A la fin de l'été
2. Charles VIII, né le 30 juin 1470, fut couronné le 30 mai 1484.
3. René d'Anjou, duc de Bar, comte de Provence, roi de Sicile in partibus, mort le 10 juillet 1480, sans héritiers masculins, avait légué à sa fille Yolande, veuve de Ferri de \'audemont, le duché de Bar, qu'elle engagea presque aussitôt à Louis XI, roi de France, et le reste de ses biens, y compris ses droits sur Naplcs, à Charles II d'Anjou, comte du Maine, son neveu. Ce legs était grevé de substitution au profit du roi de France et lui fut encore assuré par la volonté de Charles II d'Anjou, qui mourut à son tour le 11 décembre 1481 (Cf. plus haut, t. I, p. 354). René de \'audemont. fils de Yolande, duc de Lorraine par cession de sa mère 2 août 14 73), se jugea lésé par les termes du testament du roi René, son a'ieul maternel, et il s'adressa à plusieurs reprises aux États-Générau.x. i-éunis à Tours en 1484, en les priant de recommander au conseil du jeune roi Charles ses droits sur le duché de Bar et sur le conité de Provence. (J. Masselin, Journa/ des Elats-Générau.v de l-'tS-i, p. p. Bernier, dans Coll. des docuni. inéd.. Paris, 1835, p. 396 s.) Il n'obtint que des réponses dilatoires. Partagé entre le désir de conserver à la France le comté de Provence et celui de ne pas indisposer
[148ii LIVRE VII, CHAPITRE I 101
avoit faict tort et que le roy Charles', dont j'ay parlé, n'estoit (jue son aepveu, fil/, du conte J du Mayne; et l'autre (lisoil (jue Prouvence ne pouvoit aller à lille par leurs testaments'-. Ku elVect Bar fut rendu, où le Roy ne demandoit ([ue une somme d"ar|^ent ; v[. pour avoir g-rant faveur et grands amys. et par especial le due Jehan de Bourlxtn. (jui estoil vieil et vouloit espouser sa sœur', eut estât hon du Roy et cent lances de charo^e, et luy fut baillé trente six mil li\ res Tan pour (juatre années, penchnit lequel temps se coni;-noistrt)it du droit de ladite conté. Et estoie à ceste (K'iiheration et conclusion, car j 'estoie de ce conseil qui avoit esté lors créé tant par les [)rouches parens du Roy ({ue par les trois Estatz du royaulme ^. Estienne de Vers, dont j'ay parlé, que ja avoit acquis quelque chose en Prouvence^'' et avoit en sa fantasie ' ce faict de Napples, (it dire par \v Roy, ainsi jeune comme il"' estoit lors, sa
/ cr.Vnjoii éd. Diip. — j' filz de son IVorc le conle édil. — k) L'éd. Dup. ajdufe : et luy csloil filz de sa fille, et (lue le roy Cliailes luiitiesme, dont je ])a -le. ii'esloil (jiie son neveu, filz de sa sciu- et scurdii conte du Mayne. — i avoit en fantaisie édif. — m aussi Jeune qu'il éd. Dup.
le ilur do Lorraine, le i.'-ouverneinent royal lui rendit le duché de Bar, le créa jri'and c-lianihellan a\ec -'JO.OOO francs de pension et renvoya A plus lard lexanien de la question de Provence. IJoislisle, /'.V. de \'esc, p. 23: cf. Pélicier, Leilres de (JhnrLes 17//, I, 12:5; Dupiuit, Mémoires. II. 29 i ss.
1. Marjruerile d'Anjou, fille de Ferri, comte de Vaudemont et d'Yolande d'.\njou. et sœui- de René, duc de Lorraine, n'épousa pas le vieux duc de Houi-hon. mais Hené, duc d'.\lenvon liSS Moréri .
