‹ Mémoires;Chapitre 15 sur 177 · A 100 écus d'or par mois Legeay, ovv. cit., II, p · texte numérisé non relu

A 100 écus d'or par mois Legeay, ovv. cit., II, p

2. Saint-Benoît (Indre-et-Loire, cant. d'Azay-le-Rideau. arr. de Chinon), à environ un kilomètre au nord des Forges.

3. Argenton-Chàteau, Deux-Sèvres, cli.-l. de c, arr. de Bressuirc. On sait que les chàti-au, ville, banmnie, terre et seigneurie d'Argenton. un des plus gros iiefs du Poitou, avaient été apportés à Ph. de Commynes par sa femme, Hélène de Chambes, fille de .lean de Chambes et de Jeanne Chabot, seigneur et dame de Montsoreau et d'Argenton (Contrat du 27 janvier 1472 V. st. ds. Dupont {Mémoires., t. III, Preuves, p. 38 ss. . Commynes dépensa 72.500 livres, à .\rgcnlon, en reconstructions et en embellissements (Fierville, Docum. inéd. sur Phil. de Commi/nes, Paris, KS8l, in-8°, p. 29 ss.).-

4. Adam Fimiée. chevalier, seigneur des Roches-Saint-Quentin, Genillé, etc.. médecin de Charles \U, jmis de Louis XI. maître des requêtes de l'hôtel (12 août 1464), garde des sceaux de France sous Charles \III. mort à Lyon au mois de novembre 1494. Voyez Vaesen, Lettres de Louis XI, IV, 155 n.

5. Piobablement Claude de Molins, médecin et conseiller du roi. On trouvera une lettre signée de lui dans Ymbert de Batarnay, cit., p. 112.

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mais de douleur il n'en sentoit point. Il me fit sii^ne que je couchasse en sa chambre : il ne formoit gueros de motz. Je le servy l'espace de quinze jours à table et à l'entour de sa personne comme vallet de chambre, que je tenoye à grant honneur, et y estoie bien tenu. Au bout de deux ou trois jours, la paroUe luy commençoit " à revenir et le sens; et luy sembloit que nul ne lentendoit si bien que moy, par quoy vouloit que tousjours me tinse auprès de luy ; et se confessa audit otlicial. moy présent, car aultrement ne se fussent entenduz. Il n'avoit pas grans parolles à dire, car il s'estoit confessé peu de jours par avant, pour ce que, quant les roys de France veullent toucher les mallades des escrouelles, ilz se confessent, et nostre roy ny faillit jamais une foiz la sepmaine. Si les aultres ne le font, ilz font très mal, car tousjours y a largement malades.

Comme il se trouva ung- peu admendé, il commença à s'enquérir qui estoient ceulx qui l'avoient tint par force". Il luy fut dict : incontinent les chassa tous de sa maison. A aulcuns ousta leurs offices et oncques puys ne les veit ; aux aultres, comme mons'de Segré^ et Gilbert de Grassay, seigneur de Champeroux, ne osta rien, mais les en envoya. Beaucop furent esbahys de ceste fantasie, blasment^ ce cas, disans qu'ilz l'avoient faict pour bien, et disoient vray ; mais les ymaginacions des princes sont diverses, et ne les peuvent pas entendre tous ceulx qui se meslent de parler. Il n'estoit riens dont il eut si grant craincte que de perdre son obéissance'^, qu'il avoit bien grande, et qu'on ne luy desobeist en quelque chose que ce fust. D'aultre part, le roy Charles'' son père, quant il print la maladie dont il

n) luy commencea B, èdil. — o) tenu par force Snuv. Leng. Dii]). ; tenu à force et empesché d'aller à la fenestre D. — p) lisez hlasiiiaiiL ; qui blasincrenl D. — f/) de perdre son auctorité édit. — r) il scavoit que le roy Cliarlcs édit.

1. Jacques d'Espinay, chevalier, seifrneur de Segré, d'Ussé et de Saint- Michel-sur-Loire, conseiller et chambellan du roi. capitaine de Saint- Macaire, fils de Hicliard. seijrneur tl'Kspinay et de Héatri.v fie Montauban, sa seconde l'cnmie. Il épuiisa Anne de Moncontour et vivait encoi-e cm ir)09 (Dujiont, II, 214 n. cf. ; Hibl. nat. niss. Pièces oriif.,l. 1068, doss. Espinay).

mourut, il entra en ymag-ination (ju'on le vouloit empoisonner à la recjueste de son filz, et se mist si avant qu'il ne voulut plus manger : par quov fut advisé, par le conseil des medicins et de ses plus g-rans et speciaulx serviteurs, qu'on le feroit manger par force ; et ainsi fut faict par grant délibération et ordre des personnes qui le servoient, et luy fut mis du coulys en la bouche. Poy après ceste force, ledit roy Charles mourut ^ Ledit roy Loys, qui de tout temps avoit blasmé ceste façon, print tant à cueur que merveilles ce que ainsi on l'avoit tenu par force, et en faisoit plus de semblant qu'il ne luy tenoit au cueur, car le principal fons de ceste matière * estoit de peur qu'on ne le voulsist mestrier en toutes aultres choses, comme en expédition de ses affaires et matière, soubz couleur de dire que son sens ne fust pas bon '.

