ITi juillet : \'ergier d'honneur
3. Asti est à une vingtaine de kilomètres au inn'd-ouest de Nizza. La route passe parCastigliole et tend à s'éloigner de plus en plus d'Alexandrie. De la vallée du Tare jusqu'à Asti, l'arniée avait couvert, en huit jours, plus de 200 kilomètres, sans a\oir eu un seul homme tué, à travers mille obstacles et par une clialeur écrasante. A Asti, <i vivres \-inrent de toutes pars à grand habundance, tellement que sur le marché les chars et chariolz estoicnt si cspes qu'on ne s'i pouvoit toui-ner, |)lains et chargez de bledz, de vins, pain, chair, poulailles... à aussi grant planté qu'on eust sceust faire dedans Paris ». [Verçfier d'honneur, 1. c).
S. Philippe de la Coudre était à cette époque (1495-6) l'un des chambellans du duc Bibl. nat.. P/éces on'f/., vol 14, doss. Orieansl. On le trouve plus tard porté comme pannetier sur un état des officiers du roi Louis XII. 11 mourut en 1500 Dupont, Mémoires, II, 498, n.^.
[liOo] LIVRK Vm, CIIMMTKK XIV 299
«ncores si conirainct cjue fii^ens ne peussent aller'" et saillir dehors, pour ce qu ilz ne tachoient sinon de l'afamer. Et luy m inday par ledict ^entilhoninie que plusieurs traictez se niouvoyent " avecques le duc deMillan, de par le Roy (dont j en nienoye unf;;- par la main du duc de Ferrare^), et que p )ur ceste cause me semhloit il qu il s'en devoit venir devers le Hoy , en asseurant bien ceulx qu il laisseroit dedans de b 'ief y retourner ou les venir secourir; lesquelz estoient le nombre de sept mil cinq cens hommes de soulde et la " plus belle compaignée que on scauroit dire, touchant le nond)re, t;int François c{ue Suysses.
Après que le I^oy eut séjourné unj^- jour audit Ast, lut il Iverti. tant par le duc ddrleans que par aultres, comme les deux ostz sestoient assemblez devant Novarre '^, et (1 'droit ledit duc d Orléans estre secouru pour ce que ses vivres appelissoient '^ là où il avoit esté donné mauvais o •Ire au commencement; car il y en avoit assez en la ville
i:t (ju'on ne pciisl aller cdil. — /i se iiieiioient édil. — o) de la édil.
1. F^cs sympathies secrètes du duc de Fcrrare, Ilcrcide d'Esté, bien que genifc du roi de Xaples Ferdinand d'Arafion, cl beau-père de Ludi>vic Stor/i, étaient toutes pour les Fi-ançais (Cf. Dinriiim Fernirense, cité, dans Mui-alori, XXI\' col. 30 l et 30'). Il détestait particulièrement les Vénitiens. (Test à la suite du passaf^e de Gnmmyncs à F'ei-rai-e, à son retour de ^'cnise il" -1 juin, \. ci-dessus )). 230 , que lut entamée la prati(|ue dont il [jailc en cet endroit. J-c duc envoya au l'oi <le France deux de ses scr\itcurs, Antonio de Costabili et Bernardinf) de" Prosperi, et oll'rit sa médiation entre (Charles \'III et le duc de Mdan. Il ne réussit pas, mais la lettre qu'il adressa, le 2 juillet 1 19.>, à Commynes, témoiji^ne sutlisaniuient de la pari tpie notre auteur prit à cette néfîociation (Kervyn, Lellres et nénnciulionx, cit., II, p. 210; cf. Diario Ferrarese dans rer. cit., col. 30(i, 30H). (^)uant aux relations <le ce dernier avec le duc d'Orléans, pour un peu refroidies (pi'elles fussent à celle époque, on sait qu'elles avaient été fort intimes pendant les ti-oubles <les |)rcmières années du rèf^'nc de Charles ^'III.
2.- i'J juillet (Henedelli, Journal du siâi/e, 2' partie de l'ouv. cité p. 32). 3. Bencdelti dit aussi p. 32 vi que dans la ville il n'y avait qu'une petite provision de blé mal mùr et «(ue la roi[ne n'était f;î"i'e que pour trois mois. Dès les premiers jours, les vivres n'arrivaient de N'crceil qu'avec beaucoup de peine, elles Suisses de la {,'arhison, frrands buveurs, se plaiîïnaient de mancpier de vin. La place était close d'un mur et d'im double fossé, mais elle ét^iit mal ("(^rtifiée et pres(|ue dénuée d'artillerie. Les Milanais avaient établi leur camp achevai sur la loutc de Verceil. Ils estimaient les forces dont disposaient Icui's adversaires à ,')00 hommes d'armes et à 8.000 fantassins, dont 2.000 arbalétriers. La population de Xovarc craif^nait particulièrement de retomber au pouvoir du More {Ibid.).
.'{00 MKMOïKics or: niiuppi: ui: com.mvnes [1495]
et à lentour. et par espccial bleds, et si la provision eust esté taicte de bonne heure et bien gouvernée /', jamais n'eussent eu la ville; mais en lussent sailliz à leur honneur, et leurs ennemvs à grant honte, s'ilz eussent peu leniiencores ung moys.
