‹ Mémoires;Chapitre 77 sur 302 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

'ouvelles intrigues. — Réunions de Clichy. — Vues des aristocrates.

— La lutte s'engage. — Relations avec la Russie. — Catherine. — Son affreux despotisme. — Levée de l'état de siège de Nantes par Hoc/ie. — Lettre du Prétendant à l'armée de Condé. — Le maréchal Wurmser. — Refroidissement des patriotes hollandais. — Lettre de Kellermann. — La campagne s'ouvre sur le Rhin. — Indiscrétion de Barthélémy, chargé d'affaires de B die. — Comment on la répare. — Préliminaires de paix avec le duc de Modène. — Traité de paix avec la Sardaigne. — Proclamation de Bonaparte.

— Fox au parlement sur le traité de Pilnitz. — Pitt le combat. — Le député Lacuée. — Sa proposition au Corps législatif. — Ordre du Directoire à Bonaparte au sujet de Livourne. — Les Corses et Paoli. — Pérignon remplace Dugommier à l'armée des Pyrénées.

— // est ambassadeur à Madrid. — Sa conduite. — Ses bévues à la table du Prince de la Paix. — // est rappelé. — Dispositions contre l'Autriche. — Protection accordée aux petits États de l'Allemagne. — Cessation de l'armistice avec l'Autriche. — Nos succès.

— Insurrections en Italie. — Pavie prise d'assaut. — Punition des rebelles. — Victoire de Bonaparte. — Sa lettre aux Vénitiens. — Négociations avec le Pape. — Projets d'une expédition en Amérique. — Richeri et l'amiral Solano. — Expédition au delà du cap de Bonne- Espérance. — L'amiral Sircey.

Tandis que le parti babouviste nous serrait d'aussi près, pour nous étrangler comme des royalistes et même des tyrans; tandis que les vrais patriotes, parmi lesquels j'ose me ranger, étaient d'autre part forcés de se défendre d'être les complices de Babeuf, nous étions en proie à d'autres intrigues intérieures : elles se rattachaient à la même origine

des députés qui composaient une partie des Conseils. On sent qu'il s'agit du nouveau Tiers entré au corps législatif, par le choix des contre-révolutionnaires vaincus le 13 Vendémiaire. Ces membres du conseil et ceux particulièrement réunis à Clichy venaient chaque jour obséder le Directoire pour faire changer des nominations, et en substituer de leur goût. Ils auraient voulu renouveler à leur façon toutes les autorités départementales et communales. Des exigences moins vives et moins impérieuses auraient, dans le principe, pu être accueillies avec quelques modifications; il était devenu impossible de ne pas les repousser. Tel était l'avis déterminé de Rewbell, qui décida longtemps la majorité du Directoire; il s'irrita davantage de voir la résistance qui venait se placer au-devant de toute organisation. Celle des nouvelles autorités civiles pouvait seule établir les rapports du gouvernement avec la nation, et la confiance de la nation dans son gouvernement. En voulant arranger les choses à leur manière, les hommes que la victoire du 13 Vendémiaire n'avait poin, empêchés d'entrer au corps législatif, croyaient pouvoir reprendre incessamment leur marche. Ayant déjà réussi à introduire une partie de leurs créatures, ils voulaient nous faire élaguer ce qui restait de fonctionnaires républicains, en les traitant de Jacobins, d'anarchistes. Ayant manqué cette dernière partie de leur complot, les royalistes ne gardaient plus de mesure contre les membres du Directoire : nous n'étions plus que des terroristes. Cette réprobation qui cher, chait à nous déconsidérer, attaquait le gouvernement dans son honneur, l'attaquait dans ses premiers moyens d'action. Le parti patriote des Conseils de la Convention nationale, venant à notre secours, ce qui avait paru jusqu'alors n'être encore qu'une vive discussion, devint une lutte sérieuse; elle devait affliger les bons citoyens; elle était encouragée par l'étranger, qui espérait trouver dans ce parti anti-national le ïnoyen de renverser la République

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