Georj^es dWmboise et Guillaume Hriçonnet
i{l2 MÉMOinES DK PIULII'IM-: DE CM.MMVNKS [li-9oj
à prendre quelque honuesteappoincti. nient pi)ur ces paroUes que l'on disoil qu'il ne devoit point commencer, et cjue, s'il Youloit, je les leroye bien parler en sorte que l'honneur des deux costez y seroit bien ^ardé. Il me respondit que je parlasse à mons'" le cardinal, ce <jue je fei/ ; mais il me l'aisoit estranges responces, et desiroit la bata'lle, et tenoit la victoire seure à son dire ; et disoit on cpiil luy avoit esté promis dix mil ducatz de rente pour ung^ filz ' ''. par le duc d'Orléans, s'il avoit ceste duchié de Millan. Lendemain vins prendre confié du Roy pour aller à Casai, et y avoit envyron journée et demye. Je rencontray mons'" de la Trimoille, à qui contay cest atîaire, pour ce qu'il estoit des prouchains du Hoy, demandent ' si encores luy en devoye parler. Il me conforta et me dist que ouv, car chascun desiroit de se retirer -. Le Roy estoit en un"^ jardrin : je reprins les parolles dessusdites devant le cardinal, qui dist que luy, (|ui estoit homme d'église, devoit commencer. Je luy dis que, s'il ne commenvoit, que je commenceroie, car il me sembloit bien que le Roy n en seroit point marry, ne ses plus prouchains; et ainsi party[sj. Et. au partir, dis à mous"" le prince dOrenge, qui avoit la principalle charge de l'ost, que si je commençoye riens, que je luy addressei'oys : et allay à Casai, où je fuz bien recueilly par tous
/) img- sien filz ?•/. Diip. — / Usez demandant.
1. De son niariaj^e avec Raoulette do. Beaune. lîriconnet avait eu deux fils. L'aîné, Guillaume, né en 1470, porta dabonl le titre de comte de Montbrim, embrassa l'état ecclésiastique, devint abbé de Saint-Gerniain-dcs- Prés, évéque de Lodève, puis de Meaux 1516). et. par ses tentatives pour réformer le clei'jïc dans ce dernier diocèse, se fit accusera tort d'y n planter rhci'('-sie ». II mourut en 1534. Son frèi-e l)enys l'ut archidiacre de Heims et d'Avijrnon. évèque de Toulon, de Saint-Malo. de Lodève et aljhé de Cormcry. et mourut en 1535 (Guy Bretonneau. Hisl. généal. de la maison des Briçonnet, Paris, 1(520. in-4° : cf. Encyclopédie des sciences religieuses. Paris. 1877.au nom . Ce dernier recueil mentionne un antre fds de Guillaume Briçonnet. nommé Jean.
2. On remarquera cette bonne intelligence de notre auteur avec La Trénioille. Elle nous parait s'accorder mal avec les suppositions émises pailes liistoriens, qui ont attribué au ressentiment de Comniynes contre la maison de La Trémoille le silence des <> Mémoires » au sujet de la part j^lorieuse prise pai- le chevalier sans reproche au passade de l'.Apennin par l'artillerie rovale. avant Fornoue.
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■crulx de ceste maison, et les trouvay la pluspart rangés aveeques ledit seigneur Constantin; et semhloità tous que cestoit plus seureté pour les endans, ear il ne pouvoit venir à la suceession, et le manjuis de Saluées y pretendoit droit. Je teiz plusieurs assemblées J, tant de nobles ([ue de gens d'église et des villes; et, à leur l'equeste, ou dv la pluspart. declairay que le Roy vouloitque le dit seigneur CÀ)nstantin demourast en son gouvernement, car veu la force du Hoy delii les mons et 1 all'eclion ([ue le pays porte à la maison <le France, il/, n'y povoieni contredire au vouloir du Roy.
