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PREMIER SOUVENIR

Je n'eus pas le spectacle, mais seulement l'impression du premier de tous ces écroulements successifs qui devaient avoir pour témoin ma vie entière. C'était en 1804. J'avais quatre ans et demi. J'étais ce petit mollusque de la végétation humaine qu'on appelle enfant avant Féclosion de l'étincelle intellectuelle; cela existait en moi, mais je n'existais pas. La vie de l'esprit dormait dans cette pulpe inconsciente, et attendait l'éveil. Tout à coup des sons de cloches, des airains violemment ébranlés, se ruèrent par vagues épaisses, comme une avalanche, sur cette ébauche de cerveau. Je me trouvais à une trentaine de pieds de terre, dans un des cabriolets hissés sur d'immenses roues, que depuis cette époque on n'a plus revus. Le cabriolet, cage étroite et très-exhaussée, cette machine que Carie Vernet et Boilly ont placée dans leurs caricatures, était traîné par un petit cheval étique, que mon père, me tenant sur ses genoux, fouettait ronde-

ment pour le faire avancer dans une rue assez étroite, remplie de peuple. Je vis, j'entendis et je parlai pour la première fois. Cette volée de cloches vibrantes partait de Notre-Dame; nous traversions la Cité sous cette harmonie. Elle m'étourdissait. La figure ardente et grave de mon père se pencha vers moi, et, tout en hâtant le cheval pour lui faire atteindre le Pont-au-Change, il médit : « On couronne un empereur! » — J'ai encore dans les oreilles ces paroles tristes prononcées sans émotion, les muscles de la face contractés et le front extraordinairement plissé. Ce fut ainsi que je vis mon père pour la première fois. Il fuyait, craignant pour lui-même les premiers accès de la ferveur politique nouvelle, toujours signalés en France par quelques emprisonnements ou quelques massacres. Il avait cinquante-cinq ans; et son audacieux visage, sentimental cependant, sillonné de rides profondes, un œil bleu que la flamme intérieure allumait comme une torche et qui se voilait souvent de larmes; une tête portée en arrière comme celle d'un lutteur; un triste sourire sur des lèvres délicates que nul excès de table ou de débauche n'avait détournées, une physionomie volcanique, plus animée que résolue, et plus flère que reposée; un grand mélange de souffrances physiques, morales, intellectuelles, et de combats intimes, faisaient de lui un ensemble complet et extraordinaire, que le philosophe le plus subtil aurait eu de la peine à déchiffrer et qui devait frapper d'étonnement, presque d'une terreur religieuse, le pelit être endormi sur ses genoux

Après avoir eu cette perception magnétique, unique, mais nette et profonde, détaillée et très-complète, je retombai à l'état de plante vivante, et n'en sortis qu'à six ans. Mais ces cloches m'avaient communiqué ce qui m'attendait en France; pour elle une série de funérailles ; pour moi l'écrasement de l'individu qui ne sait pas tromper, qui ne veut pas tromper, et qui voit le milieu dans lequel il se meut.

Malgré ses opinions républicaines, mon père n'était pas conspirateur; Mme Récamier et Mme de Staël l'étaient. De leurs salons est sortie la chute de l'Empire. La Restauration y est née. Elles avaient raison de conspirer contre Napoléon. En 1804, on tuait le malheureux Bourbon d'Enghien; on exilait, on exportait, on mentait, on fusillait et l'on opprimait. La France étourdie qui avait bondi d'enthousiasme, en 1789 sous Louis XVI était retombée dans la stupeur en 1793, sous Robespierre, pour s'exalter encore d'admiration sous le premier consul et retomber dans la stupeur sous l'Empire. Cent Mme de Staël et cent Mme Récamier auraient suffi à nous épargner bien du sang et bien des hontes; de même que cent Turgot et cent Bailly auraient appris au pays la consistance et l'honneur. Mais que pouvaient faire trois ou quatre élus du droit et du bien, au milieu de la foule stupide, sans principes et sans idées? Je grandissais au milieu de ces iniquités, acceptées ou subies. Grâces soient rendues à Dieu, mon père y élait étranger. Il rongeait son frein dans la solitude. Comme lui, quelques hommes

ne prirent point part à la curée cle l'Empire naissant après avoir tenté de fonder la liberté ; ils furent rares. On ferait un noble livre intitulé les Belles actions de la Révolution et de V Empire. Toutes les cocardes et toutes les opinions y auraient leur place. On en ferait un affreux intitulé les Servitudes et les Hontes.