[Ghap. XV. 1 Après que le Uoy eut séjourné (juehjue peu de jours audit Ast, s'en alla à Turin '. Et au départir que ledit seigneur lisl d'Asl . il depescha ung maistre dlKJstel, nommé Peron de lîasche , pour faire une armée de mer à Nyce'/, pour aller secourir les chasteaulx de Xapples qui encores tenoient - : ce qu'il lit. Et mist sus ladite armée mons* dArban *, chief et lieutenant d'icelle armée, alla jusques vers Ponce '" ^, là où il fut à une veue des ennemvs, là où une fortune de temps les garda d'approucher; et firent peu de fruit pour ce que ledit d'Arban retourna à Libourne, là où la pluspart de ses gens s'enfouyrent en terre et laissèrent lesnavyres vuydes. Et l'armée des ennemys s'en vint au port de Longon', près Plombon'', là où elle fut bien
p (le bonne heure et bien pournienée édit. — q Les mots à Nice sont omis nilleurs. -W"' Dupont les n introduits entre crochets dans son le.rle (II, ôOO). — r) Prucc édit. — s) Bon^en éd. I.Î-2S et Snuv.: Bengon Len(f. Dup.
1. Charles \'III partit le 27 juillet jjour Chieri. Le 31, il était à Turin [Séjours cités, p. 53 .
2. Le 6 juillet, le jour même de Fornoue , F'erdinand d'Aragon, rappelé par ses partisans, ari-iva devant Xaples avec neuf galères et une trentaine de caravelles espagnoles. Le lendemain, il pénétra dans la ville, dont la population lui fit un accueil enthousiaste et le conduisit au Castel Ca])uana, évacué par les Français. Un combat acharné s'engagea dans les rues de Naples et. dès le lendemain, les commandants fi-ançais Montpensier et d'Alègre ne possédaient plus que le Château-Neuf, celui de r(4^uf, la Tour Saint-Vincent, la redoute de Pizzo-Falc^nc. l'église de la Trinité, le monastère de Sainte-Cj'oix et les jardins du Roi. Le siège des châteaux commença immédiatement. Paul Jove fournit des détails circonstanciés sur ces événements {Trad. Saunuie, cit., 1. 95 ss.).
3. Louis Alieman, seigneur dArbent, de Mornay, lieutenant du prince d'Orange, le même qui, le 27 avril 14S0, avait vendu à Louis XI le château de .loux, dans le Jura (Cf. ci-dessus, p. 2.'> n. 1. 11 testa le IS juillet 1 i9i, avant son départ pour l'Italie Bibl. nat.. Pièces orig.. àoi^s. Aleman .
4. Ponza fait partie d'un groupe d'îles, dans la mer Tyrrhénienne, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de (iaëte.
5. Milieu d'octobre. Porto Longone. clans l'ile d'Elbe, sur la côte orientale, au fond d'une baie, est à queliiue distance au sud-ouest (25 kilomètres environ^ de Piombino. petite ville située sur le continent, ilans une péninsule.
[14951 LIVKK VIll, CHAPITHE XV 301
<leu\ nioys sans partir; et si les g'ens de nostredit navyre ne lussent sailliz deiiors desdits navyres, nostredite arnit'-e lust allée' legierement secourir lesdits chasteaulx, pour ee <jue le port de Longon est de nature que 1 on n'en peull saillir que d'ung' vent, lequel reg'ue peu souvent en yxcv. Ledit dArhan estoit vaillant homme, mais mal expérimenté " en armée de mer.
En ce mesme temps, estant le Roy arrivé à Turin, se mouvoit '" plusieurs traictez entre le R03' et le duc de Millan, et sen empeschoit la duchesse de Savoye, qui estoit fille de Monferrat, vefve, et mère d'ung- petit duc, qui estoit lors '. Par aultres mains s'en traictoit encores. Je m'en mesloys aussi : et le desiroient bien ceulx de la ligue, c'est assavoir les chiefs qui estoient en camp devant \ovarre, que je m'en niellasse, et m'envoyèrent ung- sauconduyt; mais comme les envyeulx sont entre gens de court, le cardinal, que "' tant ay nommé, rompit que je ne m'en empeschasse '' point -, et vouloit que la praticque de madame de Savoye
Ij sans partir : et les gens de nostre dite armée fussent aile/, édit. — «; vaillant luinime et expérimenté éd. 1ô2S, Siiuv. Lençf : vaillant homme, mais inoHj expérimenté Dup. — v. se menoient édil. — w, qui ins. — x) que je ne m'en meslasse édil.
1. IJlanche dcMonlferrat ('f. ci-(Jessus,p. 131 et/ja.ss. , veuve de Charles I", <luc (le Savoie, et mère de Charlcs-.Tean-Amédée, qui succéda à son père vn I ls9 et mourut le 10 aviil 1 »1I6. Le jeune duc était àjré de six ans.
2. (lette tentative d'accommodement a laissé des traces dans les documents. Penrlanl cpie le Roi était encore à Asti, (^ommynes II! tieuiandcr aux provéditeurs vénitiens un sauf-conduit de ([uatre jours qui lui permettrai! de se rendre auprès d'eux avec une suite de 40 ca\aliers. Ce sauf-conduit fut immédiatement accordé, mais non sans une observation de la Scijfneurie, qui, infoi-niée par le Moi-c, ))Iàn)a l<;s i)rr>véditeurs de leur trop Jurande facilité. (Connaissant M. d'.\rj;cnton pourun homme "excessivement habile et rusé », ainsi qu'on s'en était convaincu à Venise pendant le séjoui- <|u'il y avait fait, et comme les provéditeurs eux-mêmes avaient pu en juj^er par les ouvertures insidieuses [diverse sue fniii dolente recbiestei qu'il leur avait adressées après la bataille du Taro, le f;nuvernement vénilien rcfjreltait la précipitation de ses apents et leur recommandail la |)lus extrême méliancc, d'autant cpie la liaison du seifjneui- d'.Ai't^enlon nvcv le duc d'Orléans et l'imporlance numérifjue de sa suite pouvaient faire redoutei- <pielque périlleux dessein 'Kervyn, Lellres et néffoc. cit., Il, 221 ss.). Kn même temps la Seigneurie fil réponse à Ludovic, anxieux de savoir quel accueil il convenait de faii-e à Cominynes au camp devant Novarc. Un a\'is «■lait didicile à formuler a\ant de connaître les pro|)ositioiis de paix qu'a))porterait M. d'Argenton. Si le roi de France se bornait à ollrir un arbi-
'M)'2 MÉMOIRES DE l'HILII'l'K DE COMMYNES [1495]
sortist son efîect, que conduisoit son hoste le trésorier l'e Savoye •, homme saige et bon serviteur pour sa maistress •. Grant pièce trayna ceste matière; et pour ceste cause fut envoyé le bailly de Dijon aux Suysses ambassadeur, pour en lever jusques à cinq mille -.
