Fornovo
.3. Il existe, imniédiatenicnt au-dessous de Fornovo. un pué qui aboutit >ur la rive f^auclie du Taroau villaf^e de lîernini. C'est celui qu'axait franchi Tarmée française \'oy. la carte . I/abandon de la route de Parme, et par eonséqiient de rallacjue des fortes positions occupées jiar l'ennemi du côté de Giarola, fut la consécjucnce du conseil tenu dans la nuit du 5 au (i juillet. Peut-être les historiens n'onl-ils pas assez insisté sur ce que rado[)tion de ce plan eut de particulièrement habile. Il rendit entièrement inutiles les défenses accumulées par les Italiens sur la rive di-oite du Taro et les contraignit à venir chercher leurs adversaires sur un terrain tlont la rivière, qui grossissait à vue d'ieil, allait l'cndre l'accès des plus malaisés.
4. La C/iro/u'f/ue iinonyme du marquis de Manloue, œuvre de son secrétaire Jacques (l'Atri, que C. \'isconti a publiée en 1879 dans l'Archivio I-ombardo, fournil (p. ISI des détails circonstanciés sur 1 organisation de l'armée italienne, divisée en neuf escadres, sous le commandement en chef du marquis, (^ette chronique constitue certainement avec le récit de 0)mniynes, dont elle forme la conlre-pai lie, la meilleure source à consulter pour la bataille de Fornoue. ^'iennent ensuite, comme documents contemporains : du coté français, la lettre de Gilbert Pointet, dans La Pilorgerie, p. 351 ss., celle de Jacques de Thevray. dans le même recueil, p. 3i9 s., la
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(levant, et en façon que, se lyans en leur jj^rant nombre, il/, assailloient ' le Uoy et son armée tout à Tenviron et en manière que ung seul homme n'en eut sceu eschapper, si nous eussions estez rompus, ou païs "' où nous estions. Car ceulx (jue je nomme vindrent sur nostre hagaige ' : au costé jj^auche vint le marquis de Mante- et son oncle le seigneur Kodof , le conte Bernardin de Valmonton ^ et toute la fleur de leur ost. Au nombre de six cens hommes d'armes, comme ilz me comptèrent depuis, se vindrent g-etter en la grève droict à nostre queuhe. tous hommes
/ ((u'ilz se fioient en leur granl nombre : ilz assailloient édil. — m\ veii le |>aïs édit. : on pas vaudrait [leut-êlre mieux.
ix'hilion du W'Vijicr <l'hnnneur. dans rec. vile. I, p. 3S3 ss.. et celle dite of'/i ielle. réinip. par de Maiilde dans Prncpiliires du rè(jne de Louis \ll . p. (07 ss., pièce justif. n' 11: du côté italien. // fatlo d'arme del Tara. d'.\lex. Benedetti, les récits de Sanudo Spedizione. p. 104 ss. , et de Malipiei-o [Annales, dans Archivio storico italiano, \'II. 1n43, 1' p . p. 355 ss. . On consultera aussi avec fruit Senarejra dans Muratori. t. XXIV. col. 554 s.: le Diario de Priuli Jhid. col. 21 s.), la Sloria Veneziana d'Andréa Navagiem nicnie recueil, t. XXIII, col. 1205 s.), une lettre de Piero A'ettori au duc dUrhin, dans Desjardins, onv. et/.. I, 024 s., et Paul .love Trad. Sauvage. I. 0'» s.\ Ces documents ont etc. sauf la Chronique du marcjuix île Man'oue, connus et fort habilement employés par M. Delaborde Expédition, p. CjS-647 \ Cf. Luzio et Renier, Francesco Gonzaga alla battaglia di Fornoro, cit., p. 205 s.
1. Il est peu vraisemblable que les cavaliers grecs eussent reçu Tordre de se Jeter dès l'abord sur les bagages des Français, et la Chronique du marifuis de Mantone dit. au contraire, qu'au moment d'engager le combat. J.-V. de Gonzague interdit à ses gens, sous ])eine de mort, de faire des prisonniers et du butin p. 50 . Ainsi que l'exjîlique fort bien M. Delaborde. tandis que l'armée française s'avançait sur la rive gauche du Taro. entre la rivière sur sa droite et des collines élevées sur sa gauche, l'ennemi, voyant le centre et l'arrière-garde des Français dégarnis au bénéfice de leur avant-garde, se décida à faire porter de ce côté tout l'effort de son atla((ue , pendant que, d'autre part, Caiazzo, avec ses Milanais, occuperait lavant-garde et l'empêcherait de secourir le roi. Les Stradiols reçurent probablement l'ordre de passer le Taro à Fornovo, en arrrière de l'armée française, de gagner son flanc gauche par les pentes de Montebagn, de le dépasser, et d'assaillir lavant-garde de ce côté, pendant que Caiazzo l'attaquait de l'autre. Mais, pour le malheur des armes italiennes. ils tombèrent sur l'énorme convoi qui longeait le flanc de la colline, et ils ni' |)urent résister à celte superbe occasion de s'emparer des bagages de l'er^nemi.
2. A ce moment, les Français, conscients du plan de leurs ennemis, avaient cessé leur marche parallèle au torrent pour se ranger en bataille face au Taro.
