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CHAPITRE XXVI

général Danican au 13 Vendémiaire. La. célébrité ou seulement la famosité qu'a value à ce mauvais sujet sa conduite à cette époque lui a valu le prétexte de se faire prendre pour quelqu'un ou quelque chose d'important et d'obtenir de l'argent de l'Angleterre. Pour gagner cet argent, il faut qu'il fasse quelque coup nouveau de son métier. Il a promis aux royalistes de se rendre incessamment à Paris pour renverser le gouvernement. Le Directoire est informé que ce Danican, maintenant en Suisse, doit rentrer en France déguisé en charretier.

Les dissensions du Directoire et du corps législatif portent leurs fruits : les élections de Paris sont royalistes, elles semblent défier la République et braver les murs même du Luxembourg; le gouverneur du Dauphin, M. de Fleurieu, est élu.

La division de gauche de l'armée d'Italie continue d'avoir des succès dans plusieurs combats. Elle a fait de sept à huit mille prisonniers.

On demande que le général Duplessis soit renvoyé de la gaixlc il Germinal du Directoire, pour avoir, après la reddition de Pondichéry, arboi'é la cocarde blanche et la croix de Saint-Louis. Carnot croit que c'est une calomnie. La Revellière propose que le général Duplessis soit appelé et interrogé par le président. Il est introduit et avoue tout. Carnot dit qu'il avait été présenté par le ministre de la police. Cochon. La Revellière demande l'expulsion. Adopté, môme par Carnot. Il désire pourtant que le ministre obtienne la démission de ce général.

Rewbell annonce que de grands coups se préparent contre le gouvernement. Sous peu de jours il instruira le Directoire de ces dangers imminents. Deux partis sont tellement prononcés en France, qu'il faut que l'un des deux périsse. Rewbell espère pourtant que ce sort est réservé aux royalistes. Dans le cas contraire il faut songer à vendre ses biens et à s'en aller.

Pérignon, qui depuis si longtemps a dû être remplacé à l'ambassade de Madrid, ne l'est pas encore.. Nous sommes informés que ret ambassadeur se rend tous les jours, par son incapacité et sa servilité, plus indigne de représenter la République française.

Le Directoire arrête les dispositions pour la réception de l'ambassadeur turc.

Le ministre Truguet nous déclare tenir de toutes, ses correspon-

mces la certitude que les royalistes gagnent du terrain. Bénézech,

résent, est interpellé; il répond que depuis le commencement de séance il écoute. Ce ministre ne parle jamais dans un sens déter-

jiné; il a l'air de battre la mesure sur deux timbales, disant alterjativement aux uns qu'il déteste les royalistes, aux autres qu'il tepousse les Jacobins.

Une intrigue très active se trame, en ce moment même, dans notre sein pour faire élire Cochon membre du Directoire.

Le général Hoche doit se mettre en mouvement le 25 et attaquer l'ennemi par ses flancs.

Willot a réussi : les républicains sont incarcérés, ensuite assassinés; les agents de la royauté sont en place; le Directoire n'a pris aucune mesure. Combien de fois les ai-je sollicitées? Je n'ai aucun reproche à me faire. Je dépose des pièces que je viens de recevoir, relatives à de nouveaux massacres : elles font frémir, et l'on n'en fait aucun usage.

96Gcrminai Nouvelle lettre de Willot : il prétend que le calme se rétablit, et que les élections sont très bonnes. Le ministre de la police répond par la lecture d'une lettre de Miolis, commissaire près le département des Bouches-du-Rhône, dans laquelle celui-ci s'afflige des assassinats et des malheurs dont son pays est le sanglant théâtre; les égorgeurs, dit ce commissaire, s'attachent principalement aux autorités et aux agents du gouvernement; il faut, pour arrêter tant de crimes, des moyens de répression extraordinaires; il est plus que temps que la République et ses lois triomphent.

Une seconde lettre de Willot à Carnot ajoute qu'il est parvenu à comprimer les terroristes et les brigands dans la division qu'il commande, excepté pourtant à Toulon, où, le Directoire ne lui ayant pas donné la même latitude de pouvoir, les élections, selon Willot, se trouvent exécrables. Ici je ne puis contenir mon indignation : Jusqu'à quand une autorité invisible protégera-t-elle le bourreau du Midi? Où s'arrêtera l'audace portée jusqu'à en faire l'éloge? Au Comité de Salut public, les hommes de toutes les couleui's, ses membres même furent immolés à la barbarie de quelques-uns. Veuton recommencer de semblables horreurs, et la majorité républicaine du Directoire ne repoussera-t-elle pas avec énergie la contre-révolution qu'on organise? Je ne puis sans doute exprimer ces sentiments sans qu'ils soient accompagnés d'une certaine chaleur. Un morne silence règne dans le Directoire. Les ministres de la police, de la justice et des relations extérieures, présents à la séance, reconnaissent la vérité de mes observations : aucune mesure n'est prise. Rewbell conclut que la République touche à sa perte. Carnot ne veut pas voir ainsi; il croit qu'on nous exaspère. Je lui dis sans rancune que je le crois plus exaspéré à lui tout seul que nous tous ensemble.

Un Français arrivant d'Amérique et passant par Londres a été chargé par le duc de Portland de deux imprimés pour Barbé-Marbois et Henri La Rivière. Il a vu chez le ministre anglais une liste de députés dont plusieurs avaient reçu l'imprimé; ils étaient désignés par une croix. Dumas, Dupont de Nemours, Lemercier, et

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