Marie de Bourg-og^ne
3. On ne trouve pas cette clause dans le texte du traité du '29 août 1475. Il y est dit simplement que le dauphin Charles sera uni à Elisalielh, iille du roi d'Angleterre, lorsque les deux parties seront parvenues à un ège
[1477] LIVRE VI, CHAPITRE i 7:
Quelque remonstraiice que ses subjects luy feissent, il ne vouloit entendre et y avoit plusieurs raisons. C'estoit unghomme pesant et qui fort a^^moit ses plaisirs, et n'eust sceu porter la poyne de la guerre de deçà ; et se veoit assailli de grans adversitez'". Daultre part, Tavarice de ces cinquante mil escuz, rendus tous les ans en son chasteau de Londres, luy admortissoit''' le cueur : et aussi quant ses ambassadeurs venoient, on leur faisoit tant bonne chère et leur donnoit l'on tant de beaulx dons quilz partoient contens. Et jamais ne leur estoit faict responce, pour tousjours gaigner temps ; mais leur disoit on que en peu de jours le Uoy envovroit devers le roy leur maistre bons personnages, qui luy donneroient telle seurté des choses dont il estoit en doubte qu'il s'en devroit bien contenter.
Ainsi quant ces ambassadeurs estoient partis, trois sepmaines ou ung mois après, aulcunes foiz plus que aulcunes foiz moins, qui nestoit point terme ' en tel cas, le Uoy y envoyoit tousjours personnaiges qui n y avoient point esté le voyage précédant, afin que si ceulx là avoient faict quelques ouvertures dont l'effect ne s'en feust point ensuyvy, que les derniers n'en sceussent que respondre. Et ainsi ceulx qui y estoient envoyés mettoient peyne par toutes voyes de donner telles seuretés en France audit roy d'Angleterre qu il avoit encores patience sans se mouvoir ; car il avoit tant de désir de ce mariage et la royne sa femme, que cela, avec([ues les aullres raisons que j'ay dictes, luy faisoient dissimuler ce que partie de ceulx de son conseil disoient estre au grant préjudice de son royaulme, et craignoit la rompt ure dudit mariage pour la moc({uerie que ja s'en faisoit en Angleterre, et par especial de ceulx qui y desiroient la noise et dilferant.
r) Saut", el I.enij. iijoiilenl : par (|iioy n'avcjit cure d'y rentrer. — s) amollissoit B D. éflil.' — l qui n'cs(..it petit terme A B D.\-dit.
convenable, el que la princesse sera amenée en France ])ar les soins cl anx frais du roi Edouard. Si Elisabeth venait à mourir avant lâj.'^e nubile, elle devait être remplacée par sa sœur Marie (Lenjflet, III, 103).
8 MÉMOIRES DK l'IlILIPPK DE COMMYNES [1477]
Pour ung peu esclarcir cest article, le Roy nostre maistre n'eut jamais vouloir d'aconiplir ce mariage, car Teag-e des deux n'estoit point sortahle, car " la (ille, qui de présent est royne d'Ang-leterre , estoit trop plus vieille que monseigneur le Daulphin ', (|ui de présent est nostre Hoy. Ainsi, sur ces dissimulations, ung- moys ou deux de terme gaigné en allant et en venant, est[oitj '' rompu à son ennemy une saison de luy mal faire. Car sans double, neust esté l'espérance dudit mariag-e, le roy d'Angleterre ne eust en pièce soutTert prendre les places si près de luy sans mettre peyne de les delVendre, et si d'entrée il se fust declairé pour ladite damoiselle de Rourgongne, le l^oy, qui craignoit de mettre les choses en doubte et en adventure, neust pas de tant afToibly ceste maison de Hourgongne comme il a "'. Je ne diz ces chouses principallement que pour donner à entendre comme les choses de ce monde se sont conduictes, et pour s'en aider ou pour s'en garder, ainsi comme y pourra-^ servir à ceulx qui ont ces grans chousez en main et qui verront ces Memoyres ; car, combien que leur sens soit grans, ung peu d'advertissement sert aulcunes foiz.
Il est vray que si madamoiselle de Bourgongne eust voulu entendre au mariage de mons'' de Rivières 2, frère de la royne d'Angleterre, que ledit roy d'Angleterre l'eust secourue v avecques bon nombre de gens ; mais cestoit mariage mal sortable. car cestoit ung petit conte, et elle la plus grant héritière qui feust de son temps.
Plusieurs marchés se menoient entre le Roy et le roy d'Angleterre. Entre les aultres luy ofïroit le Roy que s'il se vouloit joindre avecques lui et venir en personne en ung quartier du païs de ladite damoiselle et en prendre sa part, ledit seigneur y consentoit= que ledit roy d'Angle-
u : pour c-e que édil. — v) estoit édit. — w) comme il feit édil. — x) ainsi qu'il pourra édit. — y) de la royne d'Angleterre, on l'eust secourue .1 M, édil. — z\ ledit sirr consentiroit édil.
1. Elisabeth était née le 16 février 1465; le dauphin le 30 juin 1470.