CHAPITRE XVII
Dénonciation du bureau central de Lyon contre certains représentants. — Grande question d'ordre constitutionnel. — Audace de certains journalistes. — On leur coupe les vivres. — Discussion au Directoire au sujet de la commission militaire. — Versatilité de Cochon. — Sortie violente de Letourneur. — Scènes déplorables dans l'intérieur du Directoire. — Démarche de l'Angleterre auprès du gouvernement. — Lord Malmesbury. — Rapport singulier entre les ambassadeurs de Londres et les membres du Directoire. — Extravagance de Letourneur à cette occasion. — Difficultés au sujet des conférences. — Le général Dugua. — Arrestation des Vendéens désapprouvée par les Conseils. — Le général Dumesnil.
— Evasion de Picot. — Rapport alarmant du ministre Cochon. — Jourdan Coupe-Tête et le marquis de Saint-Huruges. — Méprise inexcusable du ministre. — Morts ressuscites. — Autre rapport de Cochon. — Dîner mystérieux. — Le général Brune, Talleyrand, Maret, Semonville et Desrenaudes. — Le trio solliciteur. — Mots piquants de Talleyrand contre Maret. — Lettre de Maret au sujet de son ambassade à Naples. — Ses génuflexions. — Opinion de Rewbell sur le trio. — Message relatif aux journalistes. — Partialité de Lagarde. — Suppression du Rédacteur. — Mort du roi de Sardaigne. — Son successeur. — La marche de nos armées. — Conséquences de nos revers sur le Rhin. — Impassibilité de Carnot.
— Son opinion sur la réunion de la Belgique à la France. — Opinion énergique de Rewbell sur la conduite du gouvernement envers les généraux vaincus. — Dénonciations contre les deux Carnot. — Comment le Directoire les accueille. — Nomination de Fréron à Saint-Domingue . — Mauvaise humeur de Carnot et de Letourneur.
— Arrivée de L'amiral Richeri. — Détresse de l'armée de Sambreet-Meuse. — Le général autrichien Kray. — Mesure qu'il propose, adoptée par le Directoire. — Réception de l'envoyé de Parme. —
Proposition de Carnot au sujet de l'AutricJie. — Discussion animée (qu'elle excite. — Moyen terme. — Insistance de Carnot et réplique un peu vive de Reivbell. — Dénonciation de Tallien, Fréron, Sieyès et Louvet. — Pourquoi Letourneur veut y comprendre Lamarquc . — Prise de l'escadre Jiollandaise à Saldam. — Lettre à l'empereur d'Autriche. — Le général Clarke. — Sa mission. — Organisation de l'état-major de la garde directoriale. — L'adjudant général Scherlock rejeté. — Nouvelles alarmantes sur l'esprit des Bordelais et des émigrés. — Prévision de la retraite d'un membre du Directoire. — Mode du tirage au sort. — Convention pécuniaire relative au Directeur sortant. — Peu de confiance des armées dans les commissaires du Directoire. — Ruse de Bonaparte pour éluder leur autorité. — Supériorité qu'il affecte sur Kellermann. — L'armée des Alpes réduite à trois bataillons. — Horribles effets de la tolérance des maisons de jeu. — Pouvoirs immenses conférés à Bonaparte ; mon avis et celui de Rewbell. — Le traité de Naples ratifié. — Lettre du roi. — Difficulté d'une réponse. — Statu quo à l'égard de Rome. — Choix d'un commissaire pour la Corse. — Saliceti et Miot. — Saint Jérôme. — Mme de Bourbon sollicite pour le saint et pour elle-même. — Le peintre David. — Le Dominiquin et Raphaël.
1" Brumaire Comme il n'y a rien de si facile et de si prompt que l'avènement d'un gouvernement despotique, il n'y a rien de si difficile que l'établissement d'un gouvernement constitutionnel. Le premier, s'élevant au-dessus de toutes les lois comme de toute morale, ne connaît point d'obstacle; l'autre, soumis à l'ordre légal dont il est le produit et le représentant, se trouve, par ce seul fait, désarmé et dépourvu de tous les moyens rapides de défense qui seraient nécessaires à sa propre existence. Loin de pouvoir opposer ces moyens à ses ennemis, il est au contraire forcé d'en protéger l'usage qu'on en fait contre lui. Les lois dont il est le strict exécuteur, laissent toutes les armes à l'attaque; les lois n'étant point préventives, mais seulement répressives, le gouvernement constitutionnel, qui s'y trouve renfermé, est réduit à attendre et à regarder pour ainsi dire l'arme au bras jusqu'à ce que le crime qui va lui donner la mort soit consommé.