Pierre Duodo
2. Lcnlreviie eut lieu, cnninie le dit (^ommyiios, non loin de lioijin- Vercelli. Camille V'itelli et d'autres se |)()itèi-ent à la rencontre du capitaine 4ïénéral et l'amenèrent au prince d'Orange, qui l'attendait en compatrnie (\\t maréchal de Gyé, de Tri\ulce. de C^ommynes, de Pienncs, du maître de l'artillerie Jean de la Grange et de Jacques de Chabannes, seigneur dt; la Palice. Gonzague entra en matière en rappelant (|ue M. d'Aigenton lui a\ait à diverses reprises fait savoir que le roi de I-'i-ance était dispfisé à entamer des négociations poin- la paix. Le prince d'()i-ange, qui s'exprimait diflicilemenl en latin, céda la i)arole à Trivuice. qui répondit eu ailirmant les sentiments d'estime du lioi Très (]lirétien à l'égard du niar(|iiis de Mantoue. Il ajouta que le Hoi regrettait de trouver en lace de lui la Seigneurie de Venise, avec laquelle il n'avait jamais eu de querelle. Il souhaitai! la paix, mais comme l'accord ne pouvait être conclu en un jour, il demandait à pouvoir, en attendant, ravitailler Novare. « Poui- gagner du temps, cl l)ien qu'il eût «n main les ixnnoirs nécessaires, <> Gonzague reprit i|u il ne pouvait rien accorder sans jjrendie l'avis des provéditeurs et il s'en alla, comblé de politesses par les Français. A son reloui- au camp, ajoute son secrétaire Jacques d'Atri, le marquis fut très loué de sa prudence, car s'il avait pris aux Français fantaisie d'attaquer les troupes de la ligue, ils n'eussent rencontré à ce moment qu'une bien faible résistance Chronique du marquis, p. 339).
3. Francesco Bernardino Visconti (cf. ci-dessus, p. 216) et Hieronyniu Stangha séjournèrent à Verceil entre le 16 et le 19 septembre {Verijier d'honneur, p. 113}. Ils furent reçus par le Roi. qui les adressa à ses conseillers, et dès le début une trêve fut conclue pour quatre jours. Ludovic était parfaitement décidé à signer la pai\ et il paraît (pi'ij accueillit foil mal les représentations de l'ambassadeur es|)agnoI et qu'il lui demanda ironiquement quels services le roi Ferdinand, son maître, avait rendus à la ligue Benedetti, ouv. cité, p. 53).
320 MÉMOIRES DF-; l'ii I i.ii'i'i-; Di: commv.nes [14î>o(
que c'estoit fief du Roy, et que ledit duc de Milan l'a voit confisqué. Eulx se excusoient, disans n'avoir riens entre])ris contre le Roy que pour se detrendre. et que ledit duc dOrléans leur avoit prinse la dite cité de Novarre et commencé la o^uerre avecques les uj-cns du Roy. et qu'ilz crovoient que leur maistre ne teroit " riens de ce que demandions, mais que toute aultre chose vouldroit" faire pour co:nplaire au Roy. Hz furent là deux jours, et puis rotourner.'iit en leur ostz '. où nous allasmos. ledit mareschal de Gié. de Piennes, et nioy, tousjours sur la demande des deux citez''-'. Bien eussions nous esté contens que Xovarre se
n) leurs niaisli-es ne feroient édil. — o voulclroient édit. — // de icste cité édit.
1 . Comniynes n'a rien dit ici (ci", p. 33] ) d'une violente et maladroite sortie ([lie le cardinal se permit en cette occasion. Le 19 septembre, adressant la [)arole aux envoyés milanais en présence de notre auteur et d'autres personnages, il fulmina contre Ludovic un véritable l'équisitoire. l'accusant cl';i\ oiitout fait pt>ui- attirer le roi de France en Italie afin de letrahir ensuite, (lelle accusation causa une vive irritation aux Italiens. Msconti s'efl'orça de disculper le duc de Milan, ainsi que les Vénitiens que Briçonnet a\ait attaqués également, quoique en termes plus modérés. On entama ensuite la discussion des conditions éventuelles de la paix. Les Français auraient voulu faire parler les Italiens les premiers, mais ceux-ci objectaient que l'initiative des négociations avait été prise par le seigneur d'Argenton. En lin de compte, Saint-Malo lut six propositions qu'il avait rédigées par écrit et dont voici la substance :
1° Le duc d'Orléans conservera Novare jusqu'à ce qu'il ait été décidé de son droit au duché de Milan.