Quant il eut faict cest espouventement à ceulx dont j'ay parlé, il senquist de l'expédition du conseil et des despeschez que on avoit faict en dix ou douze jours, dont avoient la charge levesque d' Alby "~, son frère le gouverneur de Bourgongne, le niareschal de Gyé. le seigneur de Lude ;

s) de ceste maliere. qui le mouvoit édit. — t) pas bon ne suffisant éd. /•îi'-i et Du p.

1. Charles VII « ficha tellement Icd. empoisonnement en son creur que oncques puis n'euU joye ne santé ; ...et se desconforla tellement qu'il délaissa le mengier par lespace de huit jours ou environ, pour ce qu'il n'osoit se fier à nul de ses i;ens ■> iJ. Chartier. éd. ^^ de Viriville. III. 113>. C'est aussi ce que dit Guillaume Leseur Hist. de Gaston IV, comte de Foix II. 971: mais les deux chroniqueurs ajoutent que le roi finit par se laisser convaincre de prendre un peu de nourriture. D'autres témoignag'es constatent la présence, dès le 9 juillet 1461. d'un abcès dans la mâchoire du roi, qui rendait toute alimentation impossible de Beaucourt. Charles VII, VI, 441 s.). Charles VII expira le 22 juillet 1461. Basin I. 311 . dont on connaît la rancune contre Louis XI. s'est fait l'écho des soupçons calomnieux mis en circulation par les ennemis du dauphin. On comprend mal que M. de Beaucourt ait considéré, même comme un commencement de preuve. les mai'ques de satisfaction — fort peu filiale du reste — que Louis XI donna en apprenant le décès de son père. La constitution usée de Charles VII et ses infirmités sutRsent à expliquer la rapidité de sa mort.

2. Louis d'Ainboise. évèque d'Albi 24 janvier 1474;, fils de Pierre d'Amboise. scifrneur de Chaumont. et d'Anne de Bueil. d'abord maître des requêtes de l'hôtel du roi. puis son procureur frénéral en cour de Rome (31 oct. 1472 . enfin lieutenant-général en Roussillon et Cerda^ne (9 ocl. 1474;. Mort à Lyon. 1" juillet 1503 ou 1505 \Vaesen, Lettres, V, 147, note).

car ceulx là] se trouvèrent à l'heure que son mal luy print, et estoient tous log-ez soubz sa chambre en deux petites chamhretes qu'il y avoit ; et vouloit veoir les lettres closes (jui estoient arrivéez et qui arrivoient chascune heure. L on luy monstroit les principalles et je les luy lisois. Il faisoit semblent de les entendre, et les prenoit en sa main et faisoit semblant de les lire, combien (|u il neust nulle conf^noissance, et disoit (juelque mot ou faisoit sij^ne des responces qu'il vouloit qui fussent faictes. Nous faisions peu d'expéditions, en attendant la fin de ceste maladie, car il estoit maistre avecques lequel il failloit charrier de droit". Geste maladie luy dura envyron quinze jours, et revint quant au sens et à la parolle en son premier estât ; mais il demoura foible et en suspiction de retourner en cest inconvénient, car naturellement il estoit enclin à ne vouloir croire le conseil des medicins.

Dès ce qu'il se trouva bien, il délivra le cardinal Balue, (pi'il avoit tenu quatorze ans prisonnier ', et maintes foiz en avoit esté requis du siège apostolicque et d'ailleurs ; et s'en feit absouldre d un brief envoyé par nostre sainct père le Pape, à sa requeste.

Comme ce mal luy print, ceulx qui pour lors estoient avecques luy le tindrent pour mort, et ordonnèrent plusieurs mandemens pour rompre une très excessive et cruelle taille que nouvellement il avoit mise sus par le conseil de nions"" des Cordes, son lieutenant en Picardie, pour entretenir viny-t mille hommes de pied tousjours paiez '', et deux

Il il falliiit clmnier di-fiit \HD. édil. — r, tousjVmrs prcslz édil. D omet ces deux mois.

1. L'ordl-e fl'éiari-Mssement du cardinal Balue, alors détenu à Tours, est daté du Plessis. 20 décembre 14x0) For^^eDt, Jean liulne. p. 10 i. Balue était malarle, et le roi <« eust frraiit peur qu'il ne se mnrusl : et s'en cshàyssoienl plusieurs jjens, veuez les ^^rans niau\aistiés qu on disoit rpid avoit faictes au roy -> Interp. de la (^hron. Scind.. n,;{91 . HcMuis aux mains du légat Julien de la Hovère, il partit avec lui pour l'Italie. — Sur les Irm^'ues et laborieuses négociations poursui\ies par le Saint-Sié^'e pour obtenir la délivrance du cardinal d'Antrers, voy. Kcuveot. ouv. rit., p. S5 ss. — CcMUmynes exagère en écrivant que sim empi'isonnement avait duré quatorze ans. Balue avait été arrêté le 23 avril 1 i69.