Peu avant ay parlé comme 1 armée i< fut faicte à Nice pour secourir les cliasteaulx de Xapples, ce qui ne se poult taire pour les raisons dessusdites. Incontinent nions" de Monpencier et aultres gens de bien qui esloient dedanslesdits cliasteaulx, volant ledit inconveniant. prindrent parli et saillirent dudit chasteau et par l'armée de mer - qui lors estoit près desdits chasteaulx. et les laissèrent fournis en nuiiibre suffisant pour les garder, selon les vivres qui v estoient si estroictz que plus ne puuvoient '■* : et partireni '^ avecques deux mil et cinq cens personnes ■% et laissero t
1/ larniée de mer éd. Dup. : fut a été intercalé dans les éditions précédentes. — =) de mer est omis dans les édit. — a) que plus ne pouvait I.enff : n'en povoit éd. Dup. : n'en poxoient éd. /•î^a\ — h partis ms.
Iraire entre le duc d'Orléans et l'état de Milan, sa proposition ne devrait être prise que poui- un moyen de p-a^ner du temps et il serait bon de se frai-der soig-neuscment des ruses françaises gallicis deceptionibus . Si. au contraire, le Roi offrait purement et simplement de rendre Novare au due de Milan, il n'y aurait évidemment qu'à accepter Lettre du 24 juillet I4'J.i, dans Se;i. 5ecr.. XXXV. 143 . Mais déjà l'influence de ceux qui pensaient^ autrement que Commynes l'avait emporté dans les conseils de Charles ^"II1. ('e même jour, il remercie le marquis de Mantoue du sauf-conduit qu'il lui avait plu lui envoyer >■ lequel a esté veu pai- le Roy en son conseil : mais son plaisir n'a pas esté que j'allasse jusques en vostre ost. Mais s'il vous plaist vous trouver ou envoler quelques grens en une ville neutre comme de Madame de Savoye ou de Madame la Marquise, le Roy y envolera nioy ou d'autres. Ou si vous aymez niieul.v envoier quelc'un jusques devei-s led. Sgrr. il envoierail devers vous en vostre camp, et ceste voye là me sembleroit la meilleure ». Commynes profita de l'occasion pour exprimer au marquis combien il avait regretté de ne pouvoir se trouver '< sur le bort de la rivière... le soir dont partismes le matin d auprès de vous... J'en feis mon excuse à votre autre trompette que vous eustes en ceste ville d'Asti . et lui dis davantaige le désir que j'avois de vous servir en la pacillicacion de ces dilfercns aussy avant que ma puissance se peut cstendre » Kervyn, oav. cité, II. p. 223 s., d'après Arch. de A'enise.
1. Sebastiano Ferrero di Gasrlianico. très lié avec le More (Gabotto. Lo slato Sabaadico. etc.. cité. HI. 4 .
2. Lettres de créance pour Antoine de Baissey, datées de Turin. 3 et 15 août 1495 Cf. Rott. //('.s<. de la représentation diplom. de la France auprès des cantons suisses. Berne. 1900. in-4". I, Ss. et ci-aprcs .
3. Désespérant de se voir secouru, Montpensier laissa 300 hommes dans le Ghàteau-Neuf et, le 2" octobre, profltant de la trêve, avec Etienne de
[1495] LivRi: VIII. ciiAPiTiŒ XV 30)i
pour chiefz O^noas*^' et deux aultres gens de l)ien nommez ^...
Et alla ledit seigneur de Monpencier. le prince de Saleriie '', seneschalde Beaucaire, et autres ({ui y estoient, à Salerne ". Et voullut dire le roi Ferrand({u'ilz avoient rompu l'appoinctement - et qu"il pouvoil faire mourir les ostaiges (ju'ilz avoient baillez poy do jours avant, ([ui estoient n t):is'' d'Aleigre-' et ung appelle de la Marche, d'Ardanne '. et ung seigneur de la (>happelle, d'Anjou, ung appelle Uocp:ebertin^, Catelan, et ung appelle Janly ". Et t'ault entendre ([ue envyron trois moys par avant, ledit roy Ferrande estoit entré -dedans Napples par intelligence, et mauvais ordre des nostres qui estoient bien informés de tout l'I n y sceurent mettre remède. Je parleroys bien plus avant de (6 propos, mais je n'en puys parler que par 1 avoir oy dire aux prineipaulx, et ne tiens point voluntiers long procès /^ des choses où je n'ay point esté présent. Mais estant ainsi le dit roy Ferrand dedans la ville de Napples, la voix et" nouvelles y vint'' que le Roy estoit mort à la bataille de l'orci 0}rnas édit. — d) Blanc dans le ins. Les éditions .inlérieures lerniincnl lu iihnixe après frens de bien. — e Taicntc dans le nis. — /"; propos f<l. l.enff. Ihifi. — g) Ces trois derniers mots sont omis dans les édil- — /) viiidreiit édit.
Vesc. le iirince de Salerne et 2. Mi) lionimes environ, il réussit à };aj;ner Salerne par mer (Delaborde. Expédition, p. (i76: cf. ci-après ch. XX).
