CHAPITRE XXIV
Galériens français débarqués en Atigleterre. — Mes plaintes contre cette mesure, — Discorde et égorgements. — Troubles a Lyon. — Nouvelles instructions envoyées à Clarke. — Malice faite à Carnot.
— Lettre du commissaire au tribunal de Laval. — JJ^abbé Sicard.
— Sa correspondance. — Le bureau topographique compromis dans la conspiration royale. — Journalistes payés par Louis XVIH.
— Organisation d'une guerre civile dans la Sart/ie. — Affaires d'Italie. — Lettres interceptées. — Projets des émigrés. — Le général Despinois. — Négociations de Clarke, — Garanties données à Duverne de Presle. — Energique défense des accusés de Vendôme. — Leurs chants à l'audience. — Vieillard. — Serment de haine à l'anarchie. — Camus, Thibaudeau et Daubermesnil. — Assassinats dans les colonies. — Projets d'attaque contre nos opérations financières. — Opposition dans les Conseils. — Obstacles à la Trésorerie. — Etat du Midi. — Le Directoire fait trop par lui-même, — Les compagnies Verdun et Colombel, — Le siècle devient positif. — Le général Monchoisy. — Le député Beffroy. — Message sur les monnaies. — Talent facile des ministres. — Huit cents passeports. — Jugement des conspirateurs royalistes. — Conduite de leurs défenseurs. — Le Conseil consulte le Directoire.
— Habileté de Merlin. — Merlin le Magicien. — Sa réponse à la consultation du Conseil. — Discussion aux Cinq-Cents sur sa compétence. — Sophismes de M, Pastoret. — Pourvoi en cassation. — Mesure énergique du Directoire. — La Cour de Cassation mécontente. — Mon opinion. — Tergiversations de la Prusse, — Terreur de Merlin,
C'est seulement par les papiers publics que nous apprenons qu'un débarquement de quatorze cents galériens français a eu lieu en Angleterre. Je me plains qu'une si ignoble mesure ait été prise
sans une délibération; on m'assure qu'il en existe une : « Elle est coupable, dis-je alors; le Directoire sera accusé d'avoir donné un nouvel aliment à la guerre civile de la Vendée, car les Anglais ne manqueront pas d'y revomir vos bandits et d'y ajouter les leurs. » Je demande à prendre connaissance de la délibération à laquelle on se réfère; et à l'appel du ministre de la marine pour rendre compte, j'insiste pour que des ordres soient expédiés afin d'ari'êter, s'il en est encore temps, cette déplorable expédition.
Rewbell demande la lecture de la correspondance générale : elle est hideuse de discordes et d'égorgements multipliés. A Lyon, les compagnies du Soleil ont reparu, ainsi que dans les environs; elles ont commis des meurtres dans les rues même sur les patriotes, que les compagnons du Soleil recommencent à appeler mntevons (sic). On a l'air de prêter quelque attention à cette correspondance, mais on ajourne les mesures nécessaires, ainsi que ma proposition relative aux forçats débarqués en Angleterre.
Les dépêches destinées pour Clarke lui sont adressées; les Milanais, qui se battent et versent leur sang pour notre cause, serontils sacrifiés et livrés, comme on l'a déjà fait pressentir, au despotisme autrichien? Le Directoire, en l'absence de Carnot, a ajouté aux dépèches pour Clarke d'insister pour l'indépendance de l'Italie. Ce n'est pas là une malice dans le goût de celle qu'on a faite hors de ma présence, pour lancer les forçats sur le territoire anglais.
Le commissaire près le tribunal de Laval écrit que la conspiration royaliste devait éclater dans ces contrées vers le i'^'' mars.
L'abbé Sicard a écrit à un prêtre en Espagne qu'il a fait différer le rapport sur les prêtres, et qu'il travaille pour obtenir la rentrée de ceux restés à l'étranger. La lettre de l'abbé Sicard a été interceptée.
19 Ventôse Duvenie de Presle, dit Dunan, a avoué que le plan de descente en Irlande qui lui avait été livré sortait du bureau topographique du Directoire; que l'Espagne s'employait pour armer et rallier tous les royalistes. Je demande que le ministre s'occupe de savoir les noms des employés du bureau topographique qui ont fourni les pièces à Duverne de Presle. Cochon répond que l'interrogé s'y est constamment refusé. Le bureau topographique n'a dans ce moment la confiance que d'un seul membre du Directoire, Carnot, et cependant, dans la crainte de désorganisation, il est conservé. Il est démontré que la corruption a pénétré partout. On pourrait d'après la conduite des journalistes en soupçonner quelques-uns. Duverne de Presle a déclaré payer par l'agence de Louis XVIII divers journaux, notamment le prétendu Gardien de la Constitution, Richcr- Serisy, etc.
L'administration de la Sarthe dénonce des assassinats journa-
an V.