Hnviron le troisiesme jour (pie je euz esté là, vint leans ung maistre d'hostel du marquis de Manto, cappitaine gênerai des Veniciens, qui, comme parent, envoyoit faire doleance de la mort de ladite martjuise : et cestuy là et moy entrasmes en parolles d apjjoincter ces deux ostz sans combatre, car les choses se y dispousoient '. Et estoit le Roy logé en champ j)rès Verseil - ; mais, à la vérité dii-e, il ne passa seuUement que la rivière, et logea son ostz, mal fourny de tantes et de pavillons, car il en avoit'' peu porté, et encores ceulx là estoient perdus, et ja estoit le lieu moiste pour Ivver qui approuchoit, et est païs bas. Ledit seigneur n'y logea que une nuvt, et se retira le lendemain en la ville ; mais le prince d'Orenges demoura ', le conte <le Fouex, le conte de Vendosme, qui y print ung nu^l de flux dont il mourut ', qui fut dommaige, car il estoit beau
j' ,U' fei/. plusieurs jours assemlili'-c édil. — k/ car ils en avoient édit. — /' mais V (icmnnri'rcut le ntiiicf. cli'.. ('(///.
I. I )i''s le ".'S ani'il. à la pri'iuièri' iiiui\i'll<' qui! reçut de la mnrl de la marquise de Montleri-at, .\Iantoue envoya (liaconio Suardo poi-ter ses condoléances au nouveau niarcpiis cl à son oncle Constantin Aranilo. Suardt» avait pour mission de rallier f^onstanl in au parti de la lij,'ue italienne, en lui repi'éscntanl t|ue le martpiis de Saluées, (jui eondiallait à XoNare avec le due d'Orléans, lui serait assui'éinent ])réréi'é par les l'"ranvais. L'envoyé italien obtint (jue (Constantin ^farderait la neutralité, au moins ])our le moment {Chron. (In mitrniiis de Mnnloue. p. XW).
'1. (^.Iiarles VIII s'installa à V'erceil le 12 septembre et y séjourna jusqu'au Il octobre (.S'f?/o/ir.s, p. 'Si s. V Celle ville est située jjrès de la rive droite de la Sesia.
3. François de Hourbon, comte de \'endome, né en 1 l'7(», fils de .lean II de Hourbon, comte de \'endônu', et d'Klisabeth de Hcauvau, avait époust;.
•ili MÉMOIKKS DE Pllll.IPl'K DE COMMY.NES i'149i)]
personnaio^e, jeune et saigne ; et v estoit venu en poste, pour ce (juil estoit bruyt qu'il y devoit avoir une bataille, car il n'avoit point faiet le voyage en Ytalie avecques le Roy. Ceulx là'" y demourerent, le mareschal de Gyé et jjIusieurs aultres cappitaynes : mais la principalle force estrtit des Almans qui avoient faiet le voyag'e avecques le Roy, car mal volentiers y demouroient les Francovs, estants si près de la ville ; et plusieurs estoient malades, et plusieui-s estoient partiz, lesungs avecques cong^ié, les autres sans confié. Dudit ostz jusques à Xovarre y avoitdixmil Ytaliennes g^rosses, et valloient bien six lieues françoises '. fort pais et mol comme Flandres, à cause des toussez qui sont ;iu long des chemins, de lung- costé et de l'autre, fort parfons et beaucoup plus que ceulx de Flandres. Lyver, les fanges y sont fort grandes, et 1 esté la pouldre. Entre nostre dit ostz et Xovarre y a voit une petite place appellée Bourg -^ à une lieue de nous, que nous tenions : et eulx en tenoient une aultre appellée Cammarian '. qui estoit à une lieue de leur ostz : et ja estoient les eaux bien grandes à aller d ung ostz à l'autre ^
Comme ay commencé à dire, ce maistre d'ostel du marquis de Manto, qui estoit venu à Casai, et moy. contint' avec ceulx là édit.
en 14>>T. Marie de Luxembourg, comtesse de Saint-Pol. Sur la lin prématurée, le 2 octobre 1403. à Verceil. de cet " escarboucle des princes •>. qui fut aussi 1' la plus belle, la plus constante et la plus saige », voyez le l er- (fier d'honneur. Les obsèques du comte de Vendôme eurent lieu le 6 octobre p. 418-426 .
