‹ Mémoires;Chapitre 59 sur 177 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

'■ ("était Zorzi Pisani. 11 avait été reçu, le 3 octobre, à Asti, par Charles \III, qu'il salua « nomine dominii » (Sanudo, p. 89 s.).

il en desplaisoit au duc el à la seigneurie de ^'enise, et me deniandci'cnt si le Roy ne tiendroit ])oinL pour l'enfant; et combien que la chose fust raisonnable, je le leur mys en doubte, veu Tairaire que le Roy avoit dudit Ludovic.

[Chap. VIII.] Fin de compte, il se fit recepvoir pour seig^neur ' ; et fut la conclusion, comme plusieurs disoient, pour quoy il nous avoit fa ict passer les monts, le chargeant de la mort dudit nepveu ^ dont les parens et amys en Ytalie se mettoient en chemin pour luy oster le gouvernement ; et l'eussent faict aiséement, si neust esté Talée du Roy, car ja estoient en Rommaigne, comme avez oy. Mais le conte de Gaiasse et mons'' d'Aubigny les faisoient reculer, car ledit seigneur d'Aubign\- estoit renforcy de^ cent cinquante ou deux cens hommes d'armes françoys et d'un nombre de Suysses, et se reculloit ledit don Ferrande vers leurs amys '^ ; et estoient '' demye journée ou envyron devant

q) esloit en force de édit. — 7'^ estoit éd. Dup.

1. Le 5 septembre 1494. Maxiinilien avait secrètement accordé à Ludovic l'investiture du duclié de Milan pour lui et pour ses descendants màlcs. ce qui, au point de vue impérial, était strictement régulier. Le 17 novembre de la même année, le More, après avoir consulté son astrolop:ue, Maître Ambrosio. ainsi qu'il ne manquait jamais de le faire, afin de savoir si les astres étaient favorables, décida de s'intituler <( Ludovicus Maria Sforcia, An^lus, dux Mediolani, Papite An^ileria-que comes ac Genua? et Cremona; dominus » iSanudo. p. 11". Le 19, les A'énitiens envoyaient à Milan Sébastien Badoer et lîenedelto Trevisan pour le féliciter. Leurs scrupules n'avaient pas été de loniiue durée.

2. Telle fut en elTet l'opinion commune à cette époque (cf. P. Malipiero. Annali veneli. dans VArchivio stor. ilul., 1" sér., t. VII. p. 3201; mais Maficnta 1 Visconti e ijli Sforza, I. p. 334) a démontré que le jeune prince était malade depuis plus d'un mois, et que les traces de poison eussent dillicilement échappé aux c[uatre médecins disting-ués qui ne quittaient pas le chevet du duc et i\u\ ont noté soiijneusement tous les svmptômes de son mal. Depuis son enfance. Jean-Galéas était sujet à des accès de fièvre : il était de plus fort imi)rudent. et se li\'i'ait à des excès de tout jienre. Dans les derniersjours de sa \ie. en jiroie à une dysenterie violente, il dévorait en cachette des pommes (ju'il cachait sous son oreiller! Ni lui, ni son entourajrene semblent avoir soupç(mné Ludovic d'un criminel attentat.

3. Comme on la vu plus haut p. I3(i , d'Aubiiiny, à la tète d'une t;rosse bande de Suisses. d'Ecossais et de gens d'armes i'ranvais. s'était mis en marche pour rejoindre en Romagne, au ct)mmencement d'octobre (Sanudo, p. 92 s.), Jean-François de San Severino, comte de Caiazzo et son corps d'armée Milanais. Leurs forces réunies s'établirent à « la fosse Giliole », sur la frontière du Ferrarais. pour y attendre le duc de Calabre. Celui-ci, ayant ([uitlé Citta di ('astello. dans la haute vallée du Tibre, avait passé la montagne, et, renforcé par G. 000 piétons, levés en Romagne

