‹ Mémoires;Chapitre 223 sur 302 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Regrets hypocrites de Bonaparte au sujet de la paix. — Discussion sur l'état des affaires. — Le caractère de Barthélémy se développe.

— Lord Malmesbury . — Projets de coalition. — Mesures que je propose. — Division parmi les généraux de l'armée d'Italie. — Expédition d'Irlande décidée. — Politique de Truguet. — FrancJiise du Directoire. — Expédition de Saint-Domingue . — Ilédouville et Montesquiou. — Baker ministre à Baie. — Le portefeuille de d'Antraigues. — Pièce importante. — Le comte de Montgaillard. — Fauche-Borel et Courant. — Pichegru compromis . — Ce qu'était d'Antraigues. — Explication de son portefeuille. — Les intrigants . — Acquéreurs des domaines nationaux troublés par les émigrés. — Courtoisie excessive de Carnot à l'égard de Henri La Rivière. — Dumolard dénonce Barthélémy. — Le Cercle constitutionnel effraye les royalistes. — Etat des choses. — Encore le portefeuille. — Absurdités . — Willot au Directoire. — Proposition de Carnot sur la comptabilité. — Nouveaux rapports sur les égorgements du Midi. — Mesures adoptées. — Singulier amendement de Carnot. — Discussion sur la fête du l'i Juillet. — Note de lord Granville. — Situation de Lyon. — Projets royalistes. — Conversation avec Villaret-Joyeuse et Siméon. — Propositions d'un changement de ministère. — Une réunion chez Retvbell. — Le congrès.

— Tergiversations de l'empereur. — Energie du Directoire. — Relations avec l'Espagne et la Prusse. — Rapports de police. — Lyon en état de siège. — Nouvelle réunion chez Reivbell. — Truguet accusé par Vaublanc . — Intrigues contre les ministres. — Discours du ministre des finances sur l'état des .affaires. — - Article astucieux des journaux royalistes. — Nouvelle démarche de Villarct et Dumas. — Bourdon et Sidney Smith. — Vive réponse à Carnot.

Après tout ce que Bonaparte a fait pour s'emparer des i"et2Mos-

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préliminaires de la paix, dont il craignait de voir les armées

du Rhin prendre l'initiative, il ne lui manque plus que d'ajouter à son succès l'hypocrisie de paraître la regretter. S'adressant au Directoire comme l'organo et l'écho naturel de sa déception, il nous écrivait : « Depuis que j'ai appris le passage du Rhin par Hoche et Moreau, je regrette bien qu'il n'ait pas eu lieu quinze jours plus tôt, ou du moins que Moreau n'ait pas dit qu'il était dans le cas de l'efTectucr. »

Pour soutenir sa politique à l'armée même qu'il voulait convaincre avant tout, parce qu'il en ménageait le jugement, il répétait à son état-major : « Quelle différence dans les préliminaires, si toutefois ils avaient eu lieu! Mais aussi ce Moreau ne sait jamais agir pour aller en avant ; c'est un général de retraite. Pour Hoche, je conviens qu'il succédait, pour le commandement de l'armée de Sambre-et-Meuso, à de pauvres généraux en chef, et en dernier surtout à ce misérable Beurnonville, incapable de commander un caporal et quatre hommes; ils lui avaient laissé une armée toute désorganisée et dépourvue. Mais Hoche rêvait peut-être encore son Irlande au moment où il n'aurait dû regarder que le Rhin et partir tout de suite. Tous ces retards volontaires ou involontaires ne m'ont plus laissé le choix et m'ont empêché d'aller signer la paix à Vienne, comme je le pouvais si facilement. » C'est ainsi que Bonaparte laissait percer son envie, et la déployait avec sa subtilité ordinaire, lorsqu'après avoir tout fait pour enlever au général de l'armée de Sambre-et-Meuse plus encore qu'à Moreau l'éclat de la victoire et l'honneur de la paix, il s'occupait à flétrir leur conduite militaire et voulait leur donner un tort que lui seul aurait dû se reprocher. Car pourquoi s'était-il tellement empressé de signer ces préliminaires, et pourquoi les avaitil de suite exécutés de son autorité privée? Pourquoi s'empressait-il encore, ne voulant plus agir lui-même, d'empêcher les autres d'aller en avant? Pourquoi oser prendre sur lui de les désarmer ainsi qu'il l'a fait, en leur envoyant par la.

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