CHAPITRE I
Miranda, décrété d'accusation depuis Vendémiaire, demande au Conseil des Cinq-Cents ou le rapport de ce décret ou des juges. Le Conseil, passant à l'ordre du jour, a renvoyé sa demande au Directoire. Nous sommes tous d'accord pour ne pas prolonger ces rigueurs nécessitées par les événements. Les députés Saladin, ^^ Rovère, Aubry et Louvet sont mis en liberté.
Le Comité de Salut pu blic, en faisant contre la Vendée la guerre d'extermination, avait plusieurs fois annoncé qu'elle était terminée, et de nouvelles flammes avaient toujours recommencé l'incendie; le Directoire, voulant guérir cette plaie dévorante, pense qu'il faut en donner la direction absolue à un seul général en chef. Hoche, qui avait déjà commandé une partie de ce pays, est investi du commandement en chef de l'armée des côtes de l'Océan. L'habile Hoche nous communique une proclamation pleine de sagesse et de fermeté, qu'il a adressée aussitôt aux Vendéens ; c'est le type de la 22 grande pacification qu'il se propose de réaliser.
Le Directoire demande l'autorisation de requérir des subsistances en grains, dont la rareté se fait déjà sentir d'une manière fâcheuse : il est autorisé à prélever, dans les départements qu'il jugera à propos de choisir, deux cent cinquante mille quintaux de i^ grains à compte de la contribution foncière.
Le Maître et ses complices, prévenus de conspiration contre la République, sont envoyés devant un conseil militaire. Le Maître seul est condamné à mort, les autres à la déportation.
L'empereur de Russie, celui d'Autriche et le roi d'Angleterre ont conclu un traité d'alliance.
Le ministre de la guerre nous lit une dépêche du général .lourdan, qui, après avoir été forcé à une pénible retraite, vient de faire un mouvement, et a chassé l'ennemi. Le général Lefebvre a heureusement coopéré à cette alTaire.
Les armées de Rhin-et-Moselle et de Sambre-et-Meuse vont désormais marcher avec un ensemble combiné : les ennemis, pins en flanc, seront nécessairement battus. Neuwied est bombardé par les Français; Mannheim l'est par les Autrichiens; mais l'action du gouvernement, qui centralise maintenant les opérations, ne peut tarder à se faire sentir : les Autrichiens sont déjà défaits, ils ont perdu quinze cents hommes.
Le Directoire est dans une position bien fâcheuse et bien délicate : les subsistances manquent; le discrédit des assignats est complet; les partis laissent déjà voir qu'ils vont se prononcer contre lui; dans les Conseils ils discutent les moyens d'abolir les assignats.
Brumaire an IV.
Brumaire
Brumaire an IV.