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noz irons. Kt tirèrent vers Forly, dont estoit dame une bastarde de Milan, velVe du conte Jheroninie, qui avoit esté .nepveu du pape Sixte, ou l'on le disoit % lacjuelle tenoit leur parti '. Mais noz g-ens luy prindrent une petite place dassault, qui ne lut batue que demy jour-, pour quoy elle se tourna, avecques le bon vouloir qu'elle en avoit ^ Et de tous coustés le peuple d'Italie commença à prendre cueur et desiroit noùvelletés, car il/, voioient choses qu'ilz n'avoient point veu de leur temps, car ilz n'entendoient point le faict de l'artillerie, et en France n'avoit jamais esté si bien entendue. Et se tira ledit don Ferrande à Sesanne, aprouchant du royaulme, une bonne cité qui est au Pape, en la marcque d'Anconne *. Mais les peuples ' leur destroussoient leurs sommiers et bag'ues, quant ilz les trou-

s) ou le disoit édit. — t) mais le peuple elc, édil.

et dans le Hulognais, et par les conting:ents du duc d'Uibin et de Jean Sforza, il se portait au nord dans lintenîion de livrer bataille à ses adversaires avant larrivée du roi de Fi-ance (milieu doctobrel. Mais la condition de son armée était mauvaise et, en l'ait, des deux cotés on s'en tint aux escarmouches. Ferdinand linit par se retirer sous les murs de Faënza. où il se fortifia, en attentlant des i-ent'orts qui devaient lui arriver d'AUemaj^ne (Paul Jove. trad. Sauvage, I, 31).

1. Calarina, fille naturelle de Galéas Sforza, veuve depuis 1488 de Geronimo Hiario. neveu du pajie Sixte IV, qu'elle avait épousé en 1477. gouvernait Forli et Imola au mun de son iils Otlaviano. C'était une femme forte, une sorte de vira^^o. d'après M. de Maulde (Jhron. de Louis A'//, I. 120). Au mois de juin 1191, l'ambassadeur de Pierre de Médicis, Puccio Pucci insistait auprès d'.Vlexandre \'l. afin qu'il attirât la dame d'imola tlans le parti aragonais <• perché quelli stali sono gaf^liai-di ». Elle hésita quelque temps, à l'exemple de son voisin de Bolojrne, Hentivofrlio, mais linit par se ran^-^er parmi les adversaires des Ultramontains (Desjardins, .\é(jociiition!t. 1, 492 .

2. Mijrdano. une petite place du comté d'imola, défendue par Marino Mercatelii pour Catherine Sforza, canonné dès le 20 octobre, refusa de se rendre sans conditions et fut pris d'assaut. La garnison fut massacrée et c'est à peine si l'église et quelques maisons furent épargnées (Sanudo, ouv. cite. p. 95).

3. Le 23 octobre, le podestat d'imola vint au camp des alliés négocier un arrangement au nom de la dame d'imola et de P'orii, que les habitants d'imola avaient décidée à se soumettre. Le 25. elle fit crier à Imnla son alliance avec le duc de Milan et les Français Sanudo, ouv. cité, p. 96 ss.).

4. Le 21 octobre, le duc de Calabre avait demandé une trêve de six jours, (jui lui fut refusée. Il quitta F"acnza le 24, et se i-etira sur (]escna 'Sesanne', entre P'orli et Himini Sanudo. ouv. cité. p. 96 ss. . Il réussit à s'inti-oduire dans la place en dépit des habitants. De là il continua sa retraite sur Home, tandis que d'Aubigny, franchissant l'.Vpennin, allait rejoindre Charles \'I1I en Toscane ,P. Jove, trad. Sauvage, I, 40 s.}.

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voient a part; car, par toute Ytalie, ne desiroient que à se rebeller, si du costé du Roy les alTaires eussent esté bien conduictz et en ordre et sans pillerie : mais tout se faisoit au contraire, dont jay eu g-rand dueil pour Ihonneur et bonne renommée que pouvoit acquérir en ce voyage la nation de France, car le peuple les" adouroit comme saincts, estimant en nous toute foy et bonté. Mais ce propos ne leur dura gueres, tant pour nostre desordre et pillerie, que aussi les ennemys preschoient le peuple en tous cartiers, nous chargeans de prendre femmes à force, et l'argent et aultres biens où nous les povions trouver. De plus grans cas ne nous povoient ilz charger en Ytalie, car ilz sont jaloux et avaricieux plus que autres. Quant aux femmes, ilz mentoient, mais du demeurant il en estoit quelque chose '.

