‹ Mémoires;Chapitre 64 sur 177 · Livourne · texte numérisé non relu

Livourne

2. Pierre Capponi, d'après Lenglet et Dupont (cf. ci-dessus p. 143), ou plutôt Pierre Soderini, dont il a été question p. 139, et que Pierre de Médicis avait envoyé en France avec l'évcque d'Arezzo.

3. Paul-Antoine Soderini, né en 1448, gonfalonier de justice en 1497 (Dupont, II, 359 ; cf. Passerini, Famiglie celebri , suite de Litta, famille Soderini^.

[14941 LIVRE vu, CHAPITRE X 1()3

Florence ; et luy mandoient ' ({u'il {srint confié de ladite Seigneurie et qu'il s'en retournast, et qu'il failloit qu'ilz navi^eassent "' avecques ce vent [ei veis la lettre, car il la me inonstrai, et s'en partit. Deux jours après vint ledit Pierre en pourpoint, ou avecques la robbe d'ung^ varlet ' ; et en «jrand doubte le recep voient " à Venise, tant craignoient à desplaire au Rov. Toutesfoiz ilz ne luy pouvoient refuser par raison, et desiroient bien sentir de moy que le Roy en disoit : et denioura deux jours hors la ville -. Je desirois à luy aider, et n'avois eu nulle lettre du Roy contre luy ; et diz que je croyoie sa fuicte avoir esté pour craincte du peuple, et non point du sceu'\du Roy. Ainsi y/' vint : et l'allay veoir le lendemain (ju'il eut parlé à la Seigneurie, qui le firent bien loger et luy permisdrent de porter armes par la ville et quinze ou vingt serviteurs qu'il avoit. c'est assavoir espées; et luy firent très grant honneur, combien que Cosme, dont ay parlé, les garda autresfoiz d'avoir Milan -^ : mais non obstant cela ilz l'eurent en reverance pour l'honneur de sa maison'?.

Quant je le veis, me sembla bien qu'il nestoit point homme pour ressourdre ''. Me compta au long sa fortune, et à mon pouvoir le reconfortay. Entre aultres choses me compta comme il avoit perdu le tout, et, entre ses aultres malheurs, ung sien facteur estant en la ville, vers qui il avoit envoyé pour avoir des draps pour son frère et luv et

/ t't mandoient aud. ambassadeur édit. — ni' qu'il navi^east édit. — n le receureni édit. — o^ et non point de celle édit. — p^ Ainsi il vint édit. — f/' ils l'eurent en rcnicmbrance jiour l'honneur de sa maison, qui a\ oit esté en si frrant Iriumphe et renommée par toute la c^estienté édit. — r homme pour rcspondre édit.

1. Pierre et Julien de Médicis, avec Paul Orsini cl une suite de trente à quarante personnes, arrivèrent à Venise dans la nuit du 17 au IS novembre 1 194. >• vestiti incopniti con curacine indosso. » Ils descendirent au palais de (ieronimo Lippomano del Banco Sanudo, Spedizione, p. 121 : cf. Taddeo Vimercali au duc de Milan, de ^'enise, le 18 novembre, dans Kervyn, Lettres et .\é(joc.. cit.. II. 1 16 .

2. Ce qui explique que Malipicro ,ouv. cit.. p. 321 donne la date du 14 novembre comme celle de l'arrivée de Pierre de Médicis.

.3. A l'époque de la jjuerre de la succession du duché de Milan, terminée par la paix de Lodi 26 janvier 1455).

\6i MÉMOIKKS DF. PlllMl'PE DK COMMYNES [149iJ

ledit Paul ', pour cent ducatz seullement, et il luy refusa. Tost après eut nouvelles par le moyen de nions"" de Bresse, t depuis duc de Savoye, et luy escripvoit le Uoy aller (ievers * luy : mais ja estoit ledit seigneur parti de Florence, comme je diray. A ceste heure * ung peu m'a faillu parler de ce Pierre de Medicis, qui estoit grand chose ', car soixante ans avoit duré ceste auctorité si grande (jue plus ne povoit.

Chap. XI. Et " entra le Roy le lendemain en la cité '" et luy avoit ledit Pierre faict habiller sa maison -. Et ja y estoit le seigneur de Balsac -^ pour faire ledit logis ; i('(|uel, (juant il vit"" la fuyte dudit Pierre de Medicis\ se print à piller tout ce qu'il trouva en la maison, disant que leur bancquier'" à Lyon luy debvoit grant somme d'argent. Et entré aultres choses print une licorne entière, qui valloit

s) comme jedisoye à ceste heure éd. Dup. La leçon de notre ms. indique que les mots ledit seigneur s'appliquent à Charles VIII et non à Pierre de Médicis. — t\ grant chose veu son estât et auctorité èdit. Dup. ; Siiuv. et Lenglet ont reporté cinq lignes plus haut, après refusa, toute cette fin de phrase, depuis qui estoit. — u IL eût mieux valu commencer le chapitre avec la phrase précédente. — r cité de Florence édit. — iv] quant il sceut édit. Dup. — j) leur banque édit.

