‹ Mémoires;Chapitre 137 sur 177 · J iiiivembre I l'.Mi · texte numérisé non relu

J iiiivembre I l'.Mi

2. Pkup ainélif»i-ei' sa cause, le roi d'Kspai;iie eii\<iya en France Ira (iraeian <le Cisnciiis. prieur de labbave bénédictine de Montseri-al. en (>ataln},'ne, • •I Fernaii. duc de Kstradn. avec mission dr n(Vocier une paix ^"-énérale. Ils

MEMOIKKS DK l'Il II.IPl'K Di; COMMVNES

manier' par tels gens, ou par hypocrisie ou poui' moins despendre : car ce frère Jehan de Mauleon. cordelier, dont a esté parlé, mena le traictié de faire rendre Uouxillon. Ces ambaxadeurs dont jay parlé prièrent au Roy, d'entrée, quil luv pleust de n'avoir jamais souvenance du tort que lesdits roys et royne luy tenoient (on nomme tousjours la royne. pour ce que Gastille estoit''" de son costé. aussi elle a voit la principalle auctorité : ce a esté ung fort honnourable et uny mariage ' (jue le leur). Après requeroient"' une trêve, y comprenant toute leur ligue, et que le Roy demourast en possession de Gayete et aultres places (juil avoit oudit royaulme", etqu il les pourroit avitailler à son plaisir durant la trêve, et que Ion print une journée où se trouveroient ambaxadeurs de toute la ligue, pour traicter la paix qui poiroif. Et après vouloient continuer lesdits roys en ^^ leur conqueste ou emprise sur les Mores et passer la mer qui est entre Grenade ' et AtTricque, dont la terre du roy de Fez '' leur estoit la plus prochaine. Toutesfoiz aulcuns ont voullu dire que leur vouloir nestoit point tel et qu'ilz se contentoient de ce qu ilz a voient laict, qui est d'avoir conquis le royaulme de Grenade, qui à la vérité a esté une belle et grande conqueste, et la plus belle qui ayt esté de nostre temps, et que jamais leurs prédécesseurs ne sceurent faire; et vouldroye. pour l'amour d'eulx, que jamais n'eussent entendu à aultre chose et tins à nostre Roy ce quilz luy a voient promis.

y ont fait mener et conduire édil. ■ — k est èdii. — / fort honorable et uni;' inariajfc éd. I^i'28: fort honnorable mariai^e èdit. — m coniniencoient édil.

— n royaulme de Naples édit. — n ynnxr traicter ])aix qui vouldroil édil.

— /) et »i.s.

|3énétrèrent dans le royaume par Pamijehmeet trouvèrent le roi à Amljoise (".urita. l. \' lies .4n.7/e.s. p. lOi s. . Comme Charles ^'III partit d'Amboise dans la seconde ]5artie du mois d'octobre l'i!>(i, il en faut conchu'c (pie cette ambassade (jiiitta TKspa.^ne aussitôt après la prise de Salses [)ar le seiji'neur de Saint-André.

t. Les Mauresavaient été expulsés en 1 i!)2 du royaume de Grenaile. (^eliiici s'étendait sur la eole méridionale de la péninsule ibérique, entre la Murcie à l'est et l'Andalousie à l'ouest.

2. Ce roy;iume arabe é(ait compris entre le Maroc et l;i Méditerranée.

l'j-D7j LIVHi: Vlll. CIIAPlTRli \XIII 'Mil

Le Roy renvoya, quant l'I ces deux anibax.adeui\s, le seigneur (le Clerieux, du Daulpliiné ' ; et taschoit h? Roy de faire paix ou trêve avecques eulx, sans y conqMendrc la lio^ue. Toutesfoiz. s'il eust accepté leur olFre, il eust saulvé (laiete, qui cstoit sulïisant pour recouvrer le royaulnie de XapU^s aux aniys'/ ([ue le Roy y avoit. OuanI ledit de C^lerieulx revint, il apporta praticque nouvelle, et ja estoit perdu (iayete avant quil lust en Castille *. Geste nouvelle ouverture l'ut t(ue le Roy et eulx retournassent en leur premier[e] aniytié et ancienne, et eulx deux à hutin emprisseut '' toute la contjueste d Ytallie et à communs despens, et que les deux roys tussent ensemble ; mais premier vouloient la trêve j^enerale où la lij^ue lust com[)rise, et ({ue une journée se tint en Pyemond où chascun pourroit envoyer andiaxadeurs, car lionnestement il/ se vouloient départir de ladite lif^ue. Toute ceste ouverture, à mon advis et ad ce (juon a veu despuis', nestoit que dissimulation et pour «^aigner temps, et {)our laisser repouser ce roy Ferrand, qui encores vivoit'\ et ce don Federic nouveau entré en ce royaulme ;

(j I veu les aniys édil. — r, empriront ms. ; oL c(iu'... eiilreprinssciiL édil. — .sj et à ce qu'on m'a depuis donné à entendre édil.

