Antoine W'oodville, lord Scales et comte Hivers
[1477] LIVRE VI, CHAriTRE H 9
terre eust ledit pais de Flandres et qui le tint sans hommaitre, et le païs de Brebant. Et luv oiTroit le Rov de conquérir à ses despens les ({uatre plus ji^rousses villes de Brebant et les mettre en la possession dudit roy d'Angleterre ; et davantaig-e luy paier dix mille Anç^loys pour quatre nioys, afin que plus aiséement il jiortast les mises de l'armée, et luy prester' l)on et g-rand noml)re d'artillerie, et g-ens et charroy pour la conduire et pour s'en aider, et que ledit roy d'Angleterre (ist la conqueste de Flandres, tandis que ledit seigneur les empescheroit ailleurs. Le roy d'Angleterre respondit que ces villes de Flandres estoient fortes et grandes, et ung païs mal aisé à garder, quant il '1' auroit conquis, et semi)lablement celuy de Brebant. et que les Angloys n'auroient point fort ceste guerre agréable, à cause de sj fréquentations de leurs marchandises ; mais qu'il pleust au Roy, puis qu il luy plaisoit faire part de sa conqueste. luy bailler quelques places de celles que ja il avoit conquistz en ceste Picardie, comme Boulongne et aultres, et f[ue, en ce faisant, il se declaireroit pour luy et envoyeroit gens en son service, en les payent''.
|Chap. II. Ainsi, comme devant ay dict, alloient et venoient ces marchez, pour tousjours gaigner temps, et se afîoiblissoit ladite damoiselle de Bourgongne. Car de ce peu de gens de guerre qui luy estoient demourés après la mort de son père, plusieurs se tournèrent du parti du Hoy, et par especial après ce que nions"" des Cordes si fut mis, qui plusieurs en mena et tira avecques luy'". Les aultres se tournoient par neccessité, pour ce qu ilz estoiert ja '' en l'obéissance dudit seigneur, et aussi pour avoir de ses biens, car nul aultre prince n en departoit si largement à ses serviteurs comme luv. Davantai^-e les troubles et bendes ^
a ft luy prestfiit l'on frrant noiiihro fi. édit. : et luy presloit friant nonibic D. — // Saur, et Lenif. njoulent qui estoit bien sa},'e response. — c en amena avec luy li, éd. Diip. : en ennicna avec luy D. éd. Ch. — d; pour ce qu'ilz esloient situez ou demomans près des villes ou dedans celles qui estoient ja ,4 B D. édit. — e les troubles des bendes édit.; les troubles croissent D.
croissoient chascun jour en ces ^i^rosses villes, et par especial à Gand, qui adouboit tout/', comme vous avez ouy. Envvron de la dite damoiselle estoit parlé de plusieurs mariages pour elle, disant ou qu'il luy failloit marv pour dell'endre le demeurant de ce qu'elle avoit, ou espouser mons"" le Daulphin, afin que tout luy demourast en paix ff. Aulcuns desiroient fort ce mariag-e, et par especial elle, avant que ses lettres, que avoient portées le seigneur de Humbercourt et chancelier, fussent baillées. Aultres alleguoient la jeunesse dudit mons"" le Daulphin, qui nestoit que de neuf ans ' ou environ ; et alleguoient ce mariag-e d'Angleterre, et tascheoient pour le lilz du duc de Cleves ; aultres pour le fîlz de l'empereur Maximilian, de présent rov des Romains. Ladite damoiselle avoit conceu hayne contre le Roy, à cause de ses dites lettres, qui luy sembloit avoir esté occasion de la mort de ces deux bons personnaiges dessus nommés et de la honte qu'elle receupt quant publicquement luy furent baillées devant tant de gens, comme avez ouy -. Et cella avoit donné hardiesse aux Gantoys de luy avoir chassé tant de serviteurs et cepar[é] sa belle-mere '' -^ et seigneur de Ravastin d'avecques elle et mis ses femmes en si grant craincte quelles n'eussent osé recepvoir une lettre sans la monstrer, ny parler à leur maistresse bas. Et ce commença à eskmgner de l'evesque' du Liège que estoit filz de Bourbon, qui desiroit faire le mariage dudit mons'" le Daulphin, lequel eust esté bien propice et grand honneur pour la dite damoiselle. neust esté la grand jeunesse dudit monseigneur le Daulphin \
/") qu'il doubtoit tant Sniiv.: qui esiiK^uvoit tout D. Leng. — </ luy demourast après e(/. Dup. Ch.: que tout luy demourast 1). — h\ Sotre ms., comme A et B. porte et ce par sa bolle-mere. ce qui n'a aucun sens. Nous iidoplons la leçon des éditeurs et du ms. D. — i) Et se commença à esloif^ner d'elle l'evesque édit.