I. 8 novembre
[1494] i.ivRi: VM, nrAPiTRE x 161
Ledit Pierre de Medicis, sans le scavoir 'mais bien estoit en double), va vers le Palays, pour parler de l'arivée "' du Uoy, qui estoit encores à trois millets] près. Ktavoit sa g^arde acoustumée avecques luy, et vint hurter à la porte dudit Palays, laquelle luy fut refusée par un^;;- de ceulx de Xerly ', (jui estoient plusieurs frères (et l'ay bien conj^^neu-'' et le père), très riches hommes, disant qu'il y entreroit luv seul, s'il vouloit, mais aultrement non ; et estoit armé celuy qui faisoit ce relFus. Incontinent retourna ledit Pierre k sa maison et sarma. et-v ses serviteurs, et fît advertir ung' appelle Paul Orsin=^'-, qui estoit à la soulde des Florentins, car ledit Pierre, de par sa mère'', estoit des Orsins, et tousjours le père et luy en avoient entretins aulcuns de la maison :» leur soulde; et délirera de résister, ou partir-^ de la ville. Mais tost'' oyt crier par tout : « Lihcrlal Libéria'' 1 » et vif' le peuple en armes : et ainsi partit'' de la ville, comme bien conseillé, o /" l'aide dudit Paul Orsin ^, qui fut une piteuse départie pour luy, car en puissance ff il avoit esté esgal '' aux i^rans princes, et luy et ses predeces-
u' armée dans le ms. — x) que j'ay bien congneus éd. Dup. — y) luy et édil. — z) Ursin édil. — a résister aux partisans édil. — h) Mais tost on édil. — c Liberté, liberté édit. — dj vint édil. — e) partit léd. Pierre édit. — fj k édil. — r/ en puissance et en biens édil. — h quasi é^al édil.
1. Jacopo di Tanai de' Xcrli, '< un jeune iioninie ardent » Villari, Savonarola. I, 22»).
2. Paul Orsini, marquis de Tripalda, seigneur de Lamcntana, fils naturt'l et héritier de J.atino Orsini, cardinal (20 décembre 11 i8 -j- 1477;. Paul Oi'sini moiu'ut. étranglé par ('ésar lîorgia, lelS janvier 1503. II avait épousé N. del \'alle 'Imliolï, Geneal. vif/inli illuslr. in Italia familiar., cit., p. 314- 315. et Litta, ouv. cilé. famille Orsini).
3. Clarice Orsini, fille de Jacques Orsini, seigneur de Monterotondo, et de sa seconde femme. Madeleine Orsini, lille de Carlo, seigneur de Bracciano, épousa, le 4 juin 1 !*>!». Laurent de Médicis. et mourut le 30 juillet 1 IHS. Pierre de Médicis avait épousé, lui aussi, une Orsini, Alfonsino, fille de Hobcrl, comte d'Alba et de Tagliacoz/o, et de Catherine de San Severino (Litta, ouv. cité, famille Orsini : A. de Reumont, Lorenzo il Magni/ico, 1. p. 270, 277, 355 s.).
i. Orsini avait avec lui .")00 cavaliers et occupait la porte San (Jallo. C'est par là qu'après avoir vainement essayé de soulever le i)euple en sa faxeui-, Pierie s'enfuit sous un déguisement, avec ses fières, le cardinal Jean et Julien de Médicis 9 novembre . Il gagna Bologne d'abord, où Bentivoglio l'accueillit froidement, puis \'enisc (Sanudf>, Spedizione. p. lo7 ss.; ilTlrail du Priorisla de (iaddi. ouv. cil., p. 45, et Delaborde, /•expédition, p 4 i3 ss.;.
De Masdrot. — Mémoires (le f'/iilippe de Comoii/net. — 11. 11
Mi'2 MKMOIRi:S DR PHI(,IPPR DE COMMYNES [1494]
Beurs, (le[)uis 0)smc, qui fut le chief ; et ce jour se mist à courre fortune ' et perdit hoiuu'ur et biens. Et j'estoie k Venise, et par l'ambassadeur (lorentin estant là sceu ces nouvelles, qui bien me despleurent, car javoys aymé le père. Et s'il me eust voulu croire, il ne luy fust point ainsi mesadvenu ; car, sur l'heure que je arrvvay à Venise, luy escripvitz et offris l'appoincter, car j'en avoie le pouvoir de bouche du seneschal de Beaucaire et fji'eneral : et eust esté •content le Roy du passaige, ou à pis venir, d'avoir Libourne ' entre ses mains et faire toutes chouses c{ue Pierre eut sceu demander. Mais il me respondit comme en mocquerie, par le moyen de ce sire Pierre ' que j'ay nommé ailleurs. Ledit ambassadeur^ porta le lendemain lettres à la Seig-neurie de par ses seigneurs-', contenant comme il avoit esté chassé pour ce qu'il se vouloit faire seigneur de la ville par le moyen de la maison d'Arragon et des Orsins, et a[sjsés aultres charges qui n'estoient point vrayes. Mais telles sont les adventures du monde que celluy qui fuyt et pert ne trouve point seullement qui le chasse, mais ses amys tournent ses ennemys, comme fît cest ambassadeur nommé Paul Anthoyne Soderin, qui estoit des saiges hommes qui fust en Ytalie. Le jour devant m'avoit parlé dudit Pierre, comrrie s'il eust esté son seigneur naturel, et à ceste heure se declaire son ennemy par commendement de sa Seig-neurie; mais de soy ne faisoit nulle déclaration.
Le jour après, sceu[t] '' comme ledit Pierre A^enoit à Venise et comme le Roy estoit entré en grant triumphe à
:i) à luy courre sus fortune édit. — j) Ces 4 derniers mots sont omis par les édil. — k) Je sceus èdil. Il ne parait pas douteux, vu ce qui précède et la suite, que ce verbe a pour sujet non pas Commynes, mais P.-A. Soderini.