‹ Mémoires;Chapitre 47 sur 177 · Lisez · texte numérisé non relu

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\ii[)'2 t.ivHF VII. chapithf: mi 117

Ludovic envoyer devers le roy Charles huitiesme, de présent re<i^nant, pour le praticquer de venir en Italie à conquérir le royaulme de Napples, pour destruire et afîol- 1er cculx qui le possedoient. (|ue jay nommez, car, estant ceulx-l;t en force, neust ousé entreprendre"' ce qu'il lit tlepuis ; car en ce temps estoient forts et riches ledit Ferrand, roy de Cecille, et son lilz Alphonce, fort expérimentez au mestier de la guerre et extimez de grand cueur (combien (jue le contraire se veit despuis), et ledit seigneur est " homme très saige, mais fort craintif et bien soupple quant il a" peur (et en parle comme celuy que j'ay congneu et beaucop de choses traicté avecques luy), et homme sans foy s'il voit^' son proufïit pour la rompre. Et ainsi, comme dit est, l'an M CCCG IIII^^ XIII, commença à faire sentir à ce Hoy, jeune'/ de vingt deux ans, des fumées et gloires d'Italie, luy remonstrant, comme dit est, le droit qu'il a voit en ce beau royaulme de Napples, qu'i luy laisoit et savoit bien blasonner et louer '". Et s'adressoit de toutes choses à cest Estienne de Vers, devenu seneschal de Beaucaire et enrichy i, mais non point encores à son gré. et au gênerai Brissonnet, homme riche et entendu en finances, grand amy lors dudit seneschal, auquel il faisoit conseiller se faire presbtre et qu'il le feroit cardinal - : à

m) en force et vertu, led. Ludovic n'eust osé comprendre ne entreprendre ^(/. Dup. — n) seigneur Ludovic estoil édit. — O; avoit édit. — p) veoit i^dit. — q) à ce jeune roy Charles \IU' édit. — r] qui luy faisoit bien ijliismer et Unievédil. l-'rJS, Dup. C7i. La leçon de noire ms. est celle adoptée ]),ir Sauvage et ses successeurs. Hlasonner a ici le sens (/e décrire avec éloge. (Jf. lAlIré. nu mol.

1. Fllienne de Vesc abandonna la sénéchaussée de Carcassonne pour celle de Keaucaiie et de Nîmes le 3 mars 1491. — Sur les faveurs que lui prodigua (Charles \'11I et ses nombreuses acquisitions territoriales en Dauphiné, dans la principauté d'(Jrange, en Provence et dans l'Ile-de-France, voyez Hoislisle, onr. cilé. j). 15 s.

2. L'opinion généiale fut que Briçonnet n'entrait dans les ordres qu'avec l'assurance de s'élever rapidement aux plus hautes dignités et dans le but de garder sa fortune contre des revers possibles. Le 21 juillet li9.T, Délia Casa écrit qu'il obtiendra probablement le chapeau s'il le veut, car c'est un des |)rincipau.\ parmi ceux qui gouverncnl le roi Desjartlins, ouv. cité, I, 2.'<9,. Cf. une chanson populaire, citée p. de Maulde, Hisl. de Louis XII, \" p.. III, H : (I S' Malo, d Uiphé et Beaucaire. | Ne vous fera l'on jamais

IIS MÉMOIUKS DK PIIIfJl'I'E DE CO.MMVNKS [1 iî)2j

1 aulrcî luuchoit d'une duchié '. Et pour cominoiicer à conduire toutes ces choses, envoya une grand ambassade devers le Roy à Paris, ouditan, dont estoit chief le conte de Gaiace, lîlz aisné dudit Robert de Sainct Severin, dont j'ay parlé; lequel trouva à Paris le prince de Salerne, dont il estoit cousin 2^. comme dessus j'ay dict, car celuy là estoit chief de la maison de Sainct Severin, et estoit en France, chassé du roy Ferrande, comme avez entendu par avant, et pourchassoit ladicte emprise de Napples. Avecques ledit conte de Gaiasse estoient le conte Carie de Beljoieuse ^ et messire Galiace Viconte *, Milannoys lous deux, et estoient* fort bien acoustrés et acompaignés. Leurs parolles en publicque n'estoient que visitations et parolles assés g-eneralles ; et estoit la première ambassade grande qu'il eutenvoj^é devers ledit seigneur ■'. Il avoit ]>ien

s) tous deux estoient édit.

taire | De Naples guyder le voyage? | Que le grant dyable ou malle rage | Vous puisse les bouches retraire ! | Assez scavez qu'il est contraire | Au royaume ; mais pour actraire | Le cliappeau, vous guydez raflaire | Sainct Malo .. !

1. M. de Boislisle oiiv. cité, p. 33-42) s'élève avec quelque force contre cette assertion de Commynes, et ce passage ayant été écrit en I 597. c'està-dire après que Charles VIll eut donné à son favori les duchés d'Ascoli et de Nola, il reproche à notre auteur de vouloir faire prendre au lecteur « l'eftet pour la cause ». D"a]îrès lui, un homme comme de \'esc, comblé de faveurs en France, ne se fût pas laissé entraîner dans une enti-eprise aussi " laborieuse » par le seul appât d'un duché en Italie. C'est une opinion, mais, à notre connaissance, aucim document n'infirme les dires de Commynes.

