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CHAPITRE XX

Nouvelles terreurs de Letourneur et Carnot au sujet du 21 Janvier. — Rapport sur l'expédition d'Irlande. — Nous sauvons le Tliédlre- Français. — Coup de fusil sur le général Malo. — Le député Bouillet en accuse les Jacobins. — Cérémonie du 21 Janvier. — Espiègleries dont les Directeurs sont l'objet. — Mon discours. — Silence du peuple au cri de « Vive la République! » — Réunion chez moi. — Chagrin de Hoche au sujet de l'expédition d'Irlande.

— Le général Lefebvre et le général autrichien Kray. — Un dlncr pendant l'armistice. — La musique allemande et la Marseillaise. — Projet de Constitution batave. — Ce qu'est Pérignon à Madrid. — Turbulence des prêtres. — Fera-t-on un message contre eux? — Une citation poétique . — Les billets de spectacle royalistes. — Hoche général en chef de l'armée de Sambre-et-Meuse. — Calomnies des journaux contre moi au sujet de Babeuf et de Germain. — M. Cadet. — Un ministre et son apothicaire. — Rapport de Clarke sur l'armée d'Italie. — Eclatantes victoires de Bonaparte.

— Nouvelles discussions sur l'indépendance de l'Italie. — Soufflet offert par Carnot. — Résultat de la discussion. — Colère de Bona^ parte au sujet de l'arrestation des chefs de la 17° demi-brigade. — Sort du message relatif aux journalistes. — L'abbé Poncelin. — On le fustige. — Sa plainte au Directoire. — J'y suis compromis.

— Récit tragique fait par la Gazette de France. — A qui on l'attribue. — M Fiévée. — Plaisanteries dont il est l'objet. — Déclamations des journalistes et des députés au sujet de l'affaire Poncelin. — Alarmes comiques d'Isnard et de Dumolard. — Une lettre du juge de paix. — Visite domiciliaire au Luxembourg. — L'abbé Poncelin confondu. — // me remercie. — Ses calomnies infâmes contre moi. — Comment je m'en suis vengé. — Explication

de l'affaire Poncelin. — Mot de Marceau mourant. — Conspiration contre les journalistes, — Poncelin choisi pour victime. — Que fera-t-on de lui? — Le fouet.

29 Nivôse Le jouF de la cérémonie du 21 Janvier approche; les craintes que des membres du Directoire avaient chuchotées lors de la proposition de prendre Notre-Dame pour le local de la célébration, ont été entendues et recueillies par des courtisans et les agents subalternes. Ils continuent à exploiter l'imagination effrayée de nos collègues. Letourneur, par suite d'avis qu'il a reçus, notamment d'un huissier qu'il nomme, demande de nouveau, avec un sentiment d'alarme, que les caves et les souterrains de Notre-Dame soient fouillés. Carnot se joint à lui; il ne serait pas impossible qu'on fît sauter cet édifice pendant que les membres du gouvernement y seraient assemblés. La majorité du Directoire fait justice de ces terreurs puériles. Carnot, Letourneur et le ministre de la marine s'entretiennent ensemble à voix basse ; ils paraissent appréhender de parler haut de la malheureuse issue de l'expédition d'Irlande et de ses suites non moins funestes. Nous demandons au ministre d'en rendre compte au Directoire; il avoue que le Scevola a été submergé, mais que l'équipage est sauvé.

Je fais part des doléances des artistes des différents théâtres, qui ont été convoqués chez moi. Le premier de tous, celui de la République, est dans la triste nécessité de se voir obligé de fermer au premier jour. Si les royalistes désirent cette clôture, le Directoire doit s empresser de venir au secours du théâtre qui représente le plus convenablement les chefs-d'œuvre français. Letourneur s'oppose à ce qu'on accorde une subvention quelconque au théâtre de la République. Revellière et Rewbell sont de mon avis, pour prévenir une suspension qui serait un anéantissement. Le ministre de l'intérieur présentera un arrêté et fournira les fonds nécessaires. En évitant cette chute, nous sauverons le premier de nos établissements dramatiques, le seul asile de l'art après tant de destructions.

Il n'y a pas de petite circonstance qui ne soit un événement,

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