‹ Mémoires;Chapitre 141 sur 177 · Lisez Ferdinand · texte numérisé non relu

Lisez Ferdinand

'1. Les Iravau.x de reionsliMiction el (rai;i'andissenu'nl du «hùleau tl Anibi)ise avaient été ponssés assez activement dans les dernières années du ré^'ne de Louis XI Cf. Hild. nat.. ins. Ir. 20i89. fol. 20 . Charles XU\. y\u\ alïectionnait partieuliéi'enient cette résidence, rapporta (i"Italie <' pour la décoration et ustencille dud. cliastel » ((uantit'"' de tai)isserios. de peiulurus el de niai'l)rcs précieux. l'",n nicnie temps, il fit venir des ou\ riers italiens qu'il em])lova à la déc(ji-alion intérieui-e du château. l)és l'iOO, Charles \\{\ s'occupait des travau.\ d'.\ml)oise, el. à l'autonme de I4ii:{. il taisait admirer à 1 évcijue d'Arezzo, (ienlile Bocclii, le moficle de la nouvelle construction (|u'il avait en vue et à la(|uelle il conser>"a los a|)parences extérieures d un château l'orl du moyen àfre I)u|)ont. Mémoires. \\. 5X3, n. : Desjardins. Xi-yoc. ilij)lom;ii. L p. 3io: ci. Muniz. /-a Heii,iiss,ince on l'rnnce. p. r>20-523 .

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Et si avoit en son cueur tousjours le retour/" en Itallye, et confessoit bien y avoir faict des faultes largement, et les comptoit; et luy sembloit que si une aultre foiz il y povoit retourner et recou\ rei- ce qu il avoit perdu, (ju'il pourveoyroit myeulx à la i^arde du pays qu il n'avoit faict.

Praticque avoit de tous costez. et une toute neuiVe, pour remettre au royaulme de Xapples quinze cens hommes d'armes ytaliens ff . que devoit mener le marquis de Mnnte '. les Ursins et les Mtellis, et le prefect '' -'. frère du cardinal de Sainct Pierre à innciila ; et mons'' dAubigny, qui si bien lavoit servy en Calabre, s'en alloit à Florence : et ilz faisoient la moictié de ceste despence pour six moys •'. On devoit premier prendre Pise ', ou au moins les petites places d alentour, et puys. tout assemblé', entrer ou royaulme. dont à toutes heures venoient messai^-es. Le

/' a\ oit son cœur iDUsjours de faire et acomplii- le retour èdil. — (j ((u il n'avoit faict, parce qu'il avoit armée de tous costez: et pensoit bien d"v pourveoir pour recouvrer et remestre en son obej ssance le myaulme de S'applcs et de y envoyei- LTiOO hommes d'armes italiens éd. Diip. : et parce ([uil a^oit intelligence de tous costez pensoit bien Saur. Lenr/. (le rpsic ('(tmnic Duji. — h) ]irefect fie Rnninie édil. — ;' tous ensenilde éili/.

1. Le 23 Juin 1497, le Conseil des Dix relira brusquement au marquis de Mantoue, soupçonné d'accointances avec le roi de France, sa charjrede capitaine général. Du coup il perdit les iS.OOO ducats (|u"il louchait annuellement (Arch. de Venise, Sen. secr.. XXXVI. 137. Sanudo, Diitrii, I, col. 663. Nil : cf. une lettre de Ludovic le More à la marquise de ^L^ntoue. Isabelle dEste. datée du IS nn\embi'e I 197. oi'ile duc de Milan s'indi.une des inti'ij;'ues (jue le marquis a nouées avec la France Archivio stor. Lnmhavdo. XVII, 610 s. .

2. Le préfet de Rome. .lean île la Rovère. dépouillé des fiefs du marquis de Pescaii'c. que Charles ^'III lui a\ait attribués, s'était relire à Sinifrairlia 'Chcrrier. Hisl. de Ch.irle.-i VIII. II. lOO;.

