‹ MémoiresChapitre 26 sur 44 · A PROPOS DE FAUBLAS · texte numérisé non relu

A PROPOS DE FAUBLAS

Je n'ai jamais pu retrouver une édition de Faublas, livre de ce polisson révolutionnaire, Louvet, le Crébillon fils des perruquiers, édition pour laquelle la librairie Tenré m'avait demandé une préface. J'y exprimais dans les termes les plus farouches l'horreur que m'inspirait depuis mon arrivée en France cette libertine et prurigineuse doctrine de commis-voyageur à talon rouge cherchant les femmes. Ignoble de tout point, cette frivolité, qui fait du vice en ayant l'air d'être au-dessus du vice, et cette religion du Phallus prêchée par des Républicains, m'apparaissaient odieuses. Cela n'admettait ni passion, ni volupté, ni sentiment. C'était brute et frivole; admis comme religion, au nom de la philosophie des sens; c'était à la fois bête et vicieux. Au nom de l'esprit, il fallait avoir des maîtresses; au nom de la société, il fallait s'en jouer; au nom de la vertu, il fallait les mépriser. Mon dithyrambe contre tout cela devait être aussi comique

que possible; jamais calviniste n'a tonné contre les impudicités avec une conviction aussi fervente, c'est qu'elles se présentaient à moi, à la façon gauloise, nues, cyniques, sans mélange de poésie élevée ou de touchante et noble sympathie.

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