1. Comniynes serait dans le vrai s'il entendait parler du mille Milîinais, qui valait un peu moins de 2 kilomètres, car de \'erceil à Xovare on compte environ 21 kilomètres, mais, en tous cas son évaluation en lieues françaises est exagérée.
2. Borgo-\'ercelli, à 5 kilomètres de Verceil, sur la roule de Xovare. La (Chronique du marquis de Mantnue porte que. le 5 septembre, les Français, afin de donner du ca-ur aux assiégés de Novare, vinrent se loger au nombre de 12.000 sur la rive gauche de la Sesia. à environ un mille de Verceil.
3. C'est au commencement d'août que le camp italien fut établi à Cameriano. Le temps était alfreux et les maladies décimaient l'armée.
4. Pour se rendre de \'erccjl à Novare. il fallait encore, après la Sesia, traverser, aux abords de Novare. le torrent de l'Agogna.
LivRi: viii, cHAi'iTKi-: XVI ;{1.")
nuasmes 110/ parollos. Et luy disoie les raisons par (pioy son maistre devoit éviter ceste bataille, et qu'il avoit veu le péril en quoy il avoit esté à la première, et qu'il combatoit pour gens qui ne lacroistroient " jamais, pour service ((u'i leur feist, et que luy devoit entreprendre l'appoinctement, et nioy que je luy aideroys de nostre cousté. Il nie respondit que son maistre le vouldroit ; mais il fauldroit. comme autres foiz m'avoitesté mandé, que nous parlissions les premiers, veu que leur lij^ue ", dont estoit le Pape, roy[sl des Romains et d't^spaig-ne, et duc de Millau, estoit plus grant chose que le Roy. Et je luy disoye que c'estoit folie de se mettre à ceste '' cerimonye, et ([ue le Roy devoit aller devant, qui estoit là en personne, que les aultres n'y a voient que leuis lieutenans, et que moy et luy, comme médiateurs, commencerions, s'il vouloit, mais que je feusse .seur que son maistre continuast, ettoust^. Et conclusmes que j'envoyroys une trompeté en leur ostz le lendemain, et escriprois aux deux providateurs Veniciens, lung appelle messire Luc(jue Pisano, l'autre messire Marcpiiol Trevisan, qui sont offic^ijés '" deppute/ pour conseiller leuis cappitaines et pour pourveoir aux allaires de leur ost.
En ensuyvant ce que nous avons conclud, je leur rescripvy la substance de ce que javoye dit audit maistre dhostel ' : et avove l'occasion de continuer rollice de bon
n) ne l'accieurent Smiv.: ne l'acousUerent Lenf/. Dnp. — o) leur lignée ma. — pi de metire ceste édil. — (f) conliniiasLel tins! éilil.. — r)()nices thtns ma el éd. Stniv. Utip.; oITicici-s Leng.