3. En attendant l'arrivée de l'ambassadeur que Charles \'III einoyail aux Florentins. Corrado da Castello leur lit part tles projets ûu Roi. Celui-ci se préparait à agir en Italie de cimcei-l a\ ec Maximilien. au([uel il abandonnait \'cnisc, et avec Ferdinand le Catholique, qui de\ait recevoir la Calabre pour sa part. Charles demandait aux Florentins de fournil- •iO lances à d'Aubigny. plus 100.000 florins destinés aux bandes des Orsini et des A'itelli. N'ayant pas d'héritier de son corps, il ne comptait ])oinl passer les monts, mais le duc d'Orléans s'ai)prètait à rejoindre TriNulce à Asti. La tâche de reconquérir le royaume de Xaples était destinée au seijîneur il'Aubigny, et c'est au printemps de l'année J 498 c(ue l'expédition dexait passer les monts (Instruction du 8 janvier liOS, dans Desjardins. .Vér/oc. diplom,. I. 700 s.; cf. Roislisle. £'<. de \'esr., p. 177 s . Malgré tout, il ne semble pas que le More ait cru à l'exécution de ce plan, et, à Venise, on pensait comme lui (Sanudo, Diiirii. col. 7.'i7 s.. 7NS, sô9 .

4. Afin de l'endrc cette ville, occupée pai- les ciuifédérés de la ligue, aux Florentins.

1 4U8] i.ivnK VIII. cil Ai'iiKi; x\v .'{7i>

|)ape Alexandiv. qui rej^ne de présent, estoit en g'i'and ])ialiccjue de tous poinctz se rentier des siens, coinme mal content des \'enissiens. et avoit niessaijj^e secret que je conduisis J en la chambre du Hov peu avant sa mort. \'enissiens estoient prests, à pratic(pier contre Milan : la praticcpie d'I^spaij^ne telle ({ue 1 ave/, veue. Le roy des Romains ne desiroit chose en ce monde tant que son amytié, ({ue vu\\ deulx ensend:>le feissent leurs besongnes en Ytallie; le(|uel roy des Homains, appelle Maximyan, est '■ grant ennemy des Venissiens : aussi il/, tiennent j^rand chose de la maison d'Autriche, dont il est, et aussi de l'Empire.

Davantaige avoit le Hoy mys de nouveau son yniai;inalion de vouloir bien vivie et selon les commendemens (le Dieu, et de mettre la justice en bonne ordre et l'Eglise, et aussi de renfler ses finances en sorte (ju'il ne levast sur son peuple que douze cens mil frans, et par forme de taille', oultre son domayne, tpii estoil la somme que les trois Estai/, luy avoyent accoi'dée à Tours, lorscpi il lut Hoy. Et vouloit la dite somme par octroy, pour la defFence du royaulme, (d luy vouloit vivre de son donmiaine. comme anciennement laisoient les roys : et il le povoit bien l'aire, car ledit dommaine est bien g-rand. s il estoit bien conduict, comprius les gabelles, greniers à sel ' et certaines aides, et [)asse uiig milioii de francs -. Toutesfoiz ce eust esté ung grand .soulag-emenl pour le j)euple. (pii paie au jour d'uy plus de deux milions et demy de fiaïus de taille. Il mettoit grand peyne

/, il ciincliiisl il^ins le nis. — li • cslnit ('dit. — / ftroiiicrs à sol e.sl omis il uns les édil.

1. Tel était en elïet le chillVe do la taille en liôl. à lavènenient de Louis XI: en 14K3, il avait été porté jusqu'à .3.90(1.000 1. I. Les Etals généraux de I iHl s'elToreérent de le ramènera 1.200.000 livres, mais à ec moment la couronne en réclamait 1..500.0((0 'Masselin. Journal des Klals fiénérun.r, cit.. |). '.29 .

2. Kn I 4x3. d'après les gens tle finances, les aides el gabelles rappoi-laienl ^OU.OOO 1. t. cl le produit du domaine ne.vcédait guère 100. OdO 1. t. Ce dernier diillVe. où le domaine de Normandie était jjoité |joiii- 22.000 1. 1 ., est. il est \rai. la.vé par Masselin de 1res inleiieur à la léalilé. En sftmme, <m peut ci'oire que 1 ensend)le fies re%enus du domaine, des aides el des gabelles, se rapiJificliait. à celle épo([ue. d un million de livres 'yourna/ cité, p. 347.;.

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à relformer les abuz de Sainct Henoist "' cl aultres relig'ioiis. Il apprnuchnit do luy honiK^s g'eiis de relif^-ion et les oyoil parler. Il avoit hm \nu\tnv. s il eust peu, (jue nul evesque n'eust tenu que son evesehié. sil n eust esté cardinal, et cestiiy là deux, et (ju'ilz l'eussent allez se tenir sur leurs l)eneirices : mais il eust eu bien à taire à rang'er les <j;-ens d'église. Il lit de iii-rands aulniosnes aux m^idians. Poy " de jours avant sa mort, comme me compta son conl'esseui- Tevesque d'Ang'iers'. qui est " notable prélat, il avoit mis sus une audience publicque où il escoutoit tout le mf)nde et par especial les pouvres -. et si t'aisoit de i)onnes expéditions : et 1 y '' veiz huvt jours avant son tre.spas deux bonnes heures: et oncques puvs ne le vey. VA si ne se laisoit jji-rands expéditions à ceste audience, au moins estoit Te tenir'/ le monde eu craincte. et par especial ses otliciers. dont aulcuns avoit suspenduz pour '' pilleries.