1. Peul-étre le Gascon Pci'ot frO}rnoys. ([ui fut commissaire d<; rarlilU rie française en Italie sous Louis XII De Maulde, Chron. de Louis XIL W . à la table;. Il était neveu et lieutenant dOflet dAydie lîoislisle. Et. de \ esc, p. 153).
2. Sur cet <> appointement », voyez plus loin. •3. Yves de Tour/.el.
1. Htjbert de La Marck, II"" du nom, seigneur de Sedan, Floianges, etc.. duc de Houillon, fils de Robert I et de Jeanne de Marly, dite du Saulcis. épousa en 1491 Catherine de Croy et mourut en 1535 (P. Anselme. \'II, 167).
5. Ce personnafre, que Commynes nommera plus loin Jean de RoqucI erlin, appartenait à une famille catalane que Louis .\I réussit à attacher au service de P'rance (Cf. de Maulde, Chron. de Louis XIL I, 21S, n.).
6. Jacques de Ilan^est. seigneur de Genlis, Magny, Méricourt et la Taule en Beauvoisis, conseiller et chambellan du roi, fils de Jean de Hangest, seigneur de Genlis. et de Marie dAmboise, épousa Jeanne de Moy. Il fit un pèlerinage en Terre-Sainte, nf>n pas après, comme le voudrait Anselme (VI, 746 , mais avant la mort de sa femme, qui testa le 17 février 150(i. Luimême testa le 3 Juin 1500, et mourut entre 1501 et 1504 (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 1474, doss. Hangesl).
,'JO i- MÉ.MOIIU^S OE IMIII.IIH'E UK C0M.MVM:S [ 1 49o]
uove : et fut certilîié à noz gens qui estoient au chasteau par les lettres et mensonges que mandoit le duc de Millan que ainsi estoit ', et y adjousterent foy, et si (irent les Coulonnoys, qui se tournèrent incontinent contre nous, avecques le bon vouloir qu'ilz avoient désire tousjours des plus fors; car ilz estoient bien tenuz au Koy, comme il est dit ailleurs. Va j)(»ur cesdits mensonges, et principallement que noz gens se veoient' en grant nombre retraictz dedans le chasteau et poy de vivres, et avoient perdus tous leurs clievaulx et aidtres biens qu'ilz avoient dedans la ville, composèrent le sixiesme jour d octobre l'an mil CCCCIIIP''XV (et [avoient ja esté envyronnés trois moys et quatorze jours, et envyron vingt jours après partirent, comme dit est], et promisdrent
t; Si' voyans éd. Dup.
1. (^eltc rumeur paraît bien avoir couru à Rome. Le 21 août, à Cliiei-i. Charles VIII écrivit au pape Alexandre pour l'informer qu'il avait battu ses ennemis à Fornovo, et leur avait tué de 3.500 à 4.000 hommes sans perdre plus de 60 des siens. Ayant appris qu'à Rome on avait allumé des feux de joie à la nouvelle qu'il avait été tué ou tout au moins fait prisonnier, il jugeait utile de rétablir la vérité et d'affirmer au Pape qu'il ne boufferait d'où il était avant d'avoir pourvu à la sécurité de son royaume de Xaples. dût il y retourner en personne. Cela fait, son intention était toujours d'aller coud^attre les Turcs itrad. ital. aux Archives de Milan. Communication de M. Pélicier). Il est curieux de constater avec quelle rapidité le marquis de Mantoue et les Italiens passèrent des angoisses de la défaite au triomphe de la victoire, lorsque, le surlendemain de la bataille de Fornoue, ils s'aperçurent de la retraite de l'ai-mée française. Le 7 juillet. Gonzajïue écrit à sa femme que l'indiscipline des stradiots a été la cause principale de la déroute de ses troupes et que si les ennemis avaient poussé la « chasse ». foule son armée était perdue (Chron. de MiiUpiero. dans Archiv. slor. ital.. VII. p. 221 s.); le 16, neuf jours après, sa lettre à Elisabeth d'Urbin n'est plus (|u'un long cri de victoire. Le 12, le cardinal d'Esté lui-même se vante que .l.OOO Français ont mordu la poussière et que la panique de l'ennemi a été telle ([u'il fuit jour et nuit, abandonnant t<mt en route. <■ L'honneur italien, éci'it-il, et la liberté sont enfin vengés. ;> A Venise, on parut quelque temps convaincu du triomphe de la ligue, et le butin considérable ramassé dans le camp français contribua à accréditer cette légende (Cf. Diiirio Ferntreae dans vol. cité, col. 311 1). Peut-être Gonzague lui-même avait-il lini ])ar être de bonne foi lorsqu'il lit élever à Mantoue la chapelle de la A'icloinet conmianda à Sperandio une médaille à son efligie, commémorative de ses prouesses au 'Val di Taro, et qui portait cette devise : « ob restitutam Itali;e libertatem ». Bien suggestif pourtant est le compliment qu'il reçu! d'un de ses intimes, Floriano Dolfo. professeur de droit à Bologne, en réponse à un bulletin triomphant daté du 12 juillet : « D'historien vous voila passé poëte ! » Et à propos du chiffre invraisemblable des ennemis massacrés à Fornoue : « Si adonque, S»' mio Marquese, V. S. cossi crede, et anche io lo credo ! » (Luzio et Renier, art. cité., p. 227 s.).
^1495] LIVKE vin, CHAPITRE XVI 'M)")
que s'ilz nestoient secouruz en certain nombre de jours, qu ilz s'en yroient en Prouvonce et laisseroienl les cliasteaulx, sans plus faire de jijuerre par mer ne par terre audit royaulme. et baillèrent les ostai^^es dessusdits. Toutesfoiz, selon le dire du roy Ferrand . ilz rompirent leur appoinctement J à 1 heure qu ilz partirent sans C(»ni^i0 : les nostres disoient au contraire: mais lesdits ostai^es furent en i^rant danirier et v avoit cause. Et crov (jue no/, ij^ens firent saiirement de partir quehjue appoinclement qu'il y eust : mais il/ »'ussent myeulx taict de bailler les chasteaulx audit jour et retirer leurs ostaiyes. car aussi bien ne tindrent ilz cpie ving-ts jours après par faulte de vivres et qu'ilz navoient nulle espérance de secours. Et fut la totalle perte du royaulme c[ue ledit chasteau de Napples '.