[Chap. IX. j Or ay je laissé le Roy à Plaisance, selon mon propos, où il fît faire service solempnel à son cousin germain le duc de Milan. Et si croy qu'il ne scavoit gueres aultre chose que faire, veu que le duc de Milan nouveau estoit parti de luy. Et m'ont dit ceulx qui le dévoient scavoir que la compaignée fut en grant vouloir de retourner pour doubte, et se sentoit mal pourveue : car d'aulcuns

n) nous advouoit édit. Saiiv. a donné en var. adoroit.

1. Cest pendant la marche triomphante des Français en Luniiriane fin d'octobre-commencement de novembre 1494 que le pillage commença. Sanudo ouv. cité. p. 106) très partial, il est vrai, contre les « Barbares ». prétend que les Français ramassèrent dans cette province de 40.000 à 50. 000 ducats de butin. Il est enraiement fort explicite quant aux débauches qui siirnalèrent le séjour du roi à Lucques. ^■ille amie cependant (8-9 novembre et il accuse formellement CiiarlesA'lII d'avoir donné le mauvais exemple. Dans une lettre écrite de Venise au duc de Milan, le 27 novembre 1494. Commynes s'exprime comme suit : « Le bruit court par les grens de la ville que depuis que le roy est à Florence, qu'il leur a osté toute liberté et que es maisons où noz ijens sont logiés l'on fait des choses mal faictes touchant femmes. Mais je scay bien que tout cela se trouvera mensonge et ne m'y arreste point » Kervyn. Lettres et négoc. II, 149 : cf. Delaborde, Expédition, p. 441 . Quant au roi, on peut sans doute appliquer le dixlinguo du chroniqueur vénitien <■ Era de' piu lascivi uomini délia Francia.. benchè.. avea grandissima awertenza di non toccare la moglie daltri. >> Le reste : << Tamen moite volte ha usato ancora tirannia di prendcre le vergini e le altrui mogli, quando la bellezza il dilettava » n'est peut-être que calomnie ^Chronicon venetum, ap. Muratori, t. XXIV, c. 33).

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qui avoient premier loué le voyag-e, le blasmoient, comme le grant escuier, seigneur dlJrfé (comi)ien qu'il n'y fust point, mais estoit malade àGennes). Escrip[vi]t lettres donnant grand souspeçon, disant avoir esté adverti — mais, comme ay dict en d autres endroitz, Dieu monstroit conduire l'emprise — et eut le Roy soudaynes nouvelles que le duc de Milan retourneroit, et aussi quelque sentement de Florence, pour les inimitiez que je vous ay dictes, qui estoient contre Pierre de Medicis, qui vivoit comme s'il eust esté seigneur, dont estoient de ses plus proches parens et beaucop d'autres gens de bien (comme tous ces Cappons, ceulx de Sodoriny, ceulx de Nerly et presque toute la cité) ' envieux. Pour laquelle cause ledit seigneur partit, et tira aux terres des Florentins pour les faire declairer pour luy ou pour prendre de leurs villes, qui estoient foibles, pour si povoir loger pour l'iver qui ja estoit encommancé. Et se tournèrent plusieurs petites places, et aussi la cité de Lucques ennemye des Florentins -, et firent tout plaisir et service au Roy. Et avoit tousjours esté le conseil du duc de Milan à deux fins, à lin (juon ne passast point plus avant de la saison '^ et aussi qu'il esperoit avoir Pise, qui est bonne et grant cité, Seresanno et Piètre Sancto. Ces deux avoient esté des Gennevois, n'y avoit gueres de temps, et conquis sur eulx par Florentins, du temps de Laurens de Medicis ^.

Le Roy print son chemin par Pont de Trémolo, qui estoit au duc de Milan ', et alla assiéger Seresanno, très fortchas-

1. Les Capponi, les Sodcrini, les Nei-Ii. Sur les Soderini cf. !.. Passcrini Faini(jlie celehri iUtlinni. disp. lil : I Soderini di Firenze, Milan, ISfjl.

2. I.e {fiiuverneinent de Florence avait tenté vainement de détourner les Lucquois d'envoyer une ambassade à Plaisance iiour ollVir au roi de France letir cité et son territoire tout entier (Deiaborde, Expt'dilinn, p. i21, 431).

3. Le 12 septembre, Ludovic écrivait à Taddeo Vinurcali. son ambassadeur à Venise, d'informer la Seigneurie que sui- les instances de la {grande majorité des seigneurs de l'entourage du i-oi de France, il avait exhorté ce dernier à reprendre la route de son royaume (Arch. de Venise, Sen. Secr.,

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