur demande, par un message conçu dans les termes que nous venons de rapporter, si un ministre choisi parmi les membres du corps législatif perdrait son caractère de représentant du peuple. Ce message, qui n'est pas unanime, étant jugé inutile, l'ordre du jour est adopté.

A notre entrée en séance, le 11 brumaire, nous sommes informés que l'escadre anglaise bloquait Bclle-IIe; que, l'amiral ayant sommé le commandant de lui livie.' cette place, celui-ci avait

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refusé; que le débarquement des ennemis avait eu lieu, et que les républicains leur avaient tué deux cents hommes et coulé bas deux frégates.

Le Directoire, commençant ses travaux, s'occupe dès ce jour du département et de la municipalité de Paris et en réclame l'organisation. Bientôt pressé par le besoin urgent du service public, il demande que trois milliards soient mis à sa disposition. Le Conseil des Anciens refuse, par la raison que le Directoire ne lui a pas soumis l'état des dépenses de chaque ministère. Cette idée d'exiger la spécialité dans les budgets était déjà consacrée.

Peu de temps après, on nous apprend qu'un congrès est convoqué en Allemagne, et qu'il y est question de paix, sous la condition que tout ce qui a été pris par les Français aux États et à l'Empire, sera restitué et qu'on s'en tiendra au statu quo antebellum.

Une proposition est faite aux Conseils de rapporter la loi qui exclut les parents d'émigrés et ceux qui ont agi en Vendémiaire ; cette motion est rejetée. Elle sera accueillie plus tard.

D'après le désir exprimé par la législature, avec laquelle le Directoire veut vivre en harmonie, il se hâte de satisfaire au vœu des Conseils sur la spécialité des sommes demandées, et il leur envoie un état des distributions à faire des fonds reconnus indispensables. Les trois milliards sont accordés.

On mande au Directoire que l'escadre de Toulon sous les ordres de Richeri est entrée à Cadix, après avoir pris beaucoup de vaisseaux aux ennemis. On nous mande encore que Paoli, qui a traité avec les Anglais, ayant excité leur défiance, a été appelé par eux à Londres.

On a vu que le citoyen Trouvé avait été, au premier moment de Finstallalion du Directoire, présenté et nommé par Revellière-Lépeaux. Ce Directeur estimable, mais très passionné dans ses affections, paraissait en avoir beaucoup pour l'ancien rédacteur du Moniteur. Il le disait républicain ardent, énergique, digne enfin d'assister aux opérations du Directoire. Pour nous donner une idée de l'esprit et du caractère du jeune Trouvé, Revellièce-Lépeaux nous racontait que, dans ses conversations familières, Trouvé lui avait quelquefois dit qu'il regrettait de n'avoir pu être membre de la Convention nationale, « pour y voter la mort d'un roi », action énergique et antique, disait-il, « telle qu'il ne s'en présente

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