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34 MÉMOIRES \)V GÉNÉRAL RARON THIÉRAULT.

obtenir cette triple faveur? — La pensée seule de l'ouvrage doit me le garantir: Louis-Philippe fait d'ailleurs quelque attention à ce qui émane de moi, et j'ai lieu de penser que, d'ici à huit jours, cette affaire aura été signée au conseil. — Vous connaissez donc le Roi ? — J'étais le bibliothécaire du duc d'Orléans, lors des événements de Juillet; mais mes principes ne m'ont pas permis de rester avec lui, lorsqu'il est devenu roi, ni de le revoir depuis qu'il l'est. Fils d'un général de la République, je suis républicain. »

Je ne saurais dire quelle sorte de réaction se fit en moi, à ces dernières paroles. Le brave général Dumas avait été nommé général en 1793, c'est-à-dire au milieu du gâchis et des aberrations d'une terrible époque; mais n'y aurait-il pas eu plus de vertu de la part de son fils en ne relevant pas ce souvenir, après avoir accepté les bontés d'un prince qui se l'était attaché malgré sa couleur, et devait-il, après avoir servi le prince, afficher du dédain pour le roi? Au ministre qui l'engageait à demander personnellement à ce môme roi le brick et les huit cents souscriptions dont il avait besoin, il répondit : ' ... Je le verrai pour le remercier... » Enfin il me donna l'idée complète de sa fatuité lorsque, terminant la conversation engagée sur son projet de voyage, il ajouta : « J'ai d'ailleurs besoin de sortir de Paris; les femmes ne m'y laissent pas les moyens de travailler. » Moi qui, plutôt que de me reproduire en procréant un moricaud, aurais préféré subir l'opération la plus opposée à celle du Saint-Esprit, je ne comprenais pas ces femmes s'abaissant à interrompre les travaux de cet Alexandre Dumas, qui se croyait peut-être l'Alexandre de la littérature, et je ne comprenais pas davantage comment, même métaphoriquement, Mme la duchesse d'Abrantès avait souffert qu'il l'appelât sa mère.

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