Je crois que l'étouffement de la France libérale, entre 1800 et 1810, c'est-à-dire entre ma deuxième et ma douzième année, fut pour beaucoup dans la trempe amère, repliée, résignée et désolée de mon âme, et dans le développement mélancolique et observateur de ma pensée. Nulle existence, si obscure qu'elle soit, n'échappe au contre-coup lointain clés événements publics. Mon père, le votant, que la plus légère suspicion aurait envoyé à Sinnamary ou livré au premier tribunal venu, se maintenait dans la solitude et le silence. On lui avait fait offrir, par l'intermédiaire de Fouché, de cet étrange Mercure politique, une sénatorerie et la croix d'officier, s'il voulait se rallier à l'Empire. Plusieurs hommes de ses amis, devenus des personnages impériaux, Noël, Fontanes, Jard Panvilliers, Fouché, Lanjuinais, avaient à cœur de le sauver et le protégeaient. Il n'accepta pas les ouvertures de Fouché. Il ne les refusa pas. Expliquons cela.

Gomme tous les fondateurs républicains, tous gens bien élevés, il était non pas le brutal jacobin et le fougueux démocrate que l'on aurait pu supposer, mais le personnage incarné d'une théorie,-^- le disciple raffiné du dix-huitième siècle et des jésuites,

l'un des produits les plus civilisés et les plus complexes de cet ancien monde qu'il renversait. Si Robespierre avait gardé de son existence d'avocat bel esprit et de province les manchettes et le jabot, le gilet rose et la parole cadencée ; si Louvet, l'adversaire acharné de Robespierre, n'avait rien perdu en 1793 des traditions galantes de Grébillon fils, mon père, que la Révolution avait trouvé professeur de rhétorique, homme d'église, grand-vicaire et secrétaire de M. Conzié, resta (même après le baptême double de la révolution et de la mitraille) ce qu'il avait été, c'est-à-dire un illuminé savant du dixhuitième siècle, un homme de cour, sachant son monde et mêlant à l'essai de Phocion les habitudes des abbés de cour.

Nul ne tournait mieux que lui les vers latins; il y avait même dans sa facture quelque chose de plus sévère que dsns les poëmes ovidiens de l'école jésuitique; une solidité grave, plus voisine de Lucrèce et de son génie énergique que du père Rapin et du père Yanière. Et la philologie latine ! Et la syntaxe et la grammaire générale et universelle ! Comme il les adorait ! Une fois l'orage révolutionnaire apaisé, il se replia sur ses études favorites. Cela était sincère; et en véritable enfant de son siècle et un peu de la sacristie, il pensa en profiter. Je crois même que son goût classique contribua beaucoup à le sauver. Il avait fait ce qu'il fallait pour tomber sous la vengeance du régime impérial et bourbonien. Le bannissement, l'incarcération, Cayenne, le menaçaient de tous les cotés; mais devenu grammairien

enthousiaste, et. fabriquant de beaux vers latins, le conventionnel se fit oublier sans lâcheté et pardonner sans bassesse.

Analyser, s'enquérir, se rendre compte, c'est vivre par soi-même, Ce n'est pas obéir, accepter et servir. Quiconque analyse se révolte contre la foi. Même Mendelssohn, par exemple, est moins musicien que penseur. Raphaël Mengs et Winckelman ne sontplus assez artistes étant plus philosophes. Rechercher le vrai est cependant nécessaire au genre humain qui vieillit, et la synthèse mensongère doit céder à l'analyse inexorable. Les hommes de 1789 et ceux de 1793 avaient ce sentiment, mais vague. Ils ne savaient comment franchir l'abîme qui sépare le monde de l'analyse infatigable, nécessaire aux nouveaux, de la foi allumée sur les hauts lieux par le monde ancien. Ils mêlaient tout cela de la façon la plus extraordinaire.