1. (iuillaumc de Poitiers, baron de Clerieux en Dauphiné, seig'neur trAranioti. marquis de (Lolrone au royaume de Naples, capitaine de Àlontllicrv, f^'ouverneurde Paris (1478). chevalier de l'ordre 149.S .bailli de lîouen I lôO'i . pensionné à 1.000 1. t. en l.'iOS. mort à Iaou le 2 juin J503. 11 était fils de (^liarles de l'oidcrs. sei^rnein- de Sainl-\'allier. cl d'Anne tle Montiaur

HihI. nal.. l'Hues orii/.. Mil. 2:^1 1, doss. ['niliers: ci'. P. Anselme, 11, 20i; X'aesen. Leltres de Louis XI, \'II, p. M2,n.: Moutfaucon, (jèrèmoainl fnnit,-;iis. 1, 23ô. et A. de (ialiicr. Essui hisl. s. lu hnrannie de (Jlérieii. dans liiillel. de In Soc. d'archénl. et de slHlisi. de lu Drame, t. W . Valeni(\ lK6!t, in-S . (;iérieu\ fut acc(>nipa;j:né en Espaî-'ne parce Micliard J,enioync, secrélaire tiu l'oi, ijui \ a\ait déjà été précédeMinient ((Àu'ila, Aitules. \, loi s.;.

2. (^iérieu.x arriva à Murj^os vers la mi-Janvier I l!i7 Sanudo, Uiarii. I. col. 522). et (laëtc avait «'-té c\acué le 10 no\-eMdjre jjrécédent. Il n(''f,'ocia une prolonffalinn de la trêve conclue au lendemain de la prise de Salses et i-auK-na à Lyon dim Kernanfl de Ksti-ada. I>e 25 l'évriei- 1-107, on con\int il'une nouv(!lle trêve entre la France et l'ICspa^rnc. qui devait commencer à courir le r> mars sui\ant entre les deux couninnes. et le 2.'! avril seuleiuent entre la France et cctw des menibi'Ci de la li;rue qui donnei-aieni leur adliésion à cette suspension d'ai'mcs. l^lle devait a\oii' uru' duri-e de sept mois. c<)mplés à |)ai-tir du 25 avril. La trêve l'ut acceptée pai- les \'i'Miitieus et par leurs alliés d(; l'Italie septcnl l'ionalc et fut publiée à Feli/.ano. en Monlferral. le 21 avril Sanudo. Uinrii. I. .517: 5S 1-500 .

?>. Il mourut le 7 -eplendire I 1!I6.

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toutesfoiz ils eussent Ijien voulu ledit rovauhne leur, ctir il/ y avoient meilleur droit que eeulx (jui Tout possédé et possèdent' ' : mais la maison d Anjou, dont le \\o\ n le droit, disent" aller devant. Mais, de la induré dont il e^t et les o^ens qui Ihabiteid. il me semble (ju'il est à eelu\ (|ui le peult posséder, car ilz ne veullent que mutation.

Depuys y jretourna ledit seig'neur de (derieux- et ungappelle Miquiel de Grammont '. sur aulcunes ouvertures''. Ledit de Clerieux portoit (juelque peu dalTection à ceste maison dArrag-on et esperoit avoir le marquis;d de (juotron. qui est en Calabre, que ledit roy d"Espai<jne tient de ceste conqueste dernière que ses gens lirenl audit pais de (>alabre. et ledit de Clerieux le prétend sien ' : et est homme bon. qui aisément croit, et par especial telz personnaig-es. A la deuxiesme loiz quil revint, amena ung- ambaxadeur desdits roys; et raporta ledit de Clerieulx cju ilz se coutenteroient d avoir ce c[ui est le plus proucliain de Cecille, pour le droit

l et possèdent est amis clans les éilil. — ii diel eilil. — c ocmverliires dans nntre ms.

