CHAPITRE XXV
insulté parce qu'il avait levé la séance avant qu'il fût entendu; il s'écriait, en menaçant Delmas : « Nous marchons donc encore à un 31 Mai! ». Delmas l'a traité d'aristocrate, lui a donné son adresse en disant : « Nous nous verrons demain matin au bois de Boulogne ». Ce cartel a excité une grande rumeur parmi les députés. Barbé-Marbois s'est mêlé de la querelle. Delmas conserve sa fermeté. Dumas l'accoste et veut arranger cette affaire. Delmas lui répond : « Monsieur Dumas, je vous connais ». Dumas suit Delmas, le joint dans la cour du Directoire, lui renouvelle les excuses dont il est chargé par Crey. Un combat du président du conseil contre un collègue député produirait un mauvais effet; d'après Dumas, les députés étaient désolés. Le Directoire leur en veut : il fallait étouffer cette querelle. Delmas laisse Dumas, en lui réitérant que c'est au champ d'honneur que doit se terminer cette affaire, puisqu'elle a éclaté dans un lieu solennel.
Le Directoire ordonne à Bonaparte de réunir les Milanais, la nctiSGcrlîépublique cispadane et même Mantoue en une seule république; il leur donnera une Constitution; il organisera un Directoire et des autorités qui exerceront provisoirement jusqu'à la paix, époque où le peuple s'assemblera pour sanctionner ou rejeter toute cette organisation nouvelle. Le général appellera près de lui des personnes éclairées; on préparera les premiers règlements nécessaires, qui seront exécutés sous l'autorité de l'armée française.
Merlin, ministre de la justice, fait un rapport sur les atrocités qui s'exercent dans le département du Var, notamment à Fourrières, que les assassins ont choisi pour leur quartier général. Merlin ajoute que Willot et d'Opson sont les protecteurs de cette organisation. Je demande leur destitution. Carnot demande des faits à l'appui. « Les faits sont constants, répond Rewbell : témoin tous les malheurs dont ils sont la cause. » Carnot dit qu'il faut attendre que le Directoire soit complet pour délibérer. Lelourneur ari-ive ; il propose l'amendement de charger Cadet, agent secret à Marseille, d'aller à Toulon et de rendre compte au Directoire de la conduite du général d'Opson. Adopté. Je demande 'pour mon honneur au moins que mon opinion soit insérée au procès-verbal. Adopté.
Page, député de Saint-Domingue, dénonce Saladm, député, comme agent de l'Angleterre à Paris. On annonce un mémoire circonstancié à ce sujet.
Le Directoire arrête que les armées de Sambre-et-Meuse, Mosellcet-Rhin et Nord seront mises sous le commandement en chef de Hoche. Carnot nous apprend que c'est l'avis de Moreau, qui demande à rester à Paris. « Eh quoi, dis-je, quel besoin a-t-on ici de ce général? »