2. Ils appartenaient à deux branches différentes issues d'Antoine de San-Severino, comte de Marsico, dont le prince de Salerne était séparé par ti'ois degrés et le comte de Caiazzo par quatre. La parenté était donc assez lointaine.

3. Charles Balbiano, comte de Belgio.joso, fils de Louis II, comte de Belgiojoso, et d'Eléonore, fille du comte Itaphaël Mandelli, épousa Catherine A^isconti, fille du comte Pieri-e-François A'isconli.

4. Galéas ^'isconti, docteur en droit, sénateur ducal, comte de Busso et de Piola, fils de Guido Visconti et de Leonora de Rotariis (Lnholl'. Uistoria liai, et Ilispan. (iene.il.. p. 192-)!»3. Cf. la notice de M"" Duponl. Méiiioireu, II. 312 n., d'ap.Litta. Fami(jlie celebri (h Ilalia, fam. Visconti, lav. X^'II).

5. Le 24 janvier 1492, le duc de Bari avait obtenu, au prix d'elTorts persévérants et de promesses savamment répandues dans l'entourage de Charles \'III, le renouvellement du traité d'alliance qui unissait l'état de Milan à la couronne de France. Le 23 février suivant, .leiin- François de San-Severino, comte de Caiazzo. le cumle Ciiarles de Belgiojf)so. .léromc TuttaviUa et Galéas Visconti furent chaigés daller en i-emercier le roi de

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l'iivové pai" aviiiil ung' secrétaire pi)ur traicter qui' le duc lie Milan, son nepveu, fust receu à Ihommaig-e de Gennes par procureur*, ce qu'il fut et contre raison; mais bien luy pouvoit le Roy faire [ceste] g^race que de commettre quolcun à le recepvoir, car luy estant en la tutelle de sa iiiere, je la receuz en son chasteau de Milan -, comme aiaiit la tutelle de son lilz, moy estant ambassadeur de par le feu roy Loys, et aiant charge expresse à ce faire. Mais lors Gennes estoit hors de leurs mains, et la tenoit messire Baptiste de Campe Forg-ouse'. Maintenant que je diz, ledit

France, avec mission de lui porter les félicitations du More à l'occasion de son mariage avec Anne de Brelag-ne. Telle était leur instruction oflicielle, mais ils devaient surtout s'cITorcer dobtenii' Tiidniission personnelle de Ludovic dans le traité d'alliance. Les ambassadcui's arri\èrenl à Paris le 26 mars et quittèrent cette ville le 5 mai suivant; mais Bela^iojoso demeura en France en qualité de ministre résident du };ou\ernement de Milan (Delaborde, Expédilion, p. 2i() s.> Maljiré les termes de l'instruction oflicielle remise à t^aiazzo au nom du duc Jean-Galéas : « Vous oll'rirez au roi notre état avec toutes nos ressources, nos gens d'armes et jusqu'à notre illustrissime oncle », M. Delaborde (p. 236 s.) se fonde sur le silence des instioictions secrètes pour contester que Ludovic ait fait dès cette époque H remontrer » à (Charles \'I1I » le droit qu'il avoit au royaume de Naples ». Mais, d'autre ])art, si l'on considère que le véritable objet de la mission était d obtenir du frouvernement français qu'il s'engageât à maintenir le More à la tète des affaires et à le soutenir contre le roi de Naples et ses alliés, que la conquête de Naples était l'idée dominante du jeune l'oi et de ses favoris, et que le prince de Salerne, réfugié napolitain, fut présent aux entretiens qui suivirent la réception des ambassadeurs, on se demandera s'il est vraisemblable que le sujet de 1' " entreprise » ne fut pas abordé. Telle était bien l'imprcssinn de ceux qui axaient intérêt à se renseigner, témoin ce passage d'une lettre de Laurent Spinelli à Laurent de Médicis : <• Le seigneur Ludovic fait tous ses efforts pour conclure avec le loi une ligue particulière. 11 voudrait que le l'oi promit de le soutenir envers et contre tous: e conprendo U furehhe (jualche j/ros.so purtilo quiindo (fuestit cosh si f'iiciesiii in Jiiionn forma. » De Lyon, 15 avi-il 1492, dans Hiiser. Beziehunf/en, p. 535. j Quel " grand parti » Ludovic pouvait-il bien offrir au roi de France sinon la conquête de Na|)les ?

1. Les instructions d Erasnio Hrasca, secrétaire ducal, portent la date des 2'i et 25 octobre 1490. («race à S. 000 ducats promis aux conseillers les plus influents du roi de F'rance, Bi'asca et Amé de ^'alpcrgue furent autorisés à prêter à (Ihai-les VIII, à Moulins, l'Iionmiage (|ue le duc de Milan lui de\ait pour Gênes. La letti-e d'inxestilure l'ut apportée à Milan, le 11 avril 1 S9I. par une ambassade française dirigée par Béi-aud Stuarl d'Aubigny, en échange d'une somme considérable que le gouvernement milanais s'engagea à verser au roi de France « pour ses gueri'cs » ^Delaborde, Expédilion, p. 220 et 223;.

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