Thomas Seintlegcr (cf. ci-dessus, I
6. Thomas, marquis de Dorsal, fils d'Elisalielh "Woodville et de John Grey, son premier mari.
4 MÉMOIRES DE PHIIJPPE DE COMMYISES [1477]
faire son faict en ceste g-uerre qu'il avoit commencé, si le dissimuloient ilz pour le f^rand prouflîct qu'ilz en avoient.
A tous ceulx icy avoit faict des dons oultre leurs pensions, et suis seur que à ce nions"" de Hauart. oultre sa pension, luy donna en moins de deux ans, que en arg-ent et vaisselle, vingt quatre mil escuz ; et au chambellan le seigneur de Hastingues donna pour ung coup mille marcs d'aro^ent en vaisselle. Et de tous ces personnaij^es icy se trouveront les quiotances en la Chambre des comptes, à Paris, sauf dudit seigneur de Hastingues, grant chambellan d'Angleterre (et n'en y a que ung, pour quoy c'est ung' très grand office).
Cedict chambellan se feist à prier •/ à se faire pensionnaire du Roy, et j'en feuz cause, car je le feiz amy du duc Charles de Bourgongne, pour le temps que j'estois à luy, lequel luy donna mil escuz lan de pension'. Et l'avoys dict au Roy, auquel il pleust'' que semblablement fusse moyen de [le] faire son amy et son serviteur; car le temps passé luy avoit esté tousjours grant ennemy, vivant ledit duc ', et encores despuis, en faveur de la damoiselle de Bourgongne ; et ne tenoit point à luy ung temps que Engleterre ne luy aidast contre le Roy. Ainsi je commençay ceste amytié par lettre ; et luy donna le Roy deux mille escuz de pencion, qui estoit le double de ce que luy donnoit ledit duc de Bourgongne ; et envoya devers luy Pierre Clairet "',
j) se feit fort prier édit. — h] pourquoy luy pleust éd. Dup.. Ch. — Z^ avec le dit duc Charles érf. Dup. : du temps dud. duc éd. 15-24. — m" Clarenl ds. le ms.; Clairet A B, édit. ; Clarel D.
1. Leng-let a imprimé, aux Preuves de son édition des Mémoires de Commynes (III, 617), des lettres de Charles, duc de Boui"^og:ne, datées de Péronne, le 4 mai 1471, qui accordent 1.000 écus de pension annuelle au seigneur de Hasting:s. On trouve dans le même recueil III. 619 s.), le texte de deux quittances du même Hastinj^s. l'une de 1.000 écus, datée du 12 juillet 1474. lautre de 1.200 livres, du 2 mai 1475, qui attestent que ce personnage touchait encore en 1474 et en 1475 cette pension bourguignonne. Dès son arrivée à Calais, Louis XI le lit sonder par le grand sénéchal de Normandie, et, le 27 juin (1475\ Hastings remerciait " la bonne grâce du roy de France du très grant et beau présent qu'il lui avait pieu lui envoyer », et l'assurait de son désir de le servir i^Bibl. nat. ms. fr. 2902, fol. 3'3 orig.).
unsj^ sien niaistre dhostel • , et luy encharg-ea fort en prendre quittance, afin que pour le temps advenir il se veist et congneust comme le grant chambellan, chancelier et admirai et grant escuyer d'Ang-leterre, et plusieurs aultres, eussent esté j)ensionnaires du roy de France.
Ledit Pierre Clairet estoit très saige homme, et eut communication bien privée avecques ledit chambellain en sa chambre, à Londres, seul à seul. Et après luy avoir dict les paroUes qui estoient nécessaires à dire, et par le Roy il eut présenté " ces deux mil escus en or (car en aultre espesse ne donnoit jamais le Roy à gens estranges), (|uant ledit chambellain eut receù cest argent, ledit Pierre Clairet luy supplia que pour son acquit il luy en signast une quittance. Ledit seigneur de Ilastinguez en feit dilïiculté. Lors luy requist de rechief ledit Clairet qu'il luy baillast seulle ment une lettre de trois lignes adroissans au Roy, contenant comment il les avoit receuz, pour son acquit envers le Roy son maistre, et qu'il ne pensast qu'il les eust amblez et (jue ledit seigneur estoit suspectionneux. Ledit chambellain, voyant que ledit Clairet ne luy demandoit que raison, respondit à Mons'' le maistre. « Ce que " vous dictez est bien
n) à dire de par le Roy il lu\- ])resenla B et édil. — o) B e( /es édit. portent rcspimdit : Mous. U; maistre, ce <iiic etc.