Mon père savait bien, comme Franklin, Bentham, Bacon, Fellenberg, et tous les grands esprits du Nord et de l'Amérique, que l'université de Charlemagne, reconstruite par le génie des Jésuites, est incompatible avec la liberté d'un peuple; qu'il est ridicule d'élever le jeune moderne, qui est l'égal de tous, sur le type des enfants de Pélopidas et des régions à esclaves, et que sacrifier dix années à Tunique étude de l'idiome latin, écrire en latin, peser des dactyles, arranger des spondées, s'enfermer

dans les prosodies mortes des langues disparues, c'est s'enchaîner à la servitude des temps primitifs. Comment donc faire pour vivre dans la cité antique, tout en prétendant à l'indépendance moderne? Mon père ne savait pas un mot d'anglais, pas un mot d'allemand. Quant à Sénèque, Virgile, Horace, il les connaissait par cœur. Jamais phrase cicéronienne ne s'est déroulée avec une plus abondante variété d'expressions, avec une facilité d'euphonisme plus séduisante. Il ne s'était pas demandé une seule fois si l'homme qui invitait à dîner César triomphant de la République; si le délicat poltron qui avait jeté ses armes et pris la fuite à Philippi; si le Berger de Mantoue, plus Grec que Romain, plus tendre qu'une femme, étaient de bons modèles pour les nouvelles républiques. Le génie de l'antiquité, si contraire au génie nouveau, lui apparaissait si beau de forme, qu'il n'en pénétrait pas le fond, l'essence, la profondeur. Ses études philosophiques, manquant de points de comparaison entre les diverses branches du langage humain, s'arrêtaient à la Minerva de Sanctius, à Dumarsais, CondiUac, Facciolati et Court de Gébelin. Mais, humaniste excellent et théologien de premier ordre, il avait éclairé mieux que personne l'anatomie de la phrase et sa constitution nécessaire, ses trois éléments du sujet, du verbe et du régime. Cette triplicité de l'unité, qu'il commentait avec éloquence, le crayon blanc à la main, devant son tableau noir, lui causait des ravissements presque mystiques. Il composait la pensée d'après le système de Locke et en réduisait

l'expression à ses trois termes nécessaires. Si j'ai naturellement construit ma phrase et bâti mon style, c'est grâce à ces nombreuses et ennuyeuses, mais admirables leçons, où mon père suivait à travers ses déguisements et ses ellipses, ses détours et ses souterrains, le déploiement ou la marche de la pensée. Je compris de bonne heure qu'il n'y a pas de différence entre l'organisme humain, avec son corps physique, son âme sensilive et son esprit actif, et la phrase même avec son sujet, son verbe et son régime. La phrase «J'aime » se résout en je (sujet), — sens (verbe), V amour (régime). Je touchais ainsi, sans que mon père s'en doutât, le problème mythique du langage.

J'ai senti toutes les joies et toute la plénitude de vie de la jeunesse avec une puissance et une énergie excessives. L'isolement dans la jeunesse exerce une compression dangereuse. La sève concentrée devient ardente jusqu'à la douleur. Pendant que mon père, dans son cabinet de travail où il ne travaillait pas le moins du monde, regardait la fumée de sa pipe s'exhaler comme le souvenir de la République perdue, je montais sur les abricotiers de la pelouse, bien loin de la maison de pierre de taille, dans un fond, au milieu d'un gazon bien vert, et là je me laissais balancer au souffle du vent d'automne et à l'impulsion de la branche moussue avec un indicible bonheur. C'était le temps où Napoléon passait à travers les zones et les trônes de l'Europe comme un boulet de canon à travers les murailles. 0 le profond mépris que cela m'inspirait! Comme toutes les choses pratiques de la vie humaine et