'1" Les A'énitiens et les Milanais aideront le Roi à reconquérir le royauuie de Naples.
3° Le duc de Milan rendra Gènes au Roi. comme étant déchu de tout droit sur cette cité.
i" De concert avec les "N'énitiens. il dédommagera le Roi des frais de la campagne.
D" Les exilés milanais seront tous autorisés à rentrer chez eux, et Trivulce sera remis en possession de ses biens sans exception.
6° Un traité d'alliance sera conclu entre la couronne de France, les \'énitiens et les Milanais.
Ces conditions parurent si excessives qu'au départ Trivulcc lui-même, tout animé qu'il fût contre le More, s'approcha de ses orateurs décontenancés et leur glissa à l'oreille qu'à sim avis le Roi n'en demandait pas tant, l't que ce qu'ils venaient d'entendre ne devait pas les troubler [Chron. du nuirquis de Mantoue. p. 340 s.; Benedctti, ouv. cité, p. 53 s. i.
2. Ludovic et le marquis. Aux négociateurs nommés .André de la ^'igne ajoute Rigaud d'Oreille et Florimond Robertet. Ainsi qu'on pouvait s'y attendre, Mantoue se montra fort irrité : il s'empressa de riposter aux prétentions du cardinal par des contre-propositions aussi exorbitantes. C'étaient la restitution de Novare au duc de Milan, avec des compensations pécuniaires pour le pillage dePontrenioli et du Novarais, comme aussi poui- les dépenses
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fiist mys en ht main des ^ens du roy des Homnins t|ui estijient en leur ost/, dont estoient chiefV. niessiro Georj^es de Piètre Plane et niessire Fedric C.appellare et uw^ niessire Hanse ', car nous ne le pourrions'/ secourii" (jue par la bataille, cjue nous ne desirions point : et le disions pour ce (|ue le duehié de Millau est tenu en tief de l'Empereur, et |)our honnestement s en depescher''.
Plusieurs allées et venues se firent de nous en leur ost/ el des leurs au nostre sans conclusion -' ; mais jedemeuroys tousjours au g'iste en leur osfz, car tel estoit le void(jir du lîoy. (jui ne vouloit riens rompre. Finahlement v retournasmes ^ : et davantaige y vint le président de Ganav, pour porter la parole en latin, et ung- appelle mons'" de Morvillier, bailli dWmyens '. car jusques lors j'avoys parlé en mauvais vtalian, mais nous estions à coucher''' noz articles '.
{f povions édil. — /• s'en des<'liarg:er édil. — .si el estoienl à (•(hicIut noz articles PcUt.
que Ludovic axait laites à (iènes afin de se défendre contre les entrejîriscs (les Franvais. le reiiihoursenient de 180.000 ducats qu'il avait prèles au Hoi et de 17.000 autres iirélés par Ascanio Sforza, la remise au.\ Génois de Sarzana. Sarzaiiella et Pieirasanta. la lil)erté f)our les marchands g-cnois ou milanais de commercer en France Chron. ilii Hi«rr/(/(s. j). 312 . T)c son côté, le Sénat de A'enise écrivit le 20 septembre à son ambassadeur à Milan que les prétentions du roi de France lui semblaient inacceptables et qu'il lallail absolument exiger qu'il quittât Tltalie et renonçât définitivement au royaume de Naples ^Sen. Serr., .\XXV. 173 . Ce même Jour, la trêve l'ut allonfiée de cinq jours.