i. Pierre Clcret. écuyer de l'hntel du roi, au moins dès J Ifîs, puis son conseiller et premier maître d'iiolel, homme d'armes de l'ordonnance (Vaesen. Lettres, W . 7.s n. : Dnp(ml, H, i6iSn. ; Comte tie Cliahannes, Ilist. (le In mnisnn de Cluthnnnes, t. Il, jjhss.), servit t'réf|ucnmient d'intermédiaire entre le roi et le comte de Dammai'Lin icf. Cliron. Scand., interpol. t. II, /v.'i.ss./ C'est en l'iTti que doit se |)lacer l'anecdote racontée ])ar Comnjynes, et l'on possède le tevte de lettres adressées par Louis XI. aux j;ens des Comptes, poui- leiu' enj'oinilie de n'exif^er de ("luillaume Uestoul, commis au paiement des pensions anglaises, aucune quittance pour les sommes versées à lord Hastinf^s. Ce document, daté du Plessi.s lès Tours, le 25 août 1176, constate que, pour le terme de Pâques, Restout n'avait pu obtenir de revu d'aucune soi'te, bien qu'il eut remis à Cuillaume Lanrot, clerc et sec-rétaire fie Ilaslinj^'S, 1000 écus d'or pour son maili'C, ainsi (|ue l'attestait un certificat émané de .Ican le Cou/, notaire et secrétaii'e de Louis XI, (|ui, avec Louis de Marafin, écuyer d'écurie, avait accompaj^né Reslout à Londres. Au terme de Saint-Michel, c'est Pierre Cléret, qui •escorta Restout. avec ordre exprès du rf)i de ne réclamer aucune quittance des 1000 écus destinés à Ilastinj^s. L'attestation tle (Méret devait ser\ir de déchar^^e à son com])a};non 'Cf. Compte de P. Restout, marchand de Rouen, Hibl. nat., ms. fr. 10;i75, orig. parch.).
raisonnable; mais ce don vient du bon plaisir du Roy vostre maistre, et non pas à ma requcste ; si vous plaist que je le preig^ne, vous le mettrez icy dedans ma manche et n'en aurez lettre ne tesmoing-, car je ne vueil point que pour moy on die que le grant chambellan d'Angleterre ait esté pensionnaire du roy de France, ne que mes quittances soient trouvées en sa Chambre des comptes. )> Ledit Clairet se tint à tant et luy laissa son argent, et vint faire son rapport au Roy, qui fut bien courroucé qu'il n'avoit apporté ladite quittance; mais il en loua et estima ledit chambellan, et plus que tous les auttres serviteurs dudit roy d'Angleterre. Et despuis fut tousjours paie ledit chambellain sans bailler quictance.
En ceste manière vivoit nostre Roy avecques ces Angloys. Toutesfoiz souvent ledit roy d'Angleterre estoit requis et pressé du cousté de ceste jeune princesse ' pour avoir aide. Et tantost envoya^ le roy d'Angleterre devers le Roy luy faire remonstrances sur ceste niatiere et le presser de faire paix?, ou au moins de trêves. Car ceulx d'Angleterre qui se trouvoient à son conseil (et par especial k leur parlement, qui est comme Trois Estatz, si trouvèrent plusieurs saiges personnaiges et .qui veoient loing, et n'aA'oient point de pension comme les aultres), ceulx là vouloient fort, et encores la Commune, que ledit roy d'Angleterre aidast à bon essiant k la dite damoiselle ; et disoient que du costé de deçà que on les trompoit, et que on n'acheveroit point le mariage et qu'il se povoit veoir, car au traicté fait à Picqueny entre les deux roys il avoit esté juré et promis que au dedans l'an on devoit envoier quérir la fille du roy d'Angleterre, que ja avoient faict intituler madame la Daulphine, et que le terme estoit passé de beaucop -.
p)envoyoiL A B B.édit. — r/i et le prcssoit de paix A D, édit.