Traducteur d'Akensidc
la tragédie anglaise, il essaya d'accomplir, entre ces deux tendances, une fusion qui n'est point sans grandeur, mais où le défaut d'unité primitive se fait sentir. Tout ce qui porle une empreinte de force était assuré de son suffrage; il admirait la majesté de la poésie hébraïque, l'énergie outrée de Lucain et la roideur sentencieuse d'Alfieri ; il confondait ces sources diverses clu sublime sans faire attention que le résultai de ce mélange serait faux et hétérogène. L'Italien Ortis exprime dans un langage digne Me Sénèque les douleurs de Werther; l'Ajax homérique porte dans les mystérieuses profondeurs de l'àme humaine le coup d'œil lugubre de Harhlet. Alfieri, en soumettant des sujets modernes ' aux formes sévères de la tragédie grecque, était tombé dans la même erreur. Lorsque je vis dans son intérieur et que j'entendis causer cet autre Alfieri lyrique et savant, Ugo Foscolo; lorsque cette misanthropie furieuse et ce pédantisme classique, mêlés de verve, d'esprit, d'affectation, de violence contre le sort et d'égoïsme puéril, se montrèrent à moi en déshabillé, je compris tout ce qu'il y avait de factice et de peu vital dans cette littérature et ce mode de génie. Aucune racine ne les rattachait au monde nouveau, aux passions réelles, aux choses et aux idées de l'avenir; et cependant, au milieu de tout ce mélange, une éloquence éclatante, un talent ardent, quoique artificiel, et un amour enthousiaste de la liberté et de l'humanité, m'intéressaient vivement.