‹ Mémoires;Chapitre 114 sur 222 · ATTAQUE EFFRONTÉE · texte numérisé non relu

ATTAQUE EFFRONTÉE

celui que nous allions tenter, s'il nous devançait au passage de la rivière à San Clémente, rien ne pouvait l'empêcher de se réunir aux insurgés et de nous bloquer sur la rive gauche entre lui, la mer et Pescara, dans une de ces positions formidables dont les Abruzzes sont hérissées, et que la neige et les torrents rendaient d'heure en heure plus étroites et plus intenables. Mais il faut croire que la fortune aime l'audace, car presque en même temps nous apprîmes qu'un ordre impératif rappelait le général de Gambs sur Capoue par la route des Apennins, et ce départ précipité, qui pour nous équivalait presque au salut, nous garantissait du même coup que le général en chef, de son côté, marchait en avant, et qu'il marchait avec succès, puisque l'ennemi rassemblait toutes ses troupes pour couvrir Naples contre lui. Cela nous précisait notre devoir, c'est-à-dire que plus que jamais il fallait nous mettre en mesure de pouvoir, au premier ordre, nous réunir au général en chef sur la route de Naples et, pour cela, nous ouvrir le passage en commençant par la prise de Pescara.

En conséquence, le général Duhesme, changeant brusquement ses dispositions, résolut l'attaque immédiate de Pescara, malgré ce qu'il y avait d'effronterie, ainsi qu'il le disait lui-même, à tenter cette attaque. Les positions militaires furent prises; le général Rusca occupa Civita di Penna et Civitella del Abbatia; le général Monnier s'avança jusqu'à Pianella, et la réserve fut placée à Moscufo, où le quartier général fut établi; puis six compagnies de grenadiers, deux cents chevaux et la batterie d'artillerie légère qui nous avait enfin rejoints, canonnèrent tout à coup les hauteurs de Castellammare (1), rejetèrent dans la place les avant-postes qui couvraient les ouvrages avancés de la rive gauche de la

(1) Castellaminare Adrialico. (Éd.)

Page 1