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CHAPITRE XI

Toujours l'affaire Babeuf. — Discussion au Directoire. — Genèi'e demande protection à la France. — La dépréciation des mandats.

— Rapport alarmant du ministre de la police. — Projet de traité avec la Porte. — Rejeté par le Directoire. — Ses idées à cet égard. — Les négociations avec la Prusse sont rompues. — Gaillard. — Conférence avec Sandos-RoUin. — Mot imprudent de Carnot. — // est blâmé par Rewbell. — On veut effrayer le Directoire. — La femme Blondeau. — La faction d'Orléans. — Nouvelle dénonciation de Grisel contre Drouet. — Ce qu'on en fait au Directoire. — Proposition hardie de M. Noël, ambassadeur en Hollande. — Blaw suspect à Letourneur. — Pétition de réfugiés napolitains. — Dénonciation du bureau central. — Décision des Conseils. — Ordre au Prétendant d'aller à Rotliembourg. — // s'y refuse. — L'armée des émigrés. — Opérations devant Mantoue. — Fonds accordés par les Conseils pour poursuivre les conspirateurs.

— Succès de Morèau. — Bataille de Beuchen. — Drouet accusé.

— Doulcet bien en cour. — Le ministre des finances accusé de terrorisme par Letourneur. — On veut corrompre Carnot. — .S'a probité. — Le député Legot dénoncé. — Louvet traité de brigand au Directoire. — Je le défends. — Vive discussion au Directoire au sujet des mandats. — Ramel offre sa démission. — Armistice conclu avec le Pape. — M. Dazara. — Confidence maladroite qui sauve dix millions à Sa Sainteté. — Commissaire Carreau sur les émigrés réfugiés à Gènes. — .Ces craintes sur la puissance de Bonaparte. — Projet de pacification générale du prince Henri de Prusse. — Son estime pour la nation française. — Avis de Carnot sur nos relations avec la Sardaigne. — Proposition relative aux

biens nationaux. — Dubois- Crancé. Armistice avec le roi de

Naples. — Le prince Pignatelli. — Occupation d'Ancâne. — Blocus de Mantoue. — Victoires de Jourdan et Moreau. — Habileté de

Kléber. — Dispositions favorables de la république de Lucques. — Occupation de Livourne. — Conduite de Bonaparte à l'égard du gouverneur. — Condescendance du grand-duc. — Bataille de Rastadt. — Avantages de Moreau. — Inquiétudes sur l'état de Paris. — Projet d' alliance avec l'Espagne. — Discussion d'un article relatif aux émigrés. — Vues du Directoire sur le Pape. — Beffroy. — Le Cousin Jacques. — Les constitutions de la lune. — Discussion aux Anciens sur Drouet. — Violence de Letourneur. — Où sera jugé Drouet? — Tallien et Fréron dénoncés. — Lamarque au sujet de Drouet. — Mesures prises par le ministre Cochon. — Lacretelle et Dufourny. — Exigence du bey de Tunis. — Drouet peut-il être défendu? — Ce qu étaient les prévenus de Vendôme d'après Louvet. — Mot de Letourneur sur Cambacérès. — L'Américain Halem. — Proposition qu'il nous soumet. — Je veux la faire rejeter. — On l'adopte. — Refus d'une demande de Drouet. — Réunion des fêtes de la liberté.

^^n^iv"'^ L'affaire Babeuf occupe encore le Directoire. Letourneur dit qu'ayant examiné la liste des députés qui ont voté en faveur de Drouet, il n'en trouve que quarante-quatre maintenant; que depuis l'admission de la dénonciation contre Drouet il est prouvé que le Directoire n'est compromis, ni collectivement ni individuellement dans aucun de ses membres. Je pense que nous n'avons plus le prétexte de la mauvaise honte pour ne pas oser, dans le comité, sous peine d'être accusés de connivence, défendre l'intégrité de la représentation nationale. Je crois qu'après tous les malheurs éprouvés à une première époque révolutionnaire il faut se préserver de retomber dans de cruelles imitations. Je pense que notre devoir est de nous placer au-devant des passions. Je pense enfin que notre devoir, comme notre premier droit, est de manifester l'opinion que le corps législatif ne soit plus entamé. Letourneur répond : « J'aurais voté contre Drouet » ; Rewbell et moi : « Pour, même pour Cadroy, ajoutons-nous, s'il était accusé ». Je m'élève de nouveau contre ce procédé de préjuger toujours la question de culpabilité des prévenus contre un député actuel et contre les anciens députés, aujourd'hui désarmés de toute garantie.

Letourneur demande que si Vadier est mis en liberté par le jury, dans l'affaire Babeuf, on le mette en détention pour toute autre cause. Cette opinion rusée et conception digne de Merlin est d'avance reconnue non pas seulement comme un excès de pouvoir, mais comme une violation de la première loi de morale et d'humanité non bis in idem.... Car le prétexte avoué d'une autre cause n'était toujours qu'un même ressentiment contre la première.

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