1. Kcrdinand le Catholique était lils léiritinie de Jean II. roi d'Arafron et de Sicile, frère cadet d Alphunse ^^ (jui s'était empai-é en 1 i42 du royaume de Nai)h>s. en se fondant sm- un acte d'adoption de Jeanne II. reine de Naples. La branche ré,i;nante de Na])les descendait de Fcidinand I''. fils billard du même Alphonse ^^ et !'oi de Naples après lui (llôN-l iOl .

2. Sanudo Diarii. I. col. 674 fournit la date de Tarrivée de Gnill. de Poitiers et de ses compagnons à Médina de! Campo. Ce fut au commencement du mois de juin 1 19T. Ils %enaient i-ecevoir le serment du i-<ii et de la reine d'Espajrne au sujet de la nouvelle trc\e sitrnée à Lyon, le 25 février précédent. Après être demeurés là luiil jours, ils renlrcrenl en Krance. non sans avoir préparc le terrain en vue d'une prolonjj-ation ullérieui-e île cette trêve. Çurita. qui entre dans des détails assez circonstanciés il a connu les « Mémoires » de Commynes . veut ((ue l'initiative de la proposition d'un parfaire du rf>.vaume de Naples entre les rois de France et d'Espaj^ne soit venue des Français '.Ana/es. ^^ p. 119 s. .

3. Mijruel de Gramont. chevalier, écuyer d'écurie et \alet de chambre ordinaire de Charles \'II1, reçut de lui, par lettres datées de Saint -.lust-lès- Lyon. le 2 avril 1497. l'iiffice de maitre des eaux et forêts de Languedoc, \ acant par le décès de Simon Herchier. en récompense des sei'vices qu'il avait rendus au Roi pendant lexpédition de Naples " el princi|3alleinent à la journée de Fournauvc... où ilj expcsa ses personne, corps el biens sans y riens espargner. en irrant soinj;:. travail et diligence >< \"idin»us du i avril 1497. Bibl. nat.. Pièces ori;/.. vol. 1388. doss. Gramont. n" 45 .

4. Guillaume de Poitiers prétendait au mar(|iiisat de Cotrone. en Calabre. sur la cote orientale, du fait de Polyxène liufTo . sec(mde fenune de son aïeul Louis de Poitiers.

,1497] LIVKE Vlll. ( IIAI'lTHi: \XIII .'i()M

qui prétendent "" audit rovaulme, qui est Calahre. et que le Rov print le reste ; et ([ue en personne viendroit ledit roy de C.astille en ladite conquesle et paieroit autant de la despence de l'armée comme le Hoy. Et ja tenoit et tient quatre ou cinq places fortes en Calabre, dont (^uotron est Tune, (|ui est cité bonne et forte. Je luz présent au rapport; et à plusieurs sembla cjue ce nestoit que abuz et qu'il failloit là envoyer quelqu'un bien entendu et qui joignit ceste praticque de plus près. Pai' cpioy fut joint aveccpies les premiers le seig'ueur du P)ouchai<T;'e '. homme bien saig'e et ([ui avoit eu j^rand crédit avecques le roy Loys. et encores a tle présent avec(|ues le roy Charles, tilz dudit feu roy Loys. Lambaxadeur que ledit de Clerieux avoit amené ne voulut jamais confermer ce que ledit de (>lerieux disoit : mais disoit qu il creoit ([ue ledit de (Clerieux ne le dissist'' pas si ses sei- «rneurs ne luv eussent dit. (lui contirmoit l'abuzion : ne nul ne pouvoit croire que le roy de Castille y vint en personne. ne qu'il vf)ulsist ou peust '' autant dépendre que le Roy.

Venuis que fuirenjt lesdits seifi^neurs du Bouchaige, de Clerieux. et Miquiel de Gramniont et aultres devers lesdits rov et royne de Castille, les firent loger en lieu où nul ne communicjuoit avecques eulx : et avoient gens qui s'en prenoient garde: et lesdits roy et royne parlèrent aveccpies eulx par trois foiz -'. Mais quand ce vint (jue ledit du Bouchaigc

II- qu'ils |)relendiji('nt édil. — r dissoit ni.s. ; ne le dii'nil c<Ul. — i/ |)i'ull ms. : in\ luy plciisl éd. lô-28.

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