2. Pli. de (Lomm^•nes ne fit point jiarlie du conseil provisoir-e de (Charles \'l]ï, dit (Conseil étroit, sitôt ajirès la mort de Louis .\I, mais il y enti-a lorstpie le nombi-e des membres fut portt- de do\ize à quinze. Il siégea au (Conseil dés le 2" octobre 1 183 Inveiil. des titres de la miiisnii de liourhon. Il, 502: cf. I>. Godefroy. Histoire de Charles VIII. Iiisl. in-fol., p. 39(i , et il fi;xure sui- la liste des membres ([ui fut jirésenlée aux Etats le <> février I IHl Jinirnnl de Masselin. p. 122: cf. l'rocès-rerliuur du conseil de réifenre île (^hurles VIII. p. ]>. lîei-nier, dans (Inll. des Doc. inéd.. ]S3(>, pp. riO-l.il et 221», aux dates des 27 sei)t.. lo cet. el 2Î) déc. I ISi: cf. Hibl. nat., ms. fr. 2.t"I(). n" 27, ori>;., à la date du 2r) juillet 1 IS-i . — Sui' le conseil de (Charles \'III -< consilii labyrinlhum " <. l Siu- les discussions au.xquelles il dimna lieu aux IClats (généraux, voyez Masselin, .fourunl. cité, pass. ; cf. N. \'alois. f.e conseil du roi et le (frund conseil, dans Bihl. de l'Ec. des CJinrtes. issu, et Pélicier, Essai sur le (jourernenienl de lu d;une de Beaujeu, 1 î83-I l!)!, (Chartres, lss2, in-S, p. 7s.
3. Le 11 décembre llsl, Etienne de \'esc ac(piit de .Jean II de t'.lialon, moyennant 10.000 I., les seigneuries de C.aromb et de Saint-Hi|)polyte auj. dép. de Vaucluse; ;fle Boislisle, Kl. de Vesc, p. 10 .
102 Mi:MOinr.s dk priii.ii'Pi-: dk commvnes [14SiJ
seur duchesse de Bourlx)!! • présente, à nions'" de Coniminges-, du Lau"-' et moy, que nous tensissons '^ la nitiin que il ne perdist point ceste conté de Frouvence. Et fut avant l'appoinctement dont j'ay pailé, car ces deux /' estoient dudit conseil ^.
Avant les ([uatre années passées, se trouvèrent clercs ('e Provence (jui vindrent mettre en avant certains testaments du roy Charles le premier, frère de Sainct Louys et autres roys de (^ecille, qui t'stoient de la maison de France, et autres raisons, disans ([ue non point seuUement la conté de Prouvence appartenoit audit roy ', mais le royaulme de
n] Dup. ajoute : car ces deux esU.ient aussi cki Conseil. — o tinssions éclil. — p) i. e. Comminçjes et du Lnu. Les derniers mots du pnrnf[r,'tphe sont placés, comme on ia vu. r/ue/f/wes lignes plus h.iul ds. ledit. Dupont.
1.* Anne de France, fille de Louis XI et de Charlotte de Savoie, née vers 1461, morte en 1522, mariée à Pierre de Bourbon, scifineur de Beaujeu, en 1 1" i, dirigea le gouvernement de la France et la personne du jeune roi Charles ^'1II, son frère, de 1483 à 1189 (Cf. Péliciei-, ouv. cité'. Elle ne porta le litre de duchesse de Houi-hon (jue lorsque son mai-i eut succédé au duché, à la mort du duc Jean II, l" a\i-il 1 iss. Cette partie des Mémoires fut, ainsi que l'atteste Commynes lui-niénic un peu plus loin, rédigée pendant Tannée 1 197.
2. Odet d'Aydie, seigneur de Lescun, comte de Comminges depuis 1 172 (Voyez t. I, p. 55).
3. Antoine de Castelnau (voy. t. I, p. 7(ii mourut cette année même. I,e 2 octobi'e 1 181, on le voit remplacé dans sa charge de grand écuyer par le seigneur d'Urlë l)u|)r;nt. Métnnires, 111, Table, au nom Du Lau. note .
4. (j'esl le 7 août 1181 c[ue le Cimseil statua sur les réclamations du duc de Lorraine. Le 21 septembre suivant, un traité d'alliance .'ut conclu entre les Beaujeu et lui, et. dès ce moment, le gouvernement royal, dans le but dajouruer l'examen de ses droits sur la Pi-o\ence. fit soutenir en Italie ses prétentions à la couronne de Xaplcs Delahortle. E.Tpèdilion. p. Kil .
