Ci-dessus, p
2. 14 juillet ( Verf/ier d'honneur, 401 . Nizza délia Pa^dia, ou di Monferrato, sur le Belbo. vitant .Vlexandric, Charles VIII marcha de Tortone à Nizza par Capriate, où il coucha le l'i juillet. Cette dernière place appartenait à Trivulce Delabordc, Espédilion, p. 657^.
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on leurs hystoires, disans ([ue au venir dos Fi-ançoys, ilz sont plus que honimos. mais que ft leur retraicto il/ sont moins que femmes; et je les'' croy du premier point (|ue véritablement ce sont les plus rudes g-ens à rencontrer (|ui soient en tout le monde (j'entends les g-ens de cheval '); mais à la retraicto d une emprise, toutes g^ens du monde ont moins cueur que au partir de leurs maisons.
I^Chap. XIV. ^ Ainsi, pour continuer ce propos'", nostre queuhe ostoit dollendue de trois cens Almans, qui avoient largement coulevrines, et leur portoit l'on hacqiiebules /" à chevalet ; et ceulx là faisoient bien retirer les Estradiotz, qui n'estoient point grant nombre. Le grant osl qui nous a voit coml)atuz à Fournove '' venoit tant comme il pouvoit ; mais,, pour estre parti ung jour après nous et pour leurs chevaulx bardez, ne nous sceurent joindre ; et ne perdismes jamais ung homme ou chemin, et ne fut ledit ost jamais à vingt mille de nous. Et quant ilz veirent quilz ne nous pouvoient joindre (et peult estre aussi quilz n'en avoient point grand envye . ilz tireront devant Xovarre -, où estoiont les gens du duo do' Millan , et des leurs, comme avez ouy devant: mais, silz nous eussent peu attaindre près do nostre retraicto. poult estre quilz en eussent eu meilleur marché quilz n eurent à Fournove ''.
J'ay dit en plusieurs lieux comme Dieu avoit monstre en tous endroitz qu'il avoit iîuvdé ce ' vovag'o. mais enoores
(I) le édit. — e ce présent propos édif. — f) beaucoup d"hac([ucl)utes Siiuv. Diip. : d'arquebutes Leiiff. — (j) à Fournove est omis ailleurs. — /là la vallée de Fournouc édit. Snuv. Leng. Diip.: à la ville de éd. /.5:^-s\ — i) comme j'avoye ouy dire et monstrer que Dieu le créateur nous avoit {juydez en ce présent Sauv. Leny.: conmie javoye dict et monstre que Dieu le créateur nous avoit guidez en ce présent Dup.
1. On a vu ailleurs Commynes exprimer son admiration pour les fantassins ang:lais et suisses et son regret que la France n'en possédât point encore de pareils.
2. Parti de Giarola le 10 juillet au matin, le gros de l'armée italienne suivit les Français sans les rejoindre. A Casteggio. à neuf kilomètres à l'est de A'oghera. le marquis de Mantoue renonça à la poursuite, se dirigea \ers le Nord du côté de Novare Delaborde. Kxpédîtinn, p. fifiT). et vint camper à San Giorgio, entre Tortone et Novare. dans le but de s'opposer à une tentative probable du roi de France pour secourir le duc d'Orléans.
me sert il à le dire icv. car. depuis le jour de la bataille jusques audit lieu de Xvsse de la Paille, ne fut jamais départi log-is J. mais logeoit chascun comme il pouvoit''. De vivres avions grant neccessité : toutesfoiz quelque poy en apportoient ceulx du païs. cpii aisément nous eussent empoisonne/., s'ilz eussent vouUu, tant en leurs vivres, vins, que eaues, qui en ung moument esloiiMit tariez et les puys I aussi je ne veiz (pie petites fontaynesi; mais ilz n'y eussent point l'ailly, silz y eussent voullu essayer, mais il est de croire (pie Xostre Seig-neur leur en oustoit le vouloir. Kt ay veu la soif si grande que ung monde de gens de pied huvoit es foussés de ces petites villetes où nous passions. "Nous faisions grans traictes et longues et buvions eaue orde et non courante; et pour boire se fourroient dedans juscpu^s à la saincture, car il nous suyvoit grant ]ieuj)le cpii n'esloient point gens de guerre, et nondire bien grant de sommiers. Encores. touchant ce logis, ne veiz jamais ung del)at. Le Roy partoit avant jour (et ne sceuz onctpies qu il y eust guydc), et chevauchoit ' jus(|ues à mydi, l;i où il repaissoit; et chascun prenoit place, et failloit a[)porter les vivres des chevaulx entre les bras et que chascun list repaistre son cheval, et s(,ay bien fpie je l'ay faict deux foiz. et fuz deux jours sans manger (jue pain bien meschant: et si estoys de ceulx qui avoient moins de neccessité. D une chose fault louer ceste armée, c'est que jamais je ne oys homme se plaindre de neccessité qu il eust; et si fut le plus pénible voyage que je veiz jamais en ma vie, et si en ay veu avec([ues le duc Charles de Bourgongne de bien aspres. Nous n'allions point plus fort ({ue ces grosses pièces d artillerie, où souvent y avoit à besongner à leurs alfaires et grant faulte de chevaulx ; mais à toute heure qu il en estoit besoing, s'en recouvroit en l'ost par les gens de bien (|ui voulentiers les bailloient, et ne se perdit une seulle pierre ne une livre de pouldre. Et croy que jamais homme ne vit
j) depuis le jour de 1;kI. lialaille jiis(|iies aiid. lieu, les l<>j;is furcid 'iiial despartis édit. — k Smiv. et Lenf/. iijniilenl : en paticnee, sans ti-nuble ou débat. — l] et touehoit éd. l'rJS Suuv. Lentj. : et eouchoit Dup.
j)asser artillerie de toile j^rosseur, ne à telle dilig-ence pailes lieux oii passa ceste cy. Et si j'ay parlé du desordre qui estoit tant à nostre log-is que es aultres choses, ce ne fut pas ]:ar faulte que il n'y eust des ^ens de bien expérimente/ tMi l'ost, mais le sort voullutque ceux là avoientle moins de crédit. Le Koy estoit jeune et vouluntaire, comme ailleurs est dit ', et, pour conclure l'article, semble que Nostre Seigneur aye voullu que toute la {j^loire du voyage aye esté attribuée à luy.
Le septiesme jour depuis le partement du lieu où avoit esté la bataille, partismesde Nysse de la Paille"^ et logeasmes en c^amp tous ensemble assez près dAlixandrie, et fut faict gros guet toute la nuyt. Et au matin, devant jour, parlismes et allasmes en Ast, c'est assavoir le Roy et les gens de sa maison (les gens d'armes demourerent près de là en champ); et trouvasmes la ville d'Ast bien garnye de tous vivres, qui firent grant bien et secours à toute la compaignée, qui en avoit bon besoing. pour ce que ladite armée avoit enduré grant fain et soif, grant travail et challeurs et très grande faulte de dormir, et les habillemens tous gastés et rompus ^.
Arrivé que fust le Roy en Ast, et sur l'heure, avant que dormir, je envoyay ung gentilhomme nommé Phillippe de la (^ouldre, qui autresfoiz m'avoit servy, qui pour lors estoit au duc dOrleans ^, à Novarre, là où il estoit assiégé de ses ennemys, comme avez peu entendre. Le siège n'estoit pas