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CHAPITRE XIX

Tentative de débarquement en Irlande. — Hoche doit la diriger. — Impéritie des officiers choisis pour cette expédition. — L'amiral Morard de Galles. — Grouchy. — L' expédition manque. — Bantry.

— Waterloo. — Suite de V expédition. — Le capitaine de vaisseau Lacrosse. — Combat naval. — Retour de Morard de Galles et de Brieux. — Humbert. — Mon opinion sur l'expédition d'Irlande. — Vive discussion sur la défense de Kehl. — « Ne nous fâchons pas. h

— Dépêches relatives à Kehl. — Enverra-t-on un courrier? — Alarme de Carnot. — Le délateur Grisel. — Nos agents à Saint- Domingue. — Santhonax . — La guerre civile. — Le moine Gallais et son journal. — Où célébrer a-t-on le 21 Janvier. — Plaisantes terreurs de Carnot et autres. — Lettre en chiffres. — Chants atroces répétés dans le Midi. — Colère de Carnot contre les journalistes.

— On se moque de lui. — Négociations avec l'Autriche. — Le plénipotentiaire Vincent. — Rapports importants de Malo sur les projets des royalistes. — Le prince de Poix. — De Narbonne. — -

Viomesnil. — Bouille. — Puisaye. — M. de Bourbon. — Faux billets de banque anglais. — Morainville. — Perfectionnements introduits par Bonaparte dans l'émission des faux billets étrangers. — Proposition de paix avec l'Autriche. — Conditions offertes par le Directoire. — Mon opinion sur l'affranchissement de l'Italie.

— Carnot y résiste. — La concorde semble renaître au Directoire.

— Le journalisme la détruit encore. — Les Directeurs veulent tuer les journalistes. — Mon opinion sur la calomnie à l'égard dés hommes puissants. — « La calomnie est une bonne fortune! » — Brillante découverte faite par Carnot. — Correspondance du général Jourdan. — Hébert. — Le Père Duchesne. — Carnot et Louis XII. — Le style de l'an II. — Le soudard de 1793. — Exigences du roi de Prusse. — Nouvelles dénonciations contre Willot. — Le {général Marescot. — Guerre civile entre les comé-

diens. — Secours accordés à Ximénès, Bernardin de Saint-Pierre, Poinsinet et au père de Hoche. — Mesures ultra-légales prises par le bureau central de Marseille. — Rapport de Comeyras, agent en Suisse, sur la conduite de Brune. — Je défends Brune contre Carnot. — Restitution des municipalités dans le Midi. — . Déjà un gouvernement occulte. — Le général Hoche à Rochefort. — Reddition de Kehl et du pont d' Huningue . — Desaix. — Prétendus éloges donnés par les royalistes à Bonaparte et à moi.

16 Nivôse On se rappelle que nous avions reçu, il y a près d'une année, des propositions secrètes d'Irlandais qui nous avaient fait connaître l'état de mécontentement de leur pays à l'ég-ard de l'Angleterre. O'Connor et Fitzgerald, qu'on avait autorisés à venir par la Suisse, s'étaient abouchés; on les avait écoutés; Fitzgerald était un sincère patriote, que son dévoûment à la liberté avait seul entraîné à la démarche qu'il faisait en ce moment et où il avait tout à perdre : il y a laissé la vie. O'Connor, au contraire, avait tout à gagner, et e'était là son unique affaire. Il demandait de l'argent, encore de l'argent, puis le plus haut grade militaire, quoiqu'il n'eût jamais servi. J'ai su qu'à force de souplesse et de jactance il avait depuis obtenu de Bonaparte empereur tout ce que nous n'avions pas cru pouvoir lui accorder, en commençant par le grade de général de division. (On m'a même assuré qu'il n'avait cessé de recevoir ses appointements depuis vingtcinq ans jusqu'aujourd'hui et toujours sans avoir vu le feu.) A travers tout le baragouinage dont O'Connor enveloppait l'intrigue dont il était auteur et agent, le Directoire, d'après les rapports qui lui étaient transmis, jugea qu'il pouvait y avoir un fonds de vérité quant à ce qui venait du fait de Fitzgerald, et il s'occupa de donner suite au plan proposé. L'idée, qui n'était certainement pas au-dessus de l'audace et des moyens des Français républicains, était de séparer l'Irlande de l'Angleterre. Le peuple irlandais nous attendait les mains levées au ciel, pour secouer le joug de ses tyrans. De tous

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