3. Bernardin de Montone, surnommé Fortebraccio ou Fortebrazzi. Il a laissé un récit fort curieu.x de la part qu'il prit à celle bataille [où il faillit périr assommé\dans une lettre datée de Parme le 20 juillet 1405, queMalipicro a reproduite [Annales, dans rec. cité, p. 367 ss.).
i I t9o] LivnE viii. (iiAi'iTHr: x 27!
«larmes bardez, bien enipluiiiassez", belles bordonnasses ', Ires bien acom|îaiji^nez d arbalestiers à cheval et d'Estradiotz, de gens de pied -'. \'iz à viz du mareschal de Gyé et de nostre avantfi;-arde se vint mettre le conte de Gaiasse avecques envyron quatre cens hommes d'armes, acompaip^né coinme dessus, et jurant nombre de gens de pied''. Aupri's de luy une aultre compaignée <le tpielque deux cens hommes d'armes, que conduisoit le filz de messire Jehan <K' Bentevoille, de lîoulougne '. homme jeune qui jamais navoit" riens veu i et avoient aussi bon besoing de chiefz <pie nous] ; et cestui là devoit donner sur lavangarde après ledit conte de Gaiasse. Et semblablement y avoit une pareille compaignée après le marcpiis de Mante, et pour semblable occasion, que menoit ung appelle messire Anthoyne dl'rbin. ]:)astard du feu duc d'I'rbin ' : et en leur ost tlemourerent deux grosses compaignées ''. Cecy sceuz j)ar oulx mesmes, car dès le lendemain y parlay /', et le veiz à Iteil. Et ne voulurent point ^'eniciens hesarder '/ tout à ung ■coup ne desgarnir leur ost : toutesfoiz il leur eust myeulx vallu mettre tout aux champs. puis(prils commençoyeni ".
iii bardez, bien empaiiaclioz édil. — a huinnies jeunes... qui n'a\(>ifiil édil. — p) ilz en ])aploionl ôflil. — ([) esai-dor éd. lô'Jii : estrader Sniir. Lenfj. Dup.
I. Sortes de lances dont le bois a\ail été évidé poui- lendie l'aïuK' plus léj:r;re.
•-'. Manloue avait avec lui 300 cavaliers entièrement armés et 500 arbalétriers à cheval. Les i.OOO fantassins cpii raccompap;naient, arrêtés par les hautes eaux oucni|ictrés dans la vase, ne purent suivre les chevaux et ne prirent part qu'a\i pillaf-'c des bafrafies l'rançais.
:i. Caiazzo, a\ec tous les " ducheschi ». au nombre de 600 lances, assisti-s <le 2.000 fantassins suisses, passèrent sans doute le Taro plus en aval.c"eslà-dire par le pué d'Oppiano \'oyez la carte\
1. Annibal Bentivo^rlio. fds aîné de Jean II Bentivof^lio, seigneur de Holupne. et de (Tftieviè\e Sforza, marié à Lucrèce, fdle du duc de Ferrare. Mort en 1513 (Dupont, II. 16S .
5. Le comte Antoine dUrbin. fds bâtard de Frédéric de Montefellio. <]uc d'Urbin, qui commandait la 5» escadre, avait ordre d'appuyer le capitaine t^énéral, comme Annibal Benlivogliij. avec Galéas Palavicini et la 6" (escadre, de i-enforcer (Caiazzo {Chron. du tnarqiiis de Munloue, p. 4S : cf. Il falto d'arme del Taro, 1. c).
•i. Celte réserve avait pour chefs le comte Carlo tiel l'ian de Melilo et Talian de' Pii Ihid.).
7. En fait, sur les neuf escadres demi se composait l'armée de la lifrue. 4|uatre seulement prirent une part efTective au cond)al.
272 MÊMOiBES DK pnii.ippi: Di-; c.ommynks [149ri]
Je laisse iing' peu ce propos pour dire que devint nostre lettre que avions envoyée, le cardinal et nioy, par une trompeté. Elle fut receue par les providateurs ; et comme ils l'eurent leue, commença à tirer le jjremier coup de nostre artillerie, qui encores n avoit tiré, et incontinent tira la leur, qui n'cstoit point si bonne'. Lesdits providateurs renvoierent incontinent nostre trompeté et le marquis une des siennes, et mandèrent qu'il z estoient contens de parlamenter, mais que on list cesser l'artillerie, et aussi qu'ilz feroient cesser la leur. J'estoie pour lors loing du Uov, qui alloit et venoit ; et renvoya les deux trompetes dire qu'il feroit tout cesser, et manda au maistre de l'artillerie - : « Ne tirez plus ». Et tout cessa des deux costez ung pov ; et puis soubdainement eulx tirèrent ung coup, et la nostre recommença plus que devant, et approchèrent trois pièces d'artillerie \ Et quant nos deux trompetes arri verent. ilz prindrent la nostre et l'envoyèrent en la tante du marquis, et délibérèrent de combatre. Et dist le conte de Gaiasse, ce me dirent les presens, qu'il n'estoit point temps de parler et que ja estions demy vaincus : et l'ungdes providateurs s'i accorda '', qui le m'a compté, et l'autre non, et le marquis s'i accorda'' : et son oncle 4, qui estoil bon et saigne, y contredict de toute sa puissance, lequel nous avmoit et à regret estoit contre nous* ^
r) s'y accorde ins. — s Les nulrex éilit. ajoutent et à la fin tout se acm-da.
1. L'artillerie italienne était postée sur les hauteurs qui dominent la livc droite du Taro : celle du roi était avec son avant-garde.