I. Isabelle d'Aragon, dile de Castillc
•J. Kuuiianuel le Fortuné, tils de Feidinand. duc de \'iscu. el de lîcalrix, (ille de Jean, connétable de Portugal, naquit le 1" Juin I l(i!t el mourut le li décembre iri2l. Il monta sur le trône de Portujial le 27 octobre 1 i95, après la mort de son cousin, le roi ,Iean II. el Cul marié trois fois : I" à Isabelle de (>as(ille ci-dessus, p. .'i'], n. I : 2" à Mai-ie, sieur de la ijrécédente ci-dessus, p. .'570 n. '.i : 3" à Kléonore, fille de Philippe I" dAulriche, i-oi d'Kspanne, C[ui épousa en secondes noces l''rauv<)is I'', roi de l'rance P. Anselme. I. (iOI s. .
:V .lean II. roi de Poi-tufjal, né le 3 mai I iri.'). succéda à son père. Alphonse \' . le 2'.t atiùt 1481. Il réprima rigoureusement, au début tic son rèfrne.les entrepi'ises fie rpichpics seifrneurs de son i-o\aunie. ])arnii lesipiels étaif Ferdinand de Poi-fuual. duc de Hraf;ance ef île < juiniarai-ns, ()ui cul la léfi* tranchée le 21 juin 1 l.s:V (^onuiiNiies a confondu ce i>ers(inua^e ii\ec Ferdinand de Portugal, duc de \'iseu, pèr-e dl^léomirc. leniinc de .leaii II (Cf. P. Anselme. 1. tiOO .
1. .lacques de Portugal, duc de N'iseu, fils de Ferdinand, conspira contre sou ln'au-pèr<-. le roi ,Iean II. qui le tua de sa propre main, le 22 août li81 P. Anselme, I. <i()0 .
'). F^mmanuel le Fortuné, déjà nommé.
•i. (îeorfjes de Porlu^'al. duc d'Aveiro, né en llsl. dWnne i\f .Mendo^a. •lean II. son pèi'e. tenta \ainemenl de le lé^^ntiiner ; il -.i' lieurla à la résistance de la reine Kléonore. (pii lit intervenir le pape en la\cur de son frère lùnnianucl P. ,\nselmc. I, (iiis .
•Hi MK.Moir.Ks iji; l'iiiiii-i'i-; ui: cdmmynes {li9S
vesquit en grant paoui- (.-t suspecion , et toust après ces deux exploictz, perdit son seid filz cjui se rompit le col on courant ung" g-enet '' et passant une charriere, comme jav dict: et fut cestuy là qui tut le premier mary de ceste dame que je dis, qui maintenant a espousé ce roy de Portingal ([ui règne (ainsi est retournée deux foiz en Portingal). saige dame et honneste, ce dit lOn. enti-e les saigcs dames du monde.
Pour continuer des misérables adventures (|ui advindrciil en si poy d'espace à ce roy et i-oyne de Gastille, qui si glol'ieusement et eureusement avoient vescu jusques envvron 1 aag'e cfu ils ont'/ de cinquante ans tous deux combien (|ue la royne avoit deux ans davantaige '), avoient donné leur fille à ce roy de Portingal pour n'avoir nul ennemy en Espaig-ne. quilz tiennent toute, fors Navarre, dont ilz font ce (ju'il leur plaist et y tiennent ([uatre des principalles places. Et aussi lavoient faict pour pacitHer du douayre de ceste dame et de largent baillé, et pour ce que aulcuns seigneurs de Portingal furent banniz du païs quant le roy mort tist mourir ces deux seig-neurs dont jay parlé, et avoit contis(pié leurs biens : et par ce moyen la confiscation tient de présent, combien que le cas dont ilz estoient accusez estoit de vouloir faire celuy cjui de présent règne roy de Portingal, et ces chevaliers sont récompensez en Gastille '', et leurs terres sont demouréez à la royne de Portingal, dont je paide. Or fault entendre (juil n'est nulle nation que les Espaig-nolz bayent tant ([ue les Portingalloys, et si les mesprisent et s'en mocquent : pourquoy desplaisoit l)ien aux roys dessusdits d'avoir baillé leur fille à homme qui ne seroit point agréable au royaulme de Castille et aultres
p) en courant sur un j^encl éclil. — (/qui soni, dans le ms. — ri en (bastille, du rov de Castille éd. i:>->S el Duji.: Sanv. et Leiu/. ont altéré (oui re pasxaffe.
I. Ferdinand était né le 10 mars 1 i:r2: Isabelle, le "Jî a\ ril I loi. Elle a\ait par conséquent à peine une anin-e de plus que sun niai-i. cpii, en 149S. a\ait 46 ans seulement.