Estant ' en ceste g'rand p^loyre quant ' au monde et en bon " vouloir quant à Dieu, le septiesme dapvril Tan M GCGC IIII'"^ XVIIl \ veille de Pas([ues fleuries, partit de la chambre de la royne Anne de Bretaigne. sa femme, et l'amena quant et luy veoir jouer à la paulme ceiilx qui jouoyent aux toussez du chasteau: et il ne 1 y mena jamai s''

m delVirclredesaint Benoist ec/(7. — n Les autres édi t. soudent cette jilirnse à la précédente jusqu'au mol pi-elat. — o' estoit édit. — p luy dans le nis.

— q tenu ;».s. — ;• par ms. — .s Estant le H()\ éd. Dup. — <i tant ms.

— ;; son ms. — r et il ne Iv a\oit Jamais menée édit.

1. Jean de Rély, originaire de Picardie, fils de Baudouin de Kély et de Jeanne Brioys. docteur en Sorbonne. chancelier et archidiacre de réjrlise de Paris, recteui- de rUni\ersité de Paris 2 octobre 1471 . do>en du chapili-e de Saint-Martin de Tours, évcque dAntrers 1491-1409'. Député par léglise de Paris aux Etals iiénéraux d» 14S1. il prononça, le 10 février, au nom des Etals, une harangue dont le texte témoigne de lérudition et même de Téloquence de son auteur II mourut le 27 mars 1409 (iallia Christ.. IF. 113: Moréri. au nom /{?/(/: Masselin, Joi/rna/. cité, p 166-217 .

2. Le 22 décembre 1497. Charles ^'III. étant à .\mboise. invitait les gens des Comptes, à Paris, à rechercher dans leurs registres de quelle manière Saint I,ouis donnait audience au pauvre peuple GodelVoy . Hisl. de Charles VIII. p. 745 : cf. Ordonnances, XX. 631 . — « Il a renvoyé de sa fOul' toutes les courtisanes et est résolu à vivre d'une manière plus continente » Sanudo, Diarii, I. 734. sept. 1407;.

.3. Nouvelle et bizarre erreur. L'année 140S ne commença que le 13 avril. sui\-ant le comjjnt alors employé en France. Par conséquent, il devrait y avoir ici 1497.

I4î>8j i.iviu; viii. ciiAi'iTRi: x\v -iSI

([lie ceste foiz. l'^t eulrtM'ent eiiseinble en une g'iillerie, rompue à cnuse des ouvraiyes"', (|ue on apiielloit la gallerie (le Hiie(|uelehae. pour ce que cestui là I avoit. et autresloiz, eu en garde; et estoit le plus deshonneste lieu de leans, car tout le monde \ pissoit. et est(,)it rompue'". Et à lenti'iie se hurla (lu Iront contre IIiun s, combien qu il l'ust bien petit ; et [)uis regarda une pièce w les joueurs et divisoit à tout le monde, .le n estoye point présent (mais sondit confesseur reves((iic d Angers, et ses prouchains chambellans le mont compté I. car j en estoye parti huyt jours avant et allt? - à mi\ maison; mais la dernière parolle qui pronun<,\'i jamais, en divisant en sanlt', fut ([u il avoit espérance de non faire jamais péché mortel ne véniel, sil pouvoit. l']t disant ceste pai'olle. client à lenvers et perdit la parolle iil pouvoit ' estime deux heures après mvdii. et demoura audit lieu jusques à unze heures de niiyt. Trois foys luy revint la j^arolle ; mais poy luy dura, comme niCj compta'' ledit confesseur, (|ui deux foiz ceste sepmayne le confessa', lune à cause de ceulx qui veiioient vers luy pour le mal des escrouelles. Toute personne entroit en ladite gallerie ({ui vouloit. et le trouvoit l'on couché sur une poiivre paillasse, dont jamais ne partit jusques il eust rendu I anu^ ; et y fut neuf heures '. Ledit confesseur, qui tous-

u-j Les cinii mois prévédenls sont omis ilaiis les édil. -- r rompue à I eniri'e édil. — i/) une ^rant pit-ce éd. Dnp.: lon^rtenips S,'ii/r. Leiuj. — z) et alla.v ms. — <•!) il ne p(i\nil édil. — b comme compta ms. — <• lavoit eonfessé édil.

