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g'iers', qui sont, de corsaig-e, de couleur de dain, sauf qu'elles ont les cornes beaucop plus grandes, car j"ay veu rangier porter cinquante quatre cors. Pour avoir six de chascune de ces bestes, donna aux marchans quatre mil cinq cens florins d'Almaigne. Quant toutes ces choses luy estoient amenées, il n'en tenoit compte, et la pluspart des foiz, il ne parloit point à ceulx qui les amenoient. Et en effect il faisoit tant de telles choses semblables qu'il estoit plus crainct, tant de ses voisins que de ses subjectz, qu'il n'avoit jamais esté.
[Chap. VIII.] Pour retourner au principal de nostre propos et à la principal! e conclusion de tous ces Memoyres et de tous ces afTaires des personnaig-es qui vivoient du temps qu'ilz ont esté faictz'^, il fault venir à la conclusion du traicté du mariage faict entre le Roy qui est de présent, lors appelle monseig-neur le Daulphin, et de la fille ? du duc et duchesse d'Autriche, et par la main des Gantoys, au grant desplaisir du roy Edouard d'Angleterre, qui lors se tint pour deceu de l'espérance du mariage de sa fille avecques nions"" le Daulphin, de présent roy de France ; lequel mariage luy et la royne, sa femme, avoient plus désiré que toutes les choses du monde, et jamais n'avoient voullu croire homme qui les eust advertis au contraire, feust leur subject ou aultre. Car le conseil d'Angleterre luy en avoit faict plusieurs remonstrances, à l'heure que le Roy conqueroit la Picardie, qui estoit près de Calais ; et luy disoient que quant il auroit conquis cela, qu'il pourroit bien essaier de conquérir Calais et Guynes''. Autant luy en disoient les ambassadeurs qui continuellement estoient en Angleterre de par les duc et duchesse d'Autriche et les
q) et la fille édil. — r) Guyenne dans le ni.s. et dans A B et M ; D omet la fin de la phrase.
1. Rennes. Le mot rangier est conservé par la lanjjue du blason.
2. Les derniers mots se rapportent non pas à ces Memoyres, mais à ces affaires. Affaire était du masculin dans lancien français (Littré, au mot).
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Bretons et aultres ' ; mais de tout ce ne croioitrien, dont il en print bien [mal]*. Mais je croy bien qu'il ne luy procedoit point tant d'ignorance comme il faisoit d'avarice, et pour ne perdre point cinquante mil escus que le Roy luy donnoit, ne aussi ne laisser point ses aises ne ses plaisirs, où il estoit fort adonné.
Sur le faict de ce mariage se tint une journée à Hallons ' en Flandres; et y estoit le duc d'Autriche, à présent roy des Romains -^j et gens depputez de par les Trois Estatz de Flandres, Brebant et aultres pais appartenans audit duc et à ses enfîans. Là firent les Gantoys plusieurs choses contre le vouloir dudit duc, comme de bannir gens, d'en ouster aulcuns d'auprès de son filz ; et puys luy dirent le vouloir qu'ilz avoient que ce mariage, dont j'ay parlé, se fîst pour avoir paix, et le luy firent accorder, voulsist ou non. Il estoit fort jeune, mal pourveu de grans gens" (car le tout en ceste maison de Bourgongne estoit mort ou tourné des nostres, ou peu s'en failloit), j'entends de grans personnages ny qui l'eussent sceu conseillier et aider. De son costé, il estoit venu fort mal acompaigné ; et puis, pour avoir perdu sa femme, qui estoit princesse du pais dessusdit, il n'osoit parler si audacieusement qu'il avoit faict d'autres foiz. Et pour abréger ce propos, le Roy en fut adverti par le seigneur des Cordes et en fut très joyeulx ; et fut prins le jour de luy amener la fille à Hedin.
Peu de jours avant, et en l'an M CCGG IIIL^''^ et ung ^,
s] dont luy en print bien mal édit. — /) à l'Isle D. — u) mal pourveu de fîrant sens .4, édil. ; de gens de grant sens D.
1. Le bruit courut en efTet en Angleteire, au printemps de 1-581, que Louis XI se disposait à attaquer Calais. Le roi de France se défendit énergiquement d avoir con(,u un semblable pi-ojet, et cliargea lord Hastin^s de rassurer Edouard IV. « Ne le vouldroys faire, lui écrit-il, ne souffrir toucher au moindre village de la terre de (aillais, et m'en voys veoir mon champ auprès du Pont de l'Arche, que je n'ay encores veu. » (Dupont, Mémoires, II. 21s n.).