‹ Mémoires;Chapitre 107 sur 222 · II · texte numérisé non relu

II

comme on disait alors, le seul auxiliaire que l'ennemi eût dans nos rangs; de fait, il fut le seul de nos généraux qui, à propos de combats si glorieux, ne laissa la possibilité de placer son nom nulle part.

Cependant cette campagne, si courte, mais si active, avait anéanti la chaussure et le ferrage ; le général Ghampionnet, qui avait espéré ne retarder que de quelques heures, en rentrant dans Rome, son passage du Teverone et la poursuite de Mack, dut reconnaître que, avant d'entreprendre une nouvelle série d'opérations à longue durée, il devait pourvoir aux besoins des troupes et de plus avoir réinstallé dans la ville les consuls, les ministres et autres agents du pouvoir, y avoir fait rentrer les administrations françaises, réorganisé la garde nationale et laissé une garnison et un commandant à titre définitif. En attendant, il cantonna militairement ses troupes autour de Rome et rendit au général Maurice Mathieu le commandement de Rome, que celui-ci avait quitté pour repousser l'invasion des Napolitains; il le lui rendit à titre provisoire par cet ordre du jour : « Le général Mathieu reprendra le commandement de Rome, mais il sera bientôt appelé à la tête des troupes qu'il est accoutumé à conduire à la victoire. »

Quatre jours suffirent à des occupations si diverses. Dès le 19 décembre (la rentrée à Rome avait eu lieu le 15), les autorités étaient rétablies, les troupes pourvues, le matériel de l'artillerie remis en état, grâce aux talents et à l'activité du général Éblé. Le général en chef venait en même temps d'apprendre que le général Kellermann avait exécuté ses ordres de la façon la plus brillante, achevé la défaite du maréchal de Damas et

impose, à l'égard des grands renoms militaires atteints par le récit de Paul ïiiiébault. une réserve qui s'accorde avec notre désir de garder la plus stricte impartialité. (Éd.)

Page 1