surtout de la politique me semblaient méprisables! Dans ce vieux hôtel Flavencourt, avec ses pierres grises et son orangerie calquée sur Versailles, aucune âme n'était impériale. Ma mère était Ardennaise, protestante et de race Teutonique frisonne; elle était noble et populaire, comme il convient d'être quand on a le cœur haut; son malheur dans le présent l'inclinait vers le passé. Elle eût mieux aimé la République que Napoléon ; elle eût préféré le vieux temps à la République. Quanta mon père, il exécrait d'autant plus le Corse conquérant qu'il se reprochait de n'être plus Brutus, et le désespoir le prenait quand il se souvenait du joug qu'il lui fallait porter. Je grandissais au milieu de tout cela, sans but, sans patrie! J'avais pour patrie le gazon, le ciel, les idées, la région des idées. C'était une adoration sincère que je portais à l'arbre, à la. feuille, à l'étoile. De la France impériale je n'aurais pas donné un fétu ; je ne tenais pas au sénat, je ne craignais pas les soldats. J'étais détaché d'avance des faiblesses et des adorations de la communauté française. Douleur effroyable, je l'ai portée toute ma vie et je la traînerai dans le tombeau. Que ceux qui raisonnent théoriquement sur les constitutions et les lois apprennent ceci : quiconque détruit le groupe social fait un crime. Ce groupe fût-il mauvais, il vaut mieux que le brisement du groupe des idées républicaines au centre de fer.

Je me suis donc élevé au centre du mal, au foyer de la douleur, dans le débris et la ruine. Une certaine jouissance orgueilleuse compensait alors cette

amertume. Je me sentais vivre très-fortement, crime vie particulière, el comme mis à part pour une œuvre spéciale. Hélas, il n'y avait pas d'œuvre, que celle-ci : redire la mort de mon pays.

HOTEL FLÀVENCOURT.

Dans la maison bizarre que mon père avait achetée, dans le vaste parc devenu jardin et écourlé depuis, où l'École normale a été établie plus tard, les admirables journées que je passais ! C'était une féerie. Je m'imbibais de l'essence de ces beaux livres, Y Allemagne, Dix ans d'exil, la Révolution française, bien plus intimement, bien plus profondément que si j'eusse vécu entre celle qui les écrivit et ceux qui l'inspiraient, dans le tourbillon même de la vie sociale, soutenant cet intérêt, attaquant cet adversaire, inventant tel sophisme, poursuivant tel but. Les idées pures, nettes, profondes, descendaient jusqu'à moi, non pas telles que le parfilage des salons et le foyer des partis les élaborent en filigranes, mais dans leurs primitives sève et puissance, telles que la situation même de l'Europe les inspirait à la femme de génie. Au lieu de l'enivrement fébrile et charmant de ces salons parisiens, qui avaient bercé Stuart et les fondateurs d'une république

éphémère, je trouvais autour de moi les ruines déshonorées de cette république, les larmes et le désespoir de ceux qui avaient trop espéré, la rage et la menace des survivants et des enfants qui voulaient venger leurs pères, victimes du grand désastre. Sur ces décombres planait un aigle, et un aigle étranger. Il avait aiguisé ses serres sur le granit de la Corse et venait tomber sur les fous français.

