Rovigo et Badia, sur l'Adige
||(î MKMOIHKS DK PHILIl'PIi DK COMMY.NKS [1492]
longne'. ïoutesfoiz, estans Vénitiens presque au dessoubz, au moins aians le pire et fort mynez d'arg-ent, et plusieurs places J perdues, appoincta ledit seigneur Ludovic à l'honneur et proufïit des Veniciens, et revint chascun au sien, fors le pouvre duc de Ferrare, qui avoit commencé la g^uerre à Icj requeste de luy et le roy Ferrand, dont'' avoit espousé la lille. Et faillutqu'il laissast ausdits Veniciens ce Poulesan, quiencores le tiennent'. Et dit Ion que ledit seigneur Ludovic en eut soixante mil ducatz : toutesfoiz je ne scay s'il lut vray, mais j'ay veu ledit duc de Ferrare en ceste créance. Vray est que pour lors il n'avoit point espousé sa liUe ; et ainsi estoit continuée ' ceste amytié entre luy et les Veniciens.
Nul serviteur ne parent du duc Jehan Galiace de Milan ne donnoit empeschement audit seigneur Ludovic à prendre la duchié pour luy que la femme dudit duc, qui estoit jeune et saige et fille du duc Alphonce de Calabre, que par devant ay nommé, tilz aisné du roy Ferrand de Napples. Et en Fan M CCCC IllP^ et treize ~ commença ledit seigneur
i) et se perdit lors qu'il faisoit la g'ucrre aux Venissicns, que luy seul esmeut : et y vint depuis le duc de Calabre, Alfonse, du vivant de Ferrand, son père, et le Sgr Ludovic pour Millan, les Florentins, le pape et Boulongne édit. — j) plusieurs autres places édil. — k) que avoit esté encommencée lad. guerre à la requeste de luy et dud. roy Ferrand, dont led. duc. Diip. — l) contenue éd. Dup.
1. Les Vénitiens avaient de vieilles rancunes contre Hercule d'Esté, et voulaient lui reprendre Ferrare, jadis jjossession vénitienne. D'autre part, Si.tte IV désirait agrandir, aux dépens du duc de Ferrare, l'apanage de son neveu Jérôme Riario, prince d'Imola cl de Forli. A la suite d'une série de conflits, le 3 mai 1482, Venise déclara la guerre au duc, que Xaples, Milan et Florence prirent sous leur protection. Le 12 décembre suivant, le pape se retirait de la lutte, traitait avec Ferrare, et Venise demeura seule contre l'Italie entière. Louis XI proposa son arbitrage et obtint (août 1 i83 qu'un congrès se réunirait à Rome pour apaiser le difTérend : mais la mort du r(ji de France interrompit les ]iourparlers. qui n'aboutii-eni que l'année suivante. Alphonse, duc de Calabre, gagna la Lombai'die et repoussa Robert de San-Severino qui commandait les troupes vénitiennes, sur le lei-ritoire de Brescia, tandis que Ludovic le More envahissait celui de Bergame (automne 1483). La Seigneurie chercha des alliés en France, en désignant Milan aux ambitions du duc d'Orléans, et Naples à celles du jeiuie roi Charles. Elle réussit enfin à traiter avec la ligue italienne la paix dite de Baanolo et garda la Polésine de Rovigo (Perret, Relations. II, 211-232',.