5. Charles de P^'ance, comte d'Anjou et du Maine 1246), fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, né en 1220, mort le 7 janvier 1295, épousa Béatrix, fille de Baymond Berenger, comte de Provence et de Forcalquier. qui laissa ces fiefs à sa fille, en lui substituant le premier-né de ses enfants mâles, à défaut du premier le second, et ainsi de suite en gai-dant l'ordre de primogéniture. L'exclusion des filles l'ut sanctionnée par les testaments de Béati-ix et de son fils Ciiarles IL Mais Bobert, tils de Charles 11, n'ayant pas d'hoir mâle, institua pour son héritière .1 canne, fille de son fils Charles, duc de Calabre, prédécédé, avec la condition que le royaume de Xaples et le comté de Provence demeureraient toujours réunis dans la même main. Jeanne remit ia succession à Louis \'\ duc d'Anjou et de Touraine. tils de Jean le Bon, r<ii de France. f|u'elle adoi^la. .\ son tour, Lciuis 11, tils de Louis I", fit son héritier son tils Louis 111, avec substitution en l'axeiu- de René, son autre fils, pour le cas où Louis III décéderait sans postérité. C'est ce (|ui eut lieu, et Bené lui-même, privé d'enfants mâles, choisit pour son héritier, Charles II d'Anjou, son neveu, qui remit sa succession de Provence etscsdroits sur Xaples à Louis XI. D'autre part, René, duc de Lorraine
[l4Si' LivHi; VII, CHAPITRE i 103
Cecille et aulUvs choses possédées par la maison d'Arragon'/', et que ledit duc de Lorreyne n'y avoit riens (toutesfoizaulcuns vouloii'ut dire aultrenient) ; et se adroissoient tous ceulx là audit l^stienne de \'ers, qui nourrissoit son maistre en ce langaige, et que le roy Charles dernier mort, conte de Prouvence, filz de Charles d'Anjou, conte du May ne et nepveu du roy Heg-né, luy avoit laissé par son testament; car le roy Régné l'institua en son lieu avant mourir, et le préféra devant ledit duc de Lorreyne, qui estoit filz de sa fille : et cela à cause desdits testaments faictz par ce Carlo primo'" et sa femme, confesse de Prouvence, disant que le royaulme et conté de Prouvence ne pouvoicnt estre séparez ne aller à fille, tant qu'il y eust filz de la lignée. Et semblable testament firent les premiers venans après eulx. ([ui fut (iharles le second, audit royaulme.
<l pai- la inaisim irAnjoii èdil. — r Cliai-les pi-cmier éilil.
soulL'iiait. à l'appui de ses prétentions, que les comtés de Provence et de Forcakpiii'r étant advenus une première fois à la maison ilWnjou par une femme, la comtesse Béatrix, et une seconde fois par le fait de l'adoption de Louis de France par la reine Jeanne, le roi René avait eu tort d'en écai-ler sa fille "Rolande, cimitesse de ^'audemont. Dans un article inséré dans la lievue hisloriqnc t. X.WIII 1885 , p. 89-111 , M. \'an der [Iaef,-lien a examiné les prétentions de Charles \\\i au trône de Xaples. et il les juj;e peu justilîées pour les raisims suivantes : 1° Aux termes delà bulle par laquelle le pape Clément IV investit Charles d'Anjou de la couronne de Xaples •2 (les noues de no\t'mhi-e 1265!, seule devait être admise la succession réj,^ulière en li};:ue tlirecte ou collatérale, à l'exclusion de toute substitution, adoption ou disposition testamentaire, cl cette réserve à elle seule infirmait la validité du testament par lecpiel Charles, comte du Maine. Iransnwt à Louis XI les droits <iu'il tenait du roi Hené: 2" la même bulle d'in\ estitui-e limitait la successibilité au 1" dej;ré de parenté; or (>liarles \'III était séparé de Charles d'Anjou par un de^i'é de plus. Les droits du roi de France ont été exposés dans un mémoire conqjosé sur son ordre par Léonard Haro.nnat. c(ue (iodefroy a ])ublié dans son Ilisloire de Charles \ llf, mais le fait incontestable que, ])ar la bulle de 1265. (élément IV remit le royaume de Naples in feiulum à Charles d'Anjou personnaliler et non pas à la maison d'Anjou, et les conditions limitatives de ci'tte investiture ont été passées sous silence dans ce mémoire. M. \'an der Ilae^hen i-u a connu un autre, con^u en sens opposé et d'ori{,nne italienne, (jui fut composé en 1497 par ordre de Frédéric d'Arajjfon. roi de Xaples.
I. En 11 i2, Alphcuise \', roi d'.\rafîon et de Sicile, avait évincé Hené d'Anjou tlu trône de Xaples. Son droit à ce royaume était fondé sur son adoption par la reine Jeaniu- de Duras en I 12(1. Mais elle l'aNait déshérité quehpie tenq)s après, pour cause d inj^-i'atitude. au [)rofit de liL-nù ^Boislisle, kl. (le Ve.sc, p. 2i .
104 mi;m(iii!i;s ni: l'iiiui'i'i: ui: (.o.\i.mvm:s '"liS'î!