I. Coniniynes n'ajnute pas (|ue, pcndanl snn séjum- à (^asal, il lit paiveiiir an duc de Milan, par rcnlremisc de (Idiistanlin Aianito, l'expi-essioii du désir où il était de s'entretenir de la paix avec un confident de Ludo\ ic. En réponse, le 12 septembre, le duc remettait à .Iules ("attaneo des instructions en vue des pourparlers auxquels le con\iait M. d'-Vr^jenton. t^et émissaire de\ait se rendre très secrètement à (^asal, et, après avoir remercié Ojnimynes de !a bonne allection (|u il témoij;nait à l'égard du duc de Milan, l'assurer des dispfisitions pacifiques de son maître. " A ce sujet, continuait l'instruction, vous chercherez à apprendre s'il ajfit a\cc sincclité, vérité et loyauté... et vous aurez soin d'user de tels moyens qui ne vous enfjagent en rien. jus(|u'à ce (|ue \ous a> ez reçu une nouvelle lettre de nous « (Kervyn, l.vUras el \é(iociuti()Hs\ cit.. II. 225 s.), l'ouiquoi M. Kervyn de Lettenhove veut-il (juc Commyncs ail eu en cette
•H G MÉMOIRES ni; imiii.h'pk de commv.nes [149oj
médiateur, car ainsi lavoie conclud au partir de Venise, et aussi le Roy Tavoit biert agréable ; et si me sembloit neccessaire, car il se trouve tousjours assez gens pour troubler ung affaire, mais il s'en treuve peu ({ui ayent l'adventure et le vouloir ensemble d'accorder si grant dilTerand, ne qui vueillent" endurer tant de parolles qui se disent de ceulx qui traictent telz afl'aires ; car en tel/, ost/ y a mainte dillerante oppinion. Lesdits ])rovidateurs furent joyeulx de ces nouvelles, et m'escriprent que tost nu» feroient responce et par leurs postes le feroiinit scavoii- à N'enise. Toust eui-ent i-esponce. et vint en Tostz du Hoy ung conte qui estoit au duc de Ferrare. lequel y avoit gens (^car son lilz aisné 1 y estoit, à soulde du duc de Millan) et cestuy là en estoit ; et avoit ledit duc de Feirare ung auUre filz aveccpies le Hoy. Ledit conte avoit nom le conte Albcrtin -, et vint
X lu- qui viiiilsisscnt étill.
occasion « soin de passci' sous silence ce que son initiative avait d irréguliei- et de niysléiieux ? •> Commynes lui-même n'a-t-il {)as écrit quelques pafii's plus haut qu'au camp français " chascun disoit et cscripvoit ce qu'il vouldit? ■> et. à lire ce (jui précède et ce qui suit cette partie de son récit, ne scmble-t-il pas que l'auteur est plutôt lier que honteux de l'initiative qu'il a prise ? Quant aux provéditeurs, ils se hâtèrent d'informer la Sei- ^neni'ie des propositions du seigneur d'Argenton, et le 9 septembre, le contenu de sa lettre était transmis de V'enise à Milan (Ai-ch. de \enise, Sen. Secr., XXXV, 169). Le 14, les provéditeurs étaient avisés à leur tour, que si le trompette de M. d'Argenton était auprès deux, il devait être chargé de dire à son maître que le gouvernement vénitien louait le Roi Très Chrétien de ses dispositions pacifiques et approuvait fort l'initiative prise en son nom, mais qu'il n'y avait qu'une voie à suivre si le roi désirait la paix, c'était qu'il enjoignît au duc d'Orléans de restituer Novare au duc de Milan {Ibid., 170).
1. .\lphonse d'Esté, plus lard duc de Ferrare, de Modène, de Reggio, né le 21 juillet 14'i6, était fds d'Hercule l", duc de Ferrai-e, et d'Eléonore d'Aragon. Il succéda à son père en 1505. Il épousa : 1" 149J, Anne, fille de (îaléas Sforza, duc de Milan ; 2° 1501, Lucrèce Rorgia. fille d'Alexandre \'I et \euve d'Alphonse d'Aragon, duc de Bisceglia. ^Iort le 31 octobre 1534. En 1 195, son frère cadet. Don Ferrante, était avec Charles VIII.