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mil cinq cens pyonniers ', et se appelloient ces g-ens icy les jT^ens (lu camp. Et ordonna avecques eulx (juinze cens hommes d'armes de son ordonnance, pour descendre à pied ({uant il en seroit besoing'. Si feit faire grant nombre de chariotz pour les clorre, et de tentes et de pavillons ; et prenoit cecy sur Fost du duc de Bourgongne. Et coustoit ledit champ quinze [cens] mil francs l'an. Quant il fut prest, il [l'alla veoir mettre auprès du Pont de Larche en Normandie, en une belle vallée qui y est ~. Et estoient les six mille Suysses dont ay parlé de ce nombre. Jamais^ que ceste foiz ne les veit. Et s'en retourna à Tours, auquel lieu luy reprint sa maladie, et de rechief perdit la parolle, et fut c[uelques deux heures qu'on cuydoit qu'il fust mort ; et estoit en une gallerye couché sur une paillasse, et plusieurs avecques luy. Mons"" du Bouchaig^e et moy le A'ouasmes à monseig-neur Sainct Claude ; et tous les aultres qui estoient presens luy vouèrent aussi. Incontinent la parolle luy revint, et sur l'heure alla par la maison, très foible : et fut ceste seconde maladie l'an mil GCCG IIII^^ et

IL-) En une belle vallée qui y est estoient les 6.000 Suisses dont j'ay parlé, et ce nombre jamais, éd. Dup. Ch. ; en une belle plaine D.

1. En 14S0. Louis XI cassa les francs-archers par clég:oùt de leur indiscipline et de leur lâcheté, mais il conserva provisoirement ceux de Normandie et de Lanjjucdoil Bibl. nat., ms. fr. 25.715, n" 310. 11 oct. 1480). Un certain nombre d'hommes d'élite formèrent un corps de piquenaires qui tinrent garnison sur la frontière de Flandre. D"Esquerdes, appelé à commander en chef « le camp », s'établit au château de Famechon, près de Poix iSomme). Le bailli de Rouen. Picard, fut charj;é de conduire les pionniers qui, en 1483, coûtèrent 113.120 1. Sur la réorg-anisalion de l'infanterie française, dont l'entrée des mercenaires suisses au service de Louis XI fut le signal et la cause, voyez Spont, La milice des francsarrhers. art. cité.

2. C'est en juin 1481 que le roi fil venir cette armée en Normafidie, entre Pont-de-l' Arche et Pont-Saint-Pierrc, dans la vallée de la Seine. Il arriva lui-'mémc au camp le 22 juin, et rentra au Plessis le 10 juillet [Chron. ScamI., II, 10" n.) Commynes n'accompagnait pas son maître ^Kervyn, Lettres et né(j., cit. I. 322!. " Partie du camp fut fossoyé au long de ce c|ui en fut dressié, et dedens fut tendu des tentes et jjavillons, et aussi y fut mis de l'artillerie et de tout ce qui y estoit requis. » Chron. Scand., II, 107). Le (1 maître des œuvres >> fut Alard de Hondrochies. Le camp fut levé dès le départ du roi, avant la fin de juin. Spont {art. cité) estime qu'il coûta 1.400,000 1.

[1482] LivRK VI, ciiAi'iTRE VI io

ung K Et alloit par pays comme devant, et alla chez moy,^ il Arg:enton, où il fut ung moys -, et y fut fort malade, et de là à Touars •^ où semblablement fut inallade. Et de là enlrepriust le voyage de Sainct Claude ^, où il avoit esté voué, comme avez ouy.

II mavoit envoyé en Savoyo "', comme il j^artit de Touars, contre les seigneurs de la (Chambre '', de Myolent ' et de Bresse (et les aydoit en secret . pour ce (|u"ilz avoient prins le seigneur de Lins '^, du Daulphiné. lequel il avoit mis au

1. Celte nouvelle attaque, qu'il faut probablement dater du mois do septembre 14Si cf. itin. ms.) pourrait bien avoir été la troisième, car Jean de Royc nous ajîprend cpiau umis de mars 1 Iso v. st. c'cst-à-dii-e I iSl.le i-oi « estant en son lioslel ilu Plessis flu Parc lez Tours, fui niep\ eilletisenient malade d'une maladie qui soubdaineinent le i)rint, dont fut dit dejjuis qu'il fut en }.rrant danjiier de mort: mais, moyennant laide de Dieu, la santé luy fut rendue » [(^hron. Saind., II, 1061.

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