En co temps dcsdiles quatre années, eeulx (jui ^ouvernoient ledit Roy (qui estoi[en]l le duo et duehesse de Bourbon et uni;^ ehandjelan aj)|)ellé le seijj^neur de Grasvile ', et aultres chand)elans, qui en ce temps eurent grand règne), appellerent en court, en auctorité et crédit' ledit duc de Lorreyne pour en avoir poit et aide, car il estoit homme hardi et plus que homme de court. Et leur sembloit quilz s en deschargeroient bien quant il seroit temps, comme ilz firent quant ilz se sentirent assés fors, et que la force du duc dOrleans et [dej plusieurs aultres dont avez ouy parler, fut diminuée. Et aussi ne peurent plus tenir ledit duc de Lorreyne. les quatre ans passés, sans luy bailler ladite conté ou le asseurer à certain temps et par escript. et tousjours payer les trente six mil livres : eu quoy ne se peurent accorder, et' partit, très mal content d'eulx. de la court'-.
Quatre ou cinq moys avant son parlement de court, luy advint une bonne adventure. s'il l'eust sceu entendre. Tout le royaulme de Xaples se rebella contre le roy Fernande,, pour la grant tirannie de luy et de ses enffans, et se donnèrent tous les barons et les trois pars du royaulme à l'Eglise. Toutesfoys ledit roy Fernande, secouru" des
."Ç^ et à crédit éilit. — /, et à ceste cause édil. — u) qui fut secouru ('ilit.
1. Louis Malet, seiicneur de Montaif^u, puis de Graville. amiral de France, fjanv. 1 i,s7\ était fils de Jean Malet, seifincur de Graville et de Marcoussis. et de Marie de Moutauban. Après la mort de T^ouis XI. il prit le pai'ti des Beaujeu. Nommé conseiller et chambellan de Charles ^'III, il fut spécialement attaché par M"" de Beaujeu à la personne du roi qu'il ne quitta presque pas jus((u"en 1491. Parent des \'audemont, il contribua au rapprochement entre Anne de France et René, duc de Lorraine, qui l'ut conclu à la fin de septembre 1484. Pendant les troublesde la minorité de (Charles ^'III. Graville tint le pai-ti opposé à celui du duc d'Orléans appuyé par Philippe de Commynes. Leur rivalité a été sitiualée par .Ialifj:nv. (Cf. Perret, ?\otice hingr. sur Louis Malet. sei(]' de Graville. Paris. ISSi», in-8.i
2. C'est dans la seconde partie du mois d'août i486 que René, duc de Lorraine, se bi'ouilla avec les Beaujeu. La Guerre folle terminée, tandis que le duc, sollicité par le parti ang:evin, prenait la route de Naples, avec l'approbation de Charles "S'III lui-même, le itouvernement des lîeaujeu, assuré désormais contre les entreprises de ses ennemis, lit brusquement prononcer la réunion du comté de Provence au domaine de la cduronne ,Conipiègne, 6 octobre 1486; cf. Pélicier, E.<isai cité, p. 122 .
[i486. I.IVRK VIF, CIIAPITRK I 1 0.>
Florentins, les pressoit fort ; et pour ce le Pape ' et lesdits seiii^neurs du rovauliue qui s'estoient rebellés, mandèrent, ledit due de Lorreyne pour l'en faire roy -. Et long- temps l'attendirent des ^allées à (iennes et le cardinal de Sainct Pierre ;i<l vincula -^ ce pendant ([uil estoit en ces brouUevs de court et sur son département : et si avoit avec(|ues luy ^■ens de tous les seigneurs dudit l'oyaulme t[ui le pressoient de partir.
Fin de compte, le Hoy et son conseil monslroient en tout et partout vouloir de luy aider'", et luy fut promis soixante mille livres, dont en eut vingt mil — le reste se perdit — et luy fut consenti mener les cent lances qu'il avoit du Kov, et envoyé "" amjjassades partout en sa faveur '. Toutesfoiz le Roy estoit ja de dix neuf ans ou
V) de se viiiiloii- a\tler ù(^ luy pil. l-iJti ; de lu\ vfiulnii- ayder c'(/. Dup. — i/"i envoyer édil.
1. .Jcan-Haptislc (jbo. de Gènes, né en 1 i'.V2. évèque de Saxono, puis de Melli. eardinal 7 mai 1 17:5 . sueeéda à Sixte W sur le siètre pi)nliiical le 29 août 1 ISI. el prit le nom d'Innucent XUl. M(irt le 2ô juillet 1 1"J2.