2. Le comte Albertino Boschetto était bien connu du seigneur d'Argenton. Ils s'étaient appréciés à Venise au printemps précédent, et même les Vénitiens les avaient soupçonnés d'entretenir certaines « pratiques » hostiles à la ligue italienne. Le 18 septembre 1495, la Seigneurie écrit à ses pro\éditeurs devant Novare qu'elle approuve l'envoi du comte Boschetto au camp français, mais que, tout en souhaitant la paix, elle ne peut s'cmpèchei- de craindre que les avances de l'ennemi n'aient pour but unique de gagner du temps (Arch. de Venise, Sen. Secr., XXX\\ 171).
[1495] LIVRE VIII. (:iiapiti;f; xvi 'îl7
veoir messire .Telian Jacques', et sadroissa au prince d'Orangées, ainsi qu'il avoit esté conclud entre ce maistre d'hostel, dont j'ay parlé, et moy, disant avoir commission du marquis de Manto et des providateurs et autres cappitaines estantz en leur ostz. de demander saulconduit pour ledit marquis et aultres jusques cinquante clievaulx à se trouver à parler avecques telz personnaig^es qu il plairoit au Roy ordonner, et [que ceulx là cono-noissoient bien ((ue c estoit raison quilz vinssent devers le Roy ou les siens les premiers, et aussi (juilz luy vouloient bien faii'e cest honneur ' : et puis demanda conjjfié de parler au Roy à part, ce qui fit. En à part conseilla de n'en faire riens, disant cpie cest ost là estoit en forant paour et que brief deslog^eroit ; et par ces parolles secrètes " montroit vouloir rompre cest accord et non point le faire ny aider, combien que ' sa cluir^-e publicque fut telle que avez ouy. Et fut présent à ces |)ar()lles secrètes ledit messire Jehan Jac([ues de Trevoist', i,''rant ennemy du duc de Millan. et voluntiers eust roinpu ladite paix; et surtout le maistre dudit"' messire Alljertin, duc-^ de Ferrare. v desiroit la g'uerre •'' pour la i'^'rant inimitié qu'il avoit aux Veniciens, à cause des terres qu il/. tiennent - de luv. comme le Polesan et aultres^: et estoit
l] et vint venir messire Jehan Jacques de Tie\ uul, soubz couleur cluiiir fils qu'il avoit avec led. messire Jehan Jacques édil. — u) secrètes esl omis i/.in.s les édil. — ri combien si ms. — • w dudit conte édil. — x) le duc édil. — 1/ desiroit fort la jruerre édil. — z' de plusieurs terres qu'ilz teiioiciit édil.
1. Jaci(ues dAlri confirme celte mission donnée par le marquis de Mantiiue au comte Hoschetlo. qui lui avait demandé l'autorisation d'aller visiter son fils malade tians le quartier de J.-J. Trivulce. Il ajoute ([uc celte ouverture avait été inspirée au marquis par les avis du scifrneur d'.Â.rf::entiin
Chran.du marquis, p. 3:î6 : cf. Benedetfi, p. 51 Vs.V .\joutons que les proférés de rinfluence française en Suisse conmiençaient à rcndi'e les 'Vénitiens moins intraitables. Le 2 septembre, un secrétaire qu'ils entretenaient à Lucerne dans le but de leur fournir des renseif^nements et de distribuer de l'arpent parmi les ('onfédérés, François de la Ziudeccha, les avisait des levées d'hommes (lui se faisaient au nom du roi de France iSen. Serr.. XXXV. 166 .
2. Les documents italiens sont naturellement muets sur cet a parle. <pii est assez vraisemblable, étant donné, d une part, les sympathies bien connues du duc de Ferrare pour les Français, et de l'autre, ce que IVm sait
venu en Tost dessusdit vers \c. duc ' de Millau, (jui avoil sa lille pour lemnie '.