I^Chap. XVI. Estant le Hoy ;i Turin, comme ay dicL cl à Quiers, où quelquefoiz alloit poursonesbat -\ attendoit noii-
7 rappoinctenieiit édit.
1. Le 4 octobre 1495. après trois mois de siège (il avait commencé le6 juillet . Monlpcnsier. à bout de vivres, avait sifrné avec les Arasronnais une trêve de deux mois, à l'expiralion de laquelle il senfja^cait à rendre le Cliàteau-Nful' el la Tour Saint-Vincent si auparavant il nctait elTecti\euient secouru. Pendant le délai stipulé, des vivres devaient lui être procurés au jour le joiu" Le 2" ortobi-e. Ferdinand avant réussi à cacher aux assiéfîés la marche sur \aples de d'.\(ïbi^ny et de Précv. vainqueurs le 2 du même mois à Ivhoji. Montpensier fratrnait. comme on l'a vu. Salei-ne . désespéré par la rctrailr lie larmée de secours, qui n'avait pénétré dans Naples le 10, que poui- c-n ressortir aussitôt, et aussi par l'insuccès tout récent de la Hotte de d'Arbent. Le 2 S octobre, les approvisionnements ayant cessé, la petite j^arnison du Châleau-Neut' reconnnença à tirer sur la ville. Le l-'i novembre, elle repoussait un assaid. mais le blocus se resserrait et, d'autre pai't, le 2'.i. la Tour Saint-^'incent était rendue vies et bajrues sauves. Le 5 décembre, les olafres français ramenés d'Ischia à Naples se voyaient menacés de moit si les délais fixés pour la capitulation étaient dépassés et le S, sur l'invitation de d'Alèj;re, l'un des otafres. le Château-Neuf, ouvrait ses portes après que ses défenseurs eurent obtenu la promesse d'être reconduits en Provence avec leurs elfets et cinq pièces d'artillerie. On voit «lue le Chàteau-Neuf tint sensiblement plus lonjrtemps. après le départ de Montpensier, que ne l'a écrit Comniynes iCt'. Paul Jove, Trarl. Sauvage, I, p. lis ss. : de IJnislisle, El. de Vesc, 146 ss. ; Guill. de \illeneuve, dans Lenglet. l\\ 2' paît , p. 101).
2. Arrivé à Tui-in le .31 juillet, (>harles VIII quitta définitivement cetliville le 5 août ; mais cependant il fit plusieurs séjours à Cliieri, où, l'année précédente, il avait trouvé au palais de (iiovannino Solaro le plus empressé des accueils. Commynes ne fait aucune allusion aux amoiu-s du roi, à Chieri, avec la " bellissima donna de Soliers, Anna nominata « (Chron. Jn
De Mamokot. — Mémoires de Philippe de Cominynes. — 11. 20
.'{(KJ .-MÉMOIUKS 1)1-: PIIIIJI'PE DE COMMYNES [1495]
vellesdes Aliiians ([uil avoit envoyé quérir ^, et aussi assayoit s'il pourroit réduire le duc de Millan, car il en avoit ^rand vouloir. Et ne luy chaloit point trop du faict du duc d'Orléans, qui commenc^'oit à estre pressé de la '' neccessité des vivres et escripvoit chascun jour pour avoir secours : et aussi estoit approuché de plus près (ju'il n'avoit esté', et estoit creu Tost de mil hommes à cheval, Almans, que menoit messire Federio (Jappelare-, do la conté de Ferrete,
/i; f\ cause de la éclil. — i estoicnt appi-ochez les ennemis quils
n'avoient esté édit.
vinrquis de Mantoue, p. 65; cf. Sanudo, Spedizione, p. 5J1;. André de la Vij;ne s'est borné à vanter les harangues et la surprenante mémoire d'Anna Solaro, fdle de l'hôte du roi, et M. Delahordc, s'appuyant sur un trav^l de M. Bosio, paru dans Miscellaneu di sloria ilaliann. X, 871-3, n'a pas hésité à repousser l'hypothèse ridicule qu'une enfant de onze ans (nommée Marguerite, du reste, et non point Anne), ait pu enflammer le cœur de (Charles VIII. Reste à savoir s'il n'y a pas eu quelque confusion de personnes et s'il convient de rejeter sans réserve le témoigna^fe de deux contemporains, Jacques d'Atriet Sanudo, assez bien informés d'habitude.