2. Menacée dans son indépendance jiar les ]irinces Araj^onais, dont la domination était à la fois cupide et tvrannique, la noblesse napolitaine, demeurée prescjue entièrement an^e\ine de cœur, s'était soulevée, au mois de juin 1 183, contre Tautni-ilé du roi Ferdinand, bâtard de l'usiu-pateur Alpjionse d'Arajion, et contre sim fils Alphonse, duc de Calabrc. vicaire du royaume. Les rebelles ai-borérent la bannière du Saint-Sièj.'-e. alors en jrucrre avec Ferdinand, (julnnocent \'III avait excommunié, et de concert avec le |}ai)e. ils appelèrent le duc do Lorraine. A leur tète sétaient mis le prince d Altaniura. ^rand connétable. Antonello de San Severino, prince di- Salerne. i:rand amiral, le prince de Bisijînano. .Térome tle San Severino, etc. (ièncs et ^'enise siiutenaient le pajie : Milan et FUu-ence le l'oi de Naples lioislisle. AV. de Vesr. p. 11 s.: Delaborde, E.rpédilion. p. 176 s.; Buser, Die lieziehiiriffen der Mediceer zii Frankreich (1 131-1 191i, p. 2 l.î s.).
3. Julien de la Ho\ere, fils de Ha])liaël frère du ])ai)e Sixte I\', arche- \èque d'Avijj-non 21 nov. I 17.') . cartlinal de St-Pierre-ès-Liens I 17 Pi. léj;at en France (llsO . i)a])e sous le nom de Jules II (1" nov. 1003, mort le 21 février 1 J13, à làfre de 70 ans. Son frère, Jean, préfet de Rome, duc de Soia au royaume (K- Naples, comptait parmi les barons révtdtés contre Ferdinaïul il.Vraj.'-on.
1. Kn Italie, chacun satlendait à voir paraître le duc René. A Rome même, le t-ardinal de St-Pieri-e-ès-Liens, tout |)uissant sur l'esprit d'Innocent \'III. était activement secondé dans ses inlrij:ues contre la maison d .\ra^on par le cardinal Ralue. cpii faisait campa^:ne pour- le Lorrain. Une and)assade française, dirijrée par M. de Faucon, vint en Italie soutenir les droits de la maison d'.Vnjou au trône de Naples. C'était le prix de l'aijpui prêté i)ar René II au.v Reaujeu pendant la (îuerre folle. Anne de France, bien certainement, se souciait peu de le voir réussii-, mais elle tenait à l'occuijcr de telle façon qu'il fut impuissant à empêcher la réunion défi-
lUG .mi;m(»iiu:s dk piiiiji'pr: df commynks ^1486]
plus', nourry de coulx (|ue jay noinnu', (jui luy disoient journellement que ledit royaulme '' lu\- devoit appartenir (et le diz voulenliers pour ce que souvent petites g^ens en menoient grant noisej, et aussy parw aulcuns de ces ambassadeurs qui aloient à Rome, Florence, Gennes et ailleurs pour ledit duc de Lorreyne, comme je sceuz par aulcuns d'entre eux et par ledit duc propre, qui vint passer par Moulins, où lors me tenoie pour les diirerans de court avec ledit Jehan- de Bourbon, ja son entreprise demye perdue pour la lonj^ue attente. Et allay au devant de luy, combien que ne luy fusse point tenu, car il ma voit aidé à chasser de la court avecques rudes et folles parolles ~. Il me list la plus grand chère du monde, soy doulent de ceulx qui demouroient en '' gouvernement, fut deux jours avecques le duc Jehan de Bourbon, puys tira vers Lyon ^
En somme, ses amys estoient si las et si foulez pour l'avoir tant attendu que le Pape avoit appoincté et les barons, qui, sur la seureté dudict appoinctement, allèrent à Napples, où tous furent prins. combien que le Pape,
x) royaulme de Naples édit. — y) et ainsi le sceu })ar Sauv. I.eny. Diiji. — • S) ledit duc Jehan édit. — a"! au édit.
nitivc de la Pivivence au domaine royal. Commynes fut mêlé à cette aiïaire et, dans le but de réloij;ner du ])arli Orléanais, Anne sonjrea, semhle-(-il, un moment à l'envoyer en Italie, tiuoiqu"il en eut. avec le duc de Lorraine iLaurent Spineili à Laurentde Médicis. de Lyon. 13 mai 1186, cité par Delaborde. Expédition, p. 181 s.: cf. même ouv.. p. 178 s.).