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leurs seiii-neiiries. et s'il/. 1 eussent eu à taire, ilz ne 1 eussent jamais l'aict : qui leur estoit mie aultre amere douleur, et encores de quoy fauldroit (ju'elle se départit d eulx. Toutest'oiz. leurs douleurs passées, ilz les ont menez par toutes les pi'incipalies cités de leurs royaulmes et laict recepvoir leur lille pour princesse, et le roy de Portiuiial pour prince et pour estre roy après leur décès. Ht unjj^ poy tle réconfort leur est venu, c est que ladite tlame, princesse de (.astille et rovne de Portinji^al. a esté grosse d'enfant " bouji^eant. Mais icy advient le comble' de leurs douleurs (et croy qu ilz eussent voulu que Dieu les eust osté du monde i, car ceste dame, (jue tant ilz aymoient et prisoien^, est morte en faisant son enlfent, et croy qu il n'y a pas uni^ moys. et nous sommes en octobre, lan M CC(]C IIll"'^ XVllI ; mais le tilz est demouré vif, du travail duquel elle est morte, et a nom. comme le père, Esmanuel '.
Toutes ces Ecrans fortunes leur sont advenues en trovs moys d espace ^ : mais, avant le trespas de ceste dame dont j ay parlé, est advenu en ce royaulme un<î^ aultre g'rand dueil et desconfort, car le roy Charles, huytiesme de ce nom, dont tantjay parlé, est" trespassé ^ comme je diray après. Et semble que Nostre Sei^i^neur ayt regardé ces deux maisons de son visaige rig-oureux et fpi i ne veult point que unjj;' royaulme se mocque de 1 autre. Car nulle mutation ne peult estre en un<î royaulme qui ne soit bien douloureuse pour la pluspart, et combien que aulcuns y jfaig'uent. encores il y en a cent foiz plus qui y perdent, et
.s d'un;.' cril'iiiit éilil. — / .M;iis il leur a<l\int le (Imiblo édU. — ti i-^tml
1. Isabelle, reine de P()rliij,'al. mourut le 24 août 1 i'JH. dans sa iii' année, le jour même de la naissance de son fils. Celui-ci fut nommé non point Kmmanuel. comme son père, mais Michel. Il mourut le 19 juillet 1500
P. Anselme. 1. 602 .
2. (]clte assertion confirme et afrfrrave l'erreur dans laquelle Cummynes est tombé quant à la date du fléeés de .lean. prince de Caslille. Il moiu iil le i octobi-e 1 107. et sa sieur Isabelle, le 24 août 14PN : par conséquent elle lui survécut non pas trois, mais près de onze mois.
.3. Le 7 avril I îît.s.
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si lault chiinjT^er m;tinte coustunie et l'orme de vivre à telle mutation, car ce qui plaist à un^r roy desplaist à l'autre. Et comme j'ay dict en ung aultre endroit ', qui vouldroit bien rei^arder aux cruelles et soubdaynes puf^-nitions que Xostre Seiij;-neur a taict sur les g^rans '" puys trente ans en ça, on yen trouveroit plus (jue en deux cens ans par avant, à comprentlre France. Castiile. Porting-al. Angleterre, le royaulme de Xapples. Flandres et Bretaig-ne. Et qui vouldroit escripre les cas particuliers, que tous j'ay veuz et presque tous les personnaig-es, tant hommes que femmes, on en feroit ung grand livre et de grande admiration, et n'y eust il seullement que ce qui est advenu desjDuys dix ans et par où la puissance de Dieudeveroit estre bien congneue et entendue. Et sont"' les coups qu'il donne sur les grans bien pluscruelz et plus poisans et de plus longue durée que ne sont ceulx qui donne sur les petites gens ; et entin me semble que à tout bien considérer, qu'ilz n'ont gueres davantaige en ce monde plus que les aultres. S ilz veullent bien veoir et entendre pour eulx qu'ilz '' voyent advenir a eurs voisins, et avoir craincte que le semblable ne leur advint, ilz le congnoistroient. car eulx" ilz chastient leurs hommes qui vivent soubz eulx k leur plaisir, et Xostre Seigneur dispouse d eulx à son vouloir: car aultre n'ont ilz par dessus eulx. Et est le pais ou royaulme bien eureux quant ilz ont ^ roy ou seigneur saige et qui craint Dieu et garde ' ses commandemens.
Xous avons peu veoir en poy paroUes les douleurs cpie ont receuz ces deux grands et puissans royaulmes en trois moys d'espace, qui poy par avant estoient si enflammez '' 1 ung contre l'autre et tant empeschez à se tormenter et ;t penser à se accroistre et n'estoient en riens saoulz de ce
y) sur les jj-rans princes édil. — w dix ans : et par là la puissance de Dieu devroit... et sont édit. Xj ce quilz édil. — y) ne leur advien^rne. car eulx édit. — :; il a édif. — a {ïarde est omis dans les édit. — b enflambez Su m- Du p.