‹ Mémoires;Chapitre 182 sur 222 · PREMIERS ACTES DU NOUVEAU GÉNÉRAL EN CHEF · texte numérisé non relu

PREMIERS ACTES DU NOUVEAU GÉNÉRAL EN CHEF

commandant à Rome, un ordre daté de la veille et par lequel il le chargeait de protéger le retour de la commission civile à Naples. D'ailleurs, la rémstallation de cette commission civile fut le premier acte qu'il fit de son autorité; d'après ses instructions, Faypoult, Méchin et Chanteloup se mirent en route ; ils arrivèrent le 7 mars et reprirent leurs fonctions immédiatement.

Quant à la Fouille et aux Galabres, il écrivait au ministre de la guerre que la première division et la troisième y étaient interceptées et enveloppées, et cela le jour même où il recevait du général Duhesme la nouvelle des succès décisifs et de la victoire de San Severo, du général Olivier des avis annonçant la possibilité d'attendre.

Quitter la Fouille, lorsqu'on y était victorieux, et les Galabres, alors que l'action de l'armée allait pouvoir y être commencée, c'était afficher l'évacuation du pays et l'abandon de tous ceux qui s'étaient déclarés à notre appel, c'était perdre à l'instant le fruit de tous les avantages obtenus, attiser le feu de l'insurrection dont le signal viendrait de la Terre de Bari; c'était abandonner la colonne attendue des Abruzzes à de véritables dangers. Le général Duhesme prit donc sur lui de n'exécuter qu'en partie les ordres qu'il avait reçus. Dans une indignation que je partageais de toute mon âme, et après avoir réclamé contre un tel ordre, il laissa à Foggia, qui achevait l'organisation de sa garde nationale, une compagnie d'infanterie bien commandée, annonça la prochaine arrivée de la colonne des Abruzzes, fit prendre au général Broussier position à Ariano, et, avec le reste

du matin, il n'a pu véritablement être croisé par le général Macdoaald en dehors do cette ville plus de deux heures avant d'en être sorti. Or, malgré notre souci d'impartialité, nous ne pouvons taire une dépêche adressée par le général Ghampionnet, en date du 13 ventôse, au ministre de la guerre ; cette dépêche confirme heure pour heure les indications de Paul Thiébault. (Éd.)

de la division, il se mit, le 6 mars, en marche surNaples; mais il avait à peine dépassé Ariano que, en réponse à ses observations, il reçut un nouvel ordre portant de s'arrêter à Benevento et à Avellino. Il répartit aussitôt ses troupes entre ces deux villes, plaça son quartier général dans cette dernière et, de sa personne, se rendit à Naples, où je l'avais devancé, pour savoir à quoi s'en tenir sur ce faux et fatal mouvement, et tâcher de réparer le mal autant que cela serait encore possible.

On le voit, bien que le général Macdonald eût transmis en capon plus qu'en général en chef l'ordre d'évacuer la Fouille, ses concessions n'allèrent pas jusqu'à le révoquer. Malgré les plus véhémentes déclarations, le général Duhesme n'obtint pas de reprendre la campagne; mais, le général Olivier ayant exécuté son mouvement rétrograde en arrière de Sarno et établi son quartier général à la Favorite, on convint, comme moyen terme, de faire faire l'expédition de la terre de Bari par Broussier. A l'instant les instructions partirent, et Broussier, en les recevant, se reporta à Barictta, où l'ordre de se reployer l'avait atteint et où il était d'autant plus pressé de retourner qu'il savait cette ville, toute patriote, menacée des représailles les plus graves par les corps d'insurgés qui occupaient Andria et Trani.

Dans une situation aussi violente, alors que de toutes parts on se soupçonnait et s'accusait, on signala au général Broussier le prince Mari, se trouvant dans la Fouille comme un de nos ennemis les plus funestes, et, ainsi que cela arrive toujours, on appuya cette dénonciation de prétendus faits, voire même de preuves. En dépit de l'acharnement que l'on put y mettre, tout cela était encore assez vague pour rester douteux, et le général Broussier, après avoir fait arrêter ce prince Mari, en référa au général Duhesme, qui me renvoya

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