1. Ces négociations avaient été entamées en Suisse pour le compte du duc d'Orléans par le docteur Jean-Jacques de Ferrari, juge à Asti, qui s'était présenté le 13 juin à la diète de Lucerne, avec des j)roposilions faites pour tenter l'avidité des Confédérés et surtout les, gens de Lucerne, Uri, Schwytz, Unterwalden et Zug, toujours convoiteu.x d'acquisitions territoriales en Lombardie. En échange d'un corps d'auxiliaires, Louis d'Orléans, qui agissait déjà comme s'il était duc de Milan, offrait aux Suisses Bellinzona, Lugano et Locai-no, et promettait, au nom de son royal beaufrère, le règlement des pensions françaises arriérées, s'engageant non seulement à en garantir le paiement, mais encore à en doubler le chiffre dès qu'il serait entré en possession du duché de Milan. Ces propositions fui'cnt précisées le 9 juillet devant la diète de Lucerne. Zurich et Berne. Ii-availlés par les agents du roi des Romains et de Ludovic Sforza, se montrèrent rebelles aux séductions françaises, mais 2.000 montagnards de Schwytz cl d'Uri s'enrôlèrent au service du duc d'Orléans. C'était ti'op peu an gré de ('liarles VIII, qui, par lettres datées d'Asti, le 25 juillet, et renouvelées à Turin les -4 et 18 août, accrédita auprès des Ligues Benoît Adam, prévôt du Puy, et Jean des Serpens, seigneur de Cytain, qui apportèrent à Lucerne des propositions pour le renouvellement de l'alliance entre la France et les Cantons sur les bases en vigueur à la fin du règne de Louis XI. Le nombre des mercenaires à expédier en Italie à la solde du roi devait être de 4.000 à 5.000 h(3mmes. Les orateurs français furent bientôt rejoints par le fameux bailli de Dijon, Antoine de Baissey, dont la toute-puissante influence allait ti'iompher de la mauvaise volonté des adversaires de la France. Sa lettre de créance est datée de Turin le 3 août, avec confirmation le 18 du mémo mois. Antoine avait quitté Turin le 15 {Vergier d'honneur, éd. cit., I. p. 405; Rott, flisl. de la représent. diplom. de la France en Suisse, cil.. I, p. 85 ss. ; Th. de Licbenau. Il duca d'Orléans e (fli Svizzeri neli anno -/495,dans Archivio storiro lombardo, 1889, p. 607-624"; Amlliche Sammlunif der eidgen, Abschiede, III, 1, p. 484 ss.).
2. Frédéric von Rappeler, natif du comté de Fcrrette, conducteur de lansquenets, prit une part active aux guerres de Maximilien, sur le Rhin
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vaillant chevalier et bien expérimenté tant en France cjue en Ytalie. Aussi y avoit hien unze mil Almans des terres (lu roy des Romains et lansquenetz, que conduisoit niessire Cieorge d'Abreiin, vaillant chevalier (et fut celuy qui print Sainct Ilomer pour le roy des Romains , natif dAutriche '. Et vovant croistre les ennemys -, et que nul accord ne se pouvoit trouver à l'honneur du Roy, il fut '" conseillé se retirer à Verseil pour veoir la manière de sauver ledit duc d'Orléans et sa compaignée, qui, comme dit est ailleurs, avoient une petite " provision en leurs vivres au commencement qu'ilz entrei'ent audit Novarre. Et luy eust myeidx vallu faire" ce que luy manday, comme se veoit dessus, dès que arrivasmes en Ast, qui estoit de partir et mettre hors tous gens inutiles, et venir devers le Roy : car sa présence eust guydé partie de ce qu il eust voulu, ou, au moings, ceulx <ju"il eust laissé n'eussent point soull'ert si extrême neccessité de iaim comme ilz firent, car il eust pris parti plus tost s'il eust veu qu il n y eu^stj aultre remède. Mais Tarcevesque de Rouen -^i qui avoit esté au commen-
in il luy fui édit. — n) avoieril mis petite éilil. — o a\i)ir faict édil.
et en Alsace. Au commencement de juillet 14!»5, il fut désifrné pour remplacer Sijjismond de \\'elsherjî. malade, au commandement en chef «h"; mercenaires allemands que le roi des Romains envoyait au secours di' Ludovic le More. Maximilien se méfiait à tel point du duc de Milan qu'au départ, les ca|)ilaincs de ces bandes reçurent pour instruction de se replier sur la frontière au premier siirne d'entente entre le More et les Français (L'imann, Kaiser Ma.Timilian I. I, 290).
1. (ieorpes d'Ebenslein ,'Pietraplana.en italien\de Trente. « très vertueux chevalier, fort rcmnimié et fort cxijcrimenté de la ^'uerrc, qui fort Imnorablement s'estoit conduit es charges que le r(jy des Romains lui avoit baillé es mains » Molinet, in.444; cf. Ulmann, Kaiser MaxiniiUan I, I, p. 12!) et pass.). C'est en 1489, le 11 février, qu'il réussit à se faire livrer Saint-Omer (.Molinet, III, 438-470). Il ne faut pas, croyons-nous, et, tjuoi qu'en ail pensé M. Lenormant (Dupont, Mémoires. II. 506, n.) rattacher cet aventurier à la famille de Herbersfein.
2. A la date du l''' septembre 1495, un document officiel estime l'infanterie vénitienne devant Novare à 10.000 hommes, et celle du duc de Milan à K.OOO allemands et 2.000 italiens (Arch. de Venise, Sen. .Secr.. XX.W, 167 . D'après Malipiero, ouv. cit.. p. 380, les forces réunies des alliés s'élevaient à 35.000 hommes environ. Ce chiffre est peut-être exafréré, moins pourtant «pie celui de Hencdctli [ouv. cit., p. 40'. 45.000 hommes.
3. Georfçes d'Amboise, l'avant-dei-nicr des sept tils de Pierre, seif^neur de Chaumont, et d'Anne de Bucii, évêque de Narbonne (1482), de Montauban
308 MÉMOIRES DE PHILIPPE DE COMMYNES f.^^î^'^j
cernent avecques luy audit lieu de Novarre, et, pour l'aire service audit seif^neur, estoit venu vers le Roy et se trouvoit présent aux affaires, luy mandoit tousjours ne partir point et qu'il seroit secouru : et se fondoit que ainsi luy disoit'* le cardinal do Sainct Malo. qui a voit tout le crédit, et bonne alfection le faisoit parler ; mais j'estoys asseuré du contraire, car nul ne vouloit retourner à la bataille si le Boy n'y alloit, et cestuy là n'en avoit nulle envye, car la question n'estoit que pour ceste seulle ville que ledit duc d'Orléans vouloit retenir et le duc de Millan la vouloit ravoir, car elle est à dix lieues de Millan : et estoit force que l'un*^ eust tout, car en la duchié de Millan sont neuf ou dix grosses cités près l'une de l'autre et en petit d'espace : mais bien disoit ledit duc de Millan que on luy laissast'^ Novarre et ne luy demandant point Gennes, que toutes choses il feroit pour le Roy.
