I. A'oyez ci-dessus. li\ . \'III. chap. m
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P;tpe el de plusieurs de la eité de Florence. Sa vie estoit la plus belle du monde, ainsi qu'il se povoit veoir, ses sermons les meilleurs, preschans contre les vices, et a réduit en celle cité maintes <i;-ens à bien vivre, comme j'ay dit.
En cest an'' M CCCC IIII^>^ XVIII, que le roy Charles est trespassé, est liny frère 'Jlierony me aussi, à quatre ou cinq jours distant l'un de 1 autre ' : et vous diray la matière"' ])our quoy je laiz ce compte. Il a tousjours presché publicquement que le IHoy retourneroit de recliief en Ytallie pour acomplir ceste commission que Dieu luy avoit donnée, qui estoit de relï"ormor l'Ejj^lise à lespée et de chasser les tirans d 'Ytallie ; et que en cas qu i ne le fist, ({ue Dieu le puniroit cruellement. Et tous ses sermons premiers et ceulx de présent ilz les a laictz mettre en mouUe'-. et se vendent. Ceste menace ([u'il faisoit au P»oy de dire que Dieu le jDUgnvroit cruellement s il ne relom'uoit. luy a plussieursfoizescript peu de temps avant son tresj)as ■; et à nioy le me dist de liouche quant je parlay à luy. cjui lut au retour d'Ylallie. disant ({ue la sentence estoit donnée contre luy au ciel, ou cas (|u il n aconqolist ce que Dieu lui avoit ordonné et qu il ne i^ardast ses <jens de piller. Ores, envyron le temps dudit trespas" du Woy . estoii'iit Florentins en grant ditl'erance en la cité. Les uui^s attendoient encores la venue du Roy et la desiroient. sur l'espérance que ledit trere Jheronyme leur doiiiioit. et se consommoient" et devenoient pouvres à merveilles, à cause de la despence (ju ilz soubstenoient pour cuyder recouvrer Pise et les aultres places qu ilz avoient baillées au lioy, dont ^eniciens
/i cil co temps édit. — / li'cspussc et (in\. aussi feil frère Sniiv. : trespassé. est fini aussi Lençf. Dii}). — m la manière ms. ; ces mois sont omis 'liins les édil. — n envinm led. ti-cspas édil. — o' consnmmoienl /Jh/j.
1 . (lliarlcs \'1II mourut le " avril, et Savnnarole l'ut hrùlé le3 mai suixant.
2. A Finrence, en 1195. et années sui\!iiites. Pendant huit ans. de 1190 à 149s. Savonamle a\ait prèclié le <'aréme à l-'lorenee. avec peu d'interruption. Le IS inai's 1498 fut son dernier joui' de prédicfition.
•i. Eu 149S encore, frère Jérôme (-ciixail au Roi. en faisan! allusion à la réforme deDCfrIise : << Tu n'ijrnores pas toutes les ocrasions de bien faire <|ue le Scitrneur t'a pi'ésentécs. NIallieui'à loi. si tu abandonnes la sainte cause»
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tenoient Pise. Plusieurs de la cité vouloient qu'on prist le parti (le la liji^ue et (ju'on habandonnasl du tout ^' le Roy, disans (|ue ce nestoient cjue abuzions et foUies de si attendre, et que ledit frère Jliei'onime nestoit que ung hereticque et un";- paillard ' . et ([uon le devoit getler en ungsac en la rivière; mais il estoit tant soiibstenu en la ville que nulz ne Touzcient taire. Le Pape et le duc de Milan escripvoient souvent contre ledit frère '. asseurant les Florentins de leur faire rendre ledit Pise et autres places, en délaissant l'amytiédu Hoy •^, et quilz prinsent ledit frère Jheronime et quilz en feissent pug-nition. Et. par cas d'adventure, se fît à 1 heure une Seigneurie à Florence, où il y avoit plusieurs de ses ennemys. car la dite Seig^neurie mue de deux moys en deux moys. Et se trouva qu' ungcordelier. ou forgé ou de luy mesmes, vint prendre débat audit frère Jheronime, lappellant hereticque et abuzeur de peuple de dire qu'il eust révélations ne choses semblables, et se offrit de le prouver jusques au feu : et estoient ces ))arolles devant la dicte Seigneurie. Ledict frère Jheronyme ne se voulut point présenter au feu ; mais ung sien comj)aign(»n dist qu il se y mettroit pour luy contre ledit cordelier, et lors ung compaig-non dudit cordelier se y présenta de l'autre cousté. Et fut prins jour quilz dévoient entrer dedans le feu, et tous deux se y présentèrent accompaig'nez de leurs religieux, au jour nommé : mais le Jacobin apporta le (Corpus Domini en sa main, et les cordeliers vouloient qu'il l'oustast, et aussi
p) de tous poini't/ étlil.