Dès ce (|ue le Uov eut ouv parler ledit conte, nie fisl api);'ller et niist en conseil '' s'il bailleroit ce sauconduvt ou non. Ceulx qui vouloient rompre la paix, comme messire Jehan Jacques et aultres qui parlèrent '" en faveur <lu fluc d'Orléans, ce leur sembloit, monstroient vouloir la bataille, mais ilz estoient gens d'Eglise, et ne s'i fussent point trouvez. Disoient estre bien asseurez qu'ilz'' deslogegeroient et mourroient de fain : autres disoient (^et je estoys de ceulx là) que plus tost aurions nous fain que ceulx '" qui estoient en leur païs, et si avoient la puissance trop grande pour s'enfouyr et se laisser destruire, et (|ue ces parolles venoient des^ gens qui vouloient qu'on se combatist '' pour leurs querelles et que le Roy se hasardast et sa oompaignée ''. Toutesfoiz, pour abréger, le saulconduyt fut accordé et envoyé "-, et dit que le lendemain, à deux heures après mydy, ledit prince ', le mareschal de Gyé, le seigneur de Piennes, et moy en leur compaignée, nous trou- A'erions entre Bourgue et Cammarian, près d'une tour où ilz faisoient leurJ guet, et que là parlerions ensemble Et
11} en l'ost du dessusdict duc édit — h) et eut en conseil êdit. — c) parloienl édit. — d) que les enneniys édit. — e) que eulx édil. — f] de édil. — (/] qu'on se hasardast et conibatist édit. — h) Les neuf derniers mots sont omis dans les édit. — (') d'Orengre édit. — j) le édil.
des sentiments de Ludovic le More. Épouvanté par la perspective de la ])rocliaine arrivée des bandes suisses, sans contiance dans ses mercenaires allemands décimés parla maladie et sans cesse en querelle avec les Italiens, le duc de Milan était anxieux de lever le siège de Novare. Au moment où le comte Boschetto entama les pourparlers dont Commynes a doiuié la substance, les commandants de l'armée milanaise allèrent jusqu'à ordonner l'enlèvement de l'artillerie qui battait les murs de Novare, et il fallut que le mai'quis de Mantoue. disposé lui aussi à la paix, mais <c pour dissimuler !•, fit de nuit remettre les bombardes en place à l'insu de ses alliés (Chron. du mnrtjuis, p. 339 ; cf. Benedetti, p. 51).
1. I.e More avait, en 1491, épousé Béatrice d'Esté, fille d'Hercule, mar- (juis de Ferrare. Elle mourut le 2 janvier l'i97.
2. Les Italiens soutiennent que Mantoue n'avait pas demandé ce saufconduit, mais qu'il fut envoyé spontanément par le roi de France. L'oiifîinal. signé Charles et Damont, daté et délivré « au Camp », le 14 septembre 1 i9ô, est aux archives de la maison de Gonzague, à Mantoue. Il prévoit que le capitaine général, qui désire venir parlementer avec le prince d'Orange, sera accompagné d'une suite de 50 personnes.
|1 t95] LIVHK VIll, i.HAI'lTKE XVI 319
nous y trouvasmes bien acoiiipai^nez de gens d'armes; ot ledit marquis et nw^ Venicien', qui avoil la charge de leurs Stradiolz, y vindrent et usèrent de honnestes parolles, disans que, de leur part, ilz desiroient la paix '. Et fut conclud que. pour parler plus à loisir, il viendroit lendemain ([uel/ques gens des leurs en l'est, et que le Hoy après en envoyroit des siens au leur et commettroit d'aultres '' : et ainsi se (ist. Et vint lendemain devers nous niessire Francisque Bernardin Viconte'^, pour le duc de Millan, et ung secrétaire du marquis de Mante, et neus trouvasmes avecques eulx, ceulx que ay nommé et le cardinal de Sainct Malo. Entrasmes' en la practique tli' la paix, et demandions"' Novarre, en laquelle cité estoit iissiesré le duc d'Orléans; aussi demandions Gennes, disaiis
/r) Les (jiialre ilerniers ninls sont omis d.ins les édil. — /) et enli-asiiics <•(///. — m Kl fl(Miiancli)ient éilil.