Plusieurs foiz on mena farines audit Novarre, dont il s'en perdoif la moictié en chemin : et ung- coup furent destroussés quelzques soixante hommes d'armes que menoit ung^ appelle Chastillon^, qui estoit jeune gentilhomme de la maison du Roy : aulcuns furent pris, autres entrèrent, aultres eschapperent à grand peyne - ; et n'est possible de
/)) ainsi le disoil édil. — q) que en luy laissant ('dit. — r) perdit édil.
I48i', puis de Xai'bi)une pour la seconde fois 1492), archevêque de Iîhulmi '20, juin 1494), cardinal de Saint-Sixte 1498). légal en France (1499\ Mort à Lyon le 25 mai 1310. Son intimité avec Louis d'Orléans, dont il devait être pius tard le ministre dirif^eant, l'avait enjra^é dans les troubles de la mint»rité de Charles ^'III. Emprisonné, il rentra en grâce en même temjisque son maître.
L Jacques II, seigneur de Coligny, d'Andelot, de Chatillon-sur-Loing, lils de Jean III de Coligny et d'Eléonorc de Courcelles, était l'un des favoi-is de Cliarles 'VIII. Il commandait cent lances à Fornouc. Prévôt de Paris en 1309 et concierge de l'hôtel Saint-Paul, Jacques de Coligny inourut à Ferrare d'une blessure reçue au siège de Ravenne, le 25 mai 1512, sans postérité de Jeanne de Chabannes-Dammartin ni de Blanche de Tournon. ses deux femmes fP. Anselme, VII, 151).
2. Benedetti. en son journal du siège de Novarre, mentionne des tentalives de ravitaillement à la date du tt août et à celle du 26. Le 6 août, un convoi de 4 charrettes de pain et de 28 bêtes à corne réussit à pénétrer dans la place. Le 26. le secours était conduit par « lo Statigliano » ^Chàtillonr
croire en quelle détresse estoit ceste compaij^née de Novarre, car chascun jour en mouroient de fain. et les deux pars* estoient malades, et venoient'de piteuses lettres €n chill're et à " grant difficulté'. Tousjours on leur donnoit reconfort, et tout estoit abus; mais ceulx qui manyoient '' l'affaire du Uoy desiroient la bataille et ne le consideroient point que nul ne le vouloit que eulx, car tous les f^rans chiefz, comme le prince d'Orange, qui y «stoit de nouveau arrivé, et à qui le Roy donnoit de ^rant crédit es atfaires de la guerre, et tous aultres chiefz de guerre cherchoient une honneste yssue par appoinctement. veu que 1 y ver approuchoit, qu'il n'y avoit point d'argent, et c[ue le nombre des Françoys estoit petit et plusieurs malades, et s'en alloient chascun jour sans congié, et d'autres à qui le Roy donnoit congié. Mais tous ces signes "' ne pouvoient garder ceux dont ay parlé de mander audit duc d'Orléans qu'il ne bougeast, lequel ilz misdrent en grant péril ' : et se fioyent sur le nombre des Almans dont nous as.seuroit ledit bailly de Dijon, auquel aulcuns avoient mandé qu'il en amenast ce qu'il pourroit ■. l^t estions'"
s en mouroit de fain les deux pars ou... édil. — t) venoit ms. — u) en édil. — t'^ menoient édit. — ir^ tous les saifrcs cdit. — r) et estoit édii.
accompagné par « un certo délia Palis.sa >> La Palice). Au nombre de 1.500 les Français furent mis en déroule par Tennemi prévenu, qui les chassa « a modo di bestic ■> oav. cité. p. 41 v. J7 v" .
1. Le temps était alfreux et la fièvre et la dysenterie décimaient les deux camps opposés. Les mercenaires allemands et suisses ne se f^cnaient pas pour passer de l'un à l'autre. Du côté des assiégeants, stradiols albanais et lansquenets allemands rivalisaient d'indiscipline. I>e 21 août, les Allemands se concertaient pour déserter le service de la ligue, lorscjue Oeoi-pes d'Ebenstein réussit à les retenir. Cependant Novare agonisait et à coups <le bombarde appelait Charles Ylll à son secours (Benedetti. il v° et pass.; cf.de NLiulde, Hisl. de Louis XII, I. pass.).
2. • Les uns en avaient assez et s'en allaient: d'autres o|)inaient pour la paix. Il en restait trois qui empêchaient toute ctmclusion : seulement, comme ils étaient fort avides, ils se laissèrent aisément corrompre ■> (Benedetti. ouv. cit.. j). 13 : cf. (Jhron. du marquis de Manloue, p. 56).