I. D'après (iuillaume tle Marillae l/c du connéluble de lloarbou. éd. du l'itnlhéon lillér.. p. 12" . Charles V'III mourut à 2n ans. « autant et plus usé l't extijnué à cause de ses excès que seroit un personnajre tle 60 ans ». F.a cause directe de sa mort ne peut èti'C déterminée. Le roi avait toujours été rliine coru|)lexion débile et il est certain quil ne s'était pas ménagé. Ktait-il atteint du mal terrible ([ue tant de Finançais avaient rappoi'té d'Italie? On l'a dit et il n'est pas impossible d'assijiiier à celte cause sa subite disparition. Kn tout cas toute idée de poison doit être écartée (;i". D'' (Cabanes. f.es inorls mysiérieiises de l' llisloire. Paris. lOoo. in-S . La nouvelle de la UKjrl de (>liarles N'IIl pai'xini à Fiome le 13 a\ril. et Burcliard l'enre- ^isti'c en ces termes : " Fuerat in venatione eadem die Sabbali. de cpia salis larde v'eniens. caput sibi l'ecil lavari. Faeta deinde cena. apo|>!e\ia taclus. infra octf» hoi-as eniisit spir-ituni » Diiirinm.W. i^f»]. La lettre par laipielle le iluc de Ferrare annonça la catastrophe au Sénat, parvint à \'enise le Jour d

•'icS^ MiiMoiiiKs 1)1-; l'iiii.ii'iM-: ui-: co.mmv.nks [1498]

jours V lui. me disl ([ue lorsque la paroUe luy revint, à toutes les trois foiz disf' : « Mon Dieu et la g-lorieuse \'ier<^e Marie, monseii^neur Sainct (ilaude et inonsei<4neur Sainct Biaise me soient en aide! » Et ainsi départit de ce monde ce o-rand et si puissant roy, et en si misérable lieu, ((ui tant avoit de belles maisons et en faisoit une si belle, et si ne sceul à ce besoin^ (iner dune '' pouvre chand)re. Et cond)ien peult l'on, par ces deux exemples ycy dessus couchez, congnoistre la puissance de Dieu estre grande et que c est peu de chose de nostre misérable vie que tant imus donnons/ de peyne pour les choses du monde, et que les rovs n'v peuvent résister non plus (jue ung- laboureur '■'.

[Chap XXVI. 1 Jay dit en quelque endroit de ceste matière d'Ytallie. comme [il y avoit ung- frère prescheur ou jacobin, aiant demouré a Florence par l'espace de quinze ans. renommé de fort saincte vie (lequel je veiz et parlay ;i luy en lan M CCCC IIII'^'^ ^^ ), appelle t'rere Jheronyme. cpii a dit beaucop de choses avant quelles fussent advenues, comme je dis à l'endroit où j en parle'' '. et tousjours soubstenu ' que le Roy passeroit les monts : et le prescha publiquement, disant 'avoir J par révélation de Dieu, tant cela que aultres choses dont il parloit ; et disoit que le Roy estoit esleu de Dieu pour relformer l'Egdise par force et ciiastier les tirans. A cause de ce qu'il disoit scavoir ces choses par révélation, murnuiroient plusieurs contre luy, et acquist la hayne du

(I il disoit é<Ul. — c iiiUT iint- èilil. — /' ([ui lanl mms ilonnc édit. — g) que les laboureurs édil. — /) i comme ,j'a^- dict c-y dessus éclil. — /; avoit soubstenu édif. — j) le scavoir érf. Diip.

Pâques, a|)ivs Tofficc, quelques heures après une communication du duc de Milan, qui annonçait comme certaine la prochaine descenle du l'oi de l'rance en Lombardie. La letti'C du duc de Feri-are contient des détails assez ])rccis : <■ Ilavendo esso rc disnato e stato al necessario,e faccndosea slrin^^are le calze, part; ch'el j^ie venisse una certa dof;lia seu accidente, et che cl se gietasseal leto. e subito se passasse a l'altra vita senza altramenle parlare " (Sanudo. Diurii. I. col. 938 . Le dernier détail est en conti-adictiou avec le récit <le Commv nés. Une autre lettre du duc.de Milan du 1 i avril attribue la mort du roi à une de ses crises d'épilepsie Ihid. . Inutile d'ajouter cpie la nouvelle se répandjt promptcment dans tout \'euise et causa ime satisfaction iiénérale.

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