‹ Mémoires;Chapitre 22 sur 177 · C'est-à-dire assez d'argent · texte numérisé non relu

C'est-à-dire assez d'argent

[1483] LIVRE VI, CHAPITRE VII o7

plus parler de luy parmj le royaulme que ne feit jamais : et le faisoit de paour qu'on ne le tint pour mort (car, comme jay dict, peuJ le veoientj, que quant on oyoit parler des œuvres qu'il faisoit, chascun avoit double; et ne pouvoient à poyne croyre qu'il fust malade.

Hors du royaulme envoyoit gens de tous coustez. En Angleterre, pour entretenir ce mariage ' ; et les payoit bien de ce <[u'il leur donnoit'', tant le roy Edouard que les particuliers. En Espaigne, toutes parolles d'amytié et d'entretenemens, et presens partout. De tous coustez faisoit achapter ung bon cheval, quoy qu'il coustast, ou une belle muUe, mais es pays où il vouloit qu'on le cuydast sain ', car ce n'estoit point en ce royaulme. De chiens, en envoyoit quérir partout : en Espaigne, des allans -, de petites leverieres; en Bretaigne, lévriers, espaigneux, et les achaptoit chier; en ^'allance, aultres petitz chiens veluz, qu'il faisoit achapter plus cher que les gens ne les voulloient vendre. En Cecille envoyoit quérir quelque mule ; especiallement de quelque ofiicier du pays la payoit au double. A Napples, des chevaulx, et bestes estranges de tous coustez, comme en Barbarie une espèce de petitz loups"* qui ne sont point plus grans que petitz regnards, et les appelloit" aditz 3. Au pays de Dannemarche et de Sueve "envoya quérir deux sortes de bestes : les unes s'appelloieut helle[n]z/*^ et sont de corsaige de cerf, grans comme beuffles, les cornes courtes et grosses. Les aultres s'appelloient ran-

j) peu de {;ens .4 D. édit. — k, de ce qu'il leur devoit .1, Saiiv. — l) syen dans le ms. el dans A : sain D. édit. — m) une espèce de petits lyons A D et édit. — fi' appclloient édit. — o et de Sueric B, éd. Diip. Ch. ; et de Surie A : ce mol est omis dans D. — p elles A.

1. Le mariage du dauphin Charles avec Elisabeth, fille d'Edouard IV.

2. Espaffnol alano, sorte do dogue employé à poursuivre le ffros gibier.

3. En espaj.;nol adive, de l'arabe ad-dib ; le Dictionnaire de Trévoux donne adive comme mot Crançais dans ce sens. Au mois d'octobre 1482, Louis XI envoya Macé Bastard, receveur des aifles à Bayeux, en Provence '< afin d'attendre l'ari-ivée de certaines traleres portant des bestes sauvag-es et cstranj^es, et autres choses » arri\ anl de Barbarie. Bibl. nat. ms. fr. 20098, n" 2003, or. parch.).

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