~ 1. Paul Orsini.

-2. 17 novembre 1494. Ciiarles A'III était escorté d'une douzaine de mille hommes, et fut salué du cri " Ben vegna el liberator et restaurator de la libertà » ;Sanudo. Spedizione. p. 135) ! Angelo Ghivizzano écrit, ce même jour, au marquis de Mantoue. F'rançois Gonzague, que le roi de France était <> tanto desiderato da questo populo quanto uno deo in terra » .\llilio Portioli. yuovi documenti su G. Savonarola. dans.4rc/i. stor. lombardo. I, p. 330 ss. . Charles ^'I1I devait primitivement se loger dans la maison de Loi-enzino de Médicis. et il en avait informé Pierre : mais celui-ci, qui se méliait de son parent et du peuple de Florence, avait fait préparer sa propre maison» On alla jusqu'à prétendre que c'était un piège tendu au roi Lettre d'Angelo Ghivizzano. cit. .

3. Notre ms. fournit la forme véritable de ce nom. que tous les éditeurs des '• Mémoires ». et d'autres après eux. ont imprimé Balla-^sal. Sauvage pourtant avait observé, dans une note marginale, que » aucuns, se disans bien congnoistre la maison •> de ce personnage, le lui avaient nommé Halsac. Il s'agit bien en elTet de Robert de Balsac. seigneur de Rioumartin, d'Entraigues et de Glermonl-Soubiran. fils de Jean de Balsac et d'Agnès de Chabanes et mari d'Antoinette de Castclnau. Capitaine de 50 lances, conseiller et chambellan du roi, sénéchal d"Agenais et de Gascogne dès le règne de Louis XI. il venait d être nommé gouverneur de Pise par Charles VIII. Robert de Balsac testa le 3 mai 1503 Cf. P. Anselme, II, 437 : Chron. Scand.. II, 152 et pass. : Vaesen, Lettres de Louis XI, II. 183 n. ; Tamizev de Larroque, dans Uev. des langues rom., 3' série, XVI, 276-309; Bibl. nat., mss. fr. 16837, fol. 83-87, et 26095, n" 1358, et ci-après liv. VIII, ch. IV.

rii9ij LIVRE VII, CHAPITRE XI 165

six OU sept mil ducatz, et deux j^rans pièces d'une aultre •, et plusieurs aultres biens. D'aultres lirent comme luy. En une aultre maison de la ville avoit retiré tout ce qu'il a voit vaillent : le peuple pilla tout. La Seigneurie eut partie des plus riches bagues et quelzques •'' vingt mil ducatz content qu'il avoit en son banc en la ville, et - plusieurs beaux potz d'agathe, et tant de beaux camaieux bien taillez ((ue merveilles, que autresfoiz avoiz veuz •', et bien trois mil médailles d'or et d'argent, bien la pesanteur de quarente livres ; et croy qu'il n'y avoit point autant de belles médailles en Ytalie. Ce qu'i perdit ce jour en meubles en la cité, valoit cent mil escuz passez '.

1/ quelzques est ninis jtar les édil. — z .Xotre nm. donne en. mais nous jiiél'érnns lu leçon de l'éd. de /.5s'.s'.

1. La corne de la licorne, animal fabuleux nnmmc aussi unicorne, était soil une corne d'antilope oryx, soit, le plus soiuent. la dent de la mâchoire supérieure d'un narval. Celle dent, qu on trouvait parfois sur les plafjcs <le la mer du Nord, est formée dune sorte d'ivoire, droite, tournée en spirale, et souvent loujiue de plusieurs pieds. .\u M<i\en-Aire, on s'imaj;inail que celte « corne de licorne » avait la propriété de déceler la pi"csence du i)oison dans les mets. C'était un objet si rare que seuls les rois ou les ftrands personnaj^cs pouvaient posséder une " licoi-ne » entière. On l'enchâssait dans l'or ou l'arj^'ent. Rranlome parle d'une <i corne » de 5.000 écus. et d'Aubi^Mié. dune autre de S.OOO. Cf. De Laborde. .\olice des émaux, bijoiu et objets divers erposés dans les ijaleries du Lonvre, Paris. iNo.S, in-s°, t. H. (îlossaiie. au mut Licorne, p. 369 ss. ; cf. Litlré, Diilinnnnire. au même mot.1

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