3. Hien <lc plus instructif (|ue la lettre ])ar laquelle les envfiyés de Berne (à ce moment hostiles aux Français . (îuillaume de Diesbach et Gaspard de Stein, décrivent à leurs conmiettanls lentrée tiiomphale à Lucerne de Baisxov. " der Tiitsche Bali », le snir du 21 août 1195. Accompagné des deux autres orateurs du roi de France. Benoit .\dam et le seignciu- de Cylain, il arriva par le lac sur une grande nef, au bruit des flûtes, des tam-
une compaig-née mal unye, et chascun disoit et escripvoit ce qu'il vouloit. Geulx qui ne vouloient point d'accord ne que on se trouvast ensemble pour en parler, disoient que hi Roy ne devoit point commencer, mais devoit laisser parler ses ennemys, qui aussi disoient ne vouloir point commencer les premiers. Et tousjours s'avançoyt le temps en la détresse de ceulx de Novarre, et ne parloient plus leurs lettres que de ceulx qui mouroient de fain chascun jour, et que plus ne pouvoient tenir que dix jours, et puys huyt, et telle heure les veis à trois ^ ; mais avant passèrent les termes qu'ilz avoient baillé. A la vérité, cent ans avant que nous naquismes, ne souffrirent g-ens si grant fain y. Et estans les choses en ce train, mourut la marquise de Montferrat'; et y eut quelque division leans pour le gouvernement, que demandoit le marquis de Saluées 3, et, d'aultre
;(/) Bi'iefl on n'avoit veu de lonj^ temps si grosses nécessitez ; et cent ans avant que fussions nez ne soutinrent f;ens si grant fain comme ilz souffrirent leans édit.
bours et des acclamations. Accueilli par les magistrats " comme l'eut à peine été un duc », le bailli de Dijon affecta tout de suite une attitude si ari-ogante qu'il semblait à tous qu'il fût leur naturel seigneur ou leur capitaine (" als waer er unser aller naturlicher Lanlsher oder Iloplman >•;. Il prit à partie les Bernois et leur déclara cjue s'ils continuaient à lui refuser des soldats, il saurait leur prouver qu'il pouvait s'en passer. Et la lettre se tei-mine par cette plainte presque na'ive sous la plume d'un Bernois, et surtout d'un Diesbach : « N'est-il pas cruel de voir dans la Confédération un étranger posséder plus de puissance que nous?)) i \'alerius Anshelm, Z)/c Berner Chrnnili. édit. de r.\ssociation de l'histoire de Berne, II. Itî s. . Kl en effet, si l'affaire du renouvellement de l'alliance ne devait alioutir ((uc le l"' novembre suivant à im traité provisoire tpie Charles \'III ratifia à I.yon le 2Î avril 1406, les 30.000 flt)rins avancés jiar les Florentins au roi de France à la suite de la convention signée à Turin le 26 août, firent sortir les hommes de terre et eurent facilement raison en Suisse des séductions milanaises, moins bien appuyées, aussi bien que des injonctions impériales.
1. A la date du 21 août, Benedctli ra]>porte ;p. 45 v s. ([ue les Italiens saisirent des lettres du duc d'Orléans, qui furent fléchiffrées à Milan. Elles étaient toutes pleines de lamentations sur l'abandon où il se consumait, et sur la famine qui allait le contraindre à capituler.
2. Marie de Servie expira, le 27 août 1495, à l'âge de 2" ans. (Mon. hist. patriœ, Scriptores, III, Cron/Va di Monferrato, col. 1246; cf. même vol. Benvenuto di San Giorgio. Hislor. Monlisferrati, col. 1349.'
3. Louis II, marquis de Saluées, avait épouse Jeanne, seconde fille de Guillaume ^'II, marquis de Montferrat, frère de Boniface ^^ père de Guillaume A'III. Louis II se trouvait ainsi le cousin gei-main par alliance du jeune marquis.
f|495] LIVIU-: VIII, ciiaimtiu: xvi Mil
j);irt, le seig-neur Constantin, oncle de la feue nianjuise, ([iii cstoit Grec, et elle - lille du roy de Servye, tous deux dcs- Iruictz par le Turc. Ledit seigneur Constantin s estoit ni\ s fort au chasteau de Casai, et avoit les deux lils' en ses mains, dont le plus grand n'avoit que neuf ans', enffans'^ dudit marquis et de ceste saige et belle dame, (jui estoit morte en leage de ving-t neuf ans, grande partisanne de Françoys. Autres particidiers taschoient encores audit gouvernement, et en estoit grant question chez le Fiov, pour ceulx qui les souhsteiioient. Ledit seigneur me ordonna y aller pour accorder ceste question à la seuieté (les enffens et au gré de la pluspart du pays, doublant ((ue K' dill'erant ne les'' list ap[)eler le due de Millan ; et le si'rvice '' de ceste maison nous estoit bien séant.
Il me desplaisoit fort de j)artir (jue je ne meisse en train de reprendre ceste paix: et veoye '' les maux (jue vous ay dict et approucher/^ lyver. I^t doubtoye que ces pre'atz"' ne fussent cause de ramener le Roy à la bataille, (jui esfoit mal fourny s'il ne venoit force d'estrangiers, comme Suvsses : et encores silz venoient si fort comme ion disoit, et il y auroit ^^ dangier pour le Fîoy de se mettre en leurs mains, et si estoient les ennemys fort puissans et logez en lieu fort de situation et bien foitiiïiez. Considéré ces choses, m'advenluray de dire au Roy qu'il me sembloit ({u'il vouloit mettre sa personne et estât en grand hasard, |K)ur peu d'occasion : il luy devoit souvenir qu'il avoit esté en grand péril à Fournove, mais là avoit esté contraiiicf, et ycy n'y avoit nulle contraincte, et ne devoit })oint laisser
Z; el elle j^i-ccque et. — .1: filles par erreur, dans le nis. — h) enil'ans est omis dans les édil. — c<ne \ciiv édil. — d/ seigneur e(//7. — e el veu l'ilil. — f apprôueliiiil édil. — 7 avoil étlil.
1. (iiiiiliimiic \'in. mai(jiiis de Miintloi rai. né en 1 ISD. miuniil en I ôlh, ;l I Af,'e de treille ans, si on en cniit Moréii, après avoii- été niai'ii!- : 1" à Anne, lille de Henc. duc d'Alenvon : 2 à Marie, fille de (îaslon I\', idinle de Fitix. Son frère. Jcan-(Jeorges, succéda au marquisat en 1530, a[>rès !a mort de son neveu Bonifaee ^'I.