1. " Multa mendosa et. fîcta predicavit... sperans se indc niajorem fiei-i •. écrit Hurchard, écho de la cour pontificale Diarium, II. 414).
2. Le 13 mai I 197. Alexandre ^'I lança contre lui une sentence d'excommunication, qui fut publiée le Is juin suivant dans les étrlises de Florence. Savonarole refusa fie cesser ses prédications, et. pour répondre à cette attaque, dénonça à tous les i-ois d'Occident l'infamie fie son adversaire. " Non e cristiano. s'écria-t-il. e non crede esservi alcun Dio ! .. Villari. II. p. 127 s.), et sa conclusion était : Il faut assembler un concile : " ecclesia I)ei indifjet r'enovatione •> Cf. Hurchard. II. 11-i ss.'.
^. Le 20 mars 149.S. les Florentins, las d"esi>éier en Charles VIII. donnèrent pour instruction à François del .Xern. leur ambassadeur en Espaj^ne, de iccommander particulièrement les aflaii-es di- la République à P^erdinand le t^atholique Desjardins. Xégnc. diplom.. I. 70;V.
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la Seigneurie, ce qu'il ne voulut point faire ' : et ainsi s'en retournèrent en leurs couvents. Et le peuple, esmeu par les ennemys dudit frère, et par commission de ceste Seigneurie, l'allerent prendre audit couvent, luy troisiesme "^, et d'entrée le g^ehaynnerent à merveilles. Le peuple tua le principal homme de la ville, amy dudit frère, appelle Francisco^'alorv . Le Pape leur envoya pouvoir et commissaire pour faire le procès-^; et, fin de compte, les bruslerent tous trois '*. Les charges n'estoient sinon qu'il mettoit discord en la ville, et que ce qu'il disoit de prophétie, le sa voit par ses amy s qui cstoient du Conseil. Je ne le veulx point excuser ne accuser, et ne sçay s'ilz ont faict bien ou mal de lavoir faict mourir; mais il a dit maintes choses vrayes. que ceulx de la ville de Florence n'eussent sceu luy avoir dittes. Mais touchant le Hoy, et des maulx qu'il dist qui luy debvoient advenir, luy est advenu ce que vous voiez, qui fut premier la mort de son seul filz, et puys la sienne; et ay veu des lettres qu'il escripvoit audit seigneur.
jChap. XXVII. i Son mal "^ fut ung quaterre ou appoplesie ; €t esperoient les medicins qu'il luy descendroit sur ung bras, et qu'il en seroit percluz, mais qu'il n'en mourroit point : toutesfoiz il en advint aultrement. Il avoit de bons
Il Le mal du \\o\ édit.
1. Déjà ébranlé par les accusations des adversaires du Frère, le menu peuple de Florence ne lui pardonna point de n'être pas entré dans le l'eu, alin dimposer, par un miracle, silence à ses ennemis. On ne l'écoula plus, on mil en doule son pouvoir surnaturel (\'illari. II, 161 s.).
2. Le sièfîe l'ut mis devant Saint-Marc et la Seig'neuric déclara rebelles tous ceux qui n'abandonneraient pas le couvent dans le délai d'une heure. En quittant Saint-Mai'C pour se rendre au Palais, sous la conditinn que sa vie serait é|)ar{,'née, Savonarolc protesta une dernière l'ois de la iiureté de sa ■doctrine : <• Quel che lio dctlo l'ho avuto da l)io, ed ejrli mi è teslinumio in cielo cheio non mento. « 11 recommanda encore à ses, frères de n'employer pour armes que la toi. la j)atience et la prière. Sous les insultes de la populace, on lentraina au Palais avec ses compajrnnns. les frères Dominique Bonvicini et Sylvestre Maruffi (8 avril I 198, Villari, II. 173, 177).
3. Durant tout son procès, le Frère fut ce qu'il asait toujours été, pénie et superstition, raisonnements sublimes et vulj^aires sophisnies, héro'isme admirable et faiblesses inattendues : en somme, un caractère fjrandiose et généreux. Il avoua que l'esprit de prophétie l'avait abandonné, mais pour le reste il demeura inébranlable.