Tous les débris de la République, toutes les têtes épargnées, oubliées ou seulement effleurées par les grandes tempêtes précédentes, accouraient chez mon père, en catimini, rasant les murs, tremblant d'être aperçus. Par une singularité assez bizarre, dans la nouvelle maison que mon père avait achetée logeait alors le père de mon contemporain, le très-ingénieux conteur Mérimée, qui y fut élevé. La maison, dont le premier étage abritait si tristement la retraite de mon père et mon berceau, appartenait à l'oncle du psychologue le plus délicat de notre époque, de M. Sainte-Beuve. Elle a été rasée; elle occupait le centre de la Cité, et c'était une bâtisse parlementaire, d'une solennelle et bourgeoise majesté; sa proximité du palais de justice expliquait la construction d'un tel édifice en un tel lieu. Quand mon père eut été compris dans le pardon universel qui jaillit des plis du manteau impérial, il quitta l'île de la Cité; à dire vrai, il s'y était placé, comme dans un centre d'où le proscrit pouvait aisément donner le change. Il acheta donc la maison rue des Postes, solitaire, avec son grand jardin. Là il s'enferma avec

sa colère, un gros chien, sa bibliothèque déiste, plus de mille volumes contre le Christ, et fit mon éducation. Bonaparte s'occupait de faire celle de l'Europe, à laquelle il apprenait l'art militaire, qui le lui rendit bien.

Comme les débris, les mâts rompus, les fragments de rames et d'avirons, les épaves du naufrage, viendraient, portés par la lame et couverts d'écume, s'entasser sur le sable aux pieds d'un enfant, les restes dispersés de la république française passèrent sous mes yeux puérils, et je vis de près ces Titans foudroyés, comme plus tard je vécus avec les amis de Byron à Londres, puis avec les renverseurs du trône absolu à Paris, et enfin avec les ennemis de ces derniers. Mes petits yeux d'enfant crurent voir que les Titans n'étaient pas grands du tout ; c'étaient cependant des géants historiques. J'avais beau regarder : les Titans ne grandissaient pas. Je commençai dès lors à me méfier des apparences, des bruits, des récits et de l'histoire. Je me mis à regarder de très-près les choses et à regarder même dessous, dedans et derrière la coulisse. Ces braves hommes s'abhorraient tous et disaient pis que pendre les uns des autres. C'étaient de vraies commères : A médisait de B qui s'amusait aux dépens de C, et C riait tout bas de D qui n'épargnait pas E, lequel racontait de bonnes histoires sur F, lequel F jasait comme une pie à propos de G., de //. et de... Quand je lus plus tard dans les histoires que le farouche Àmar était un loup, que Mallavine avait présidé les plus terribles séances de la Convention, et que Ya-

dier était une hyène, je n'en revenais pas. Ces loups et ces hyènes étaient de fort bonnes gens et je les peindrai tels que mon enfance les a vus, sans partialité : la jeunesse voit juste et ne pardonne pas ; l'enfance est encore plus barbare.

Tous ces hommes n'étaient ni bons ni méchants. Une passion intense, générale, publique, contemporaine, les avait emportés comme un torrent emporterait un nageur qu'il soulèverait en l'entraînant. Aussi paraissaient-ils grands-et redoutables parce qu'ils bondissaient sur les flots rouges et tumultueux d'une révolution. Hors de ce courant impétueux c'étaient les meilleures et, à quelques exceptions près, les plus honnêtes gens du monde; caractères faibles, sans cela ils auraient péri ; ardents, sans cela ils n'auraient pas été portés à la cime des houles révolutionnaires ; esprits en général faux, ils ne voyaient pas que le mouvement suivi par eux était passager et factice ; enfin médiocres la plupart quant à l'intelligence, mais point cruels. On en jugera parles portraits de quelquesuns d'entre eux, qui venaient souvent voir mon père. Lenain, le disciple de Telliamed et le membre du tribunal révolutionnaire, long comme une perche, figure de noisette pâle, au sourire triste, avait certainement prononcé beaucoup de sentences de mort. Sa femme le battait. Il n'aurait pas donné une chiquenaude à un enfant. Il se serait battu comme un lion pour sauver un homme, ou seulement pour lui faire un peu de bien. C'était pourtant un affreux jacobin, et de la race dont les doctrines me sont

particulierementodieuses.il était théoricien, abstrait, absolu. Il dînait par principes, comme les Puritains de Hudibras, et digérait logiquement. L'idée le dominait. Mais quelle idée !

Puis Vadier le Voltairien.

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