‹ Mémoires;Chapitre 65 sur 177 · En I47X ; cf. ci-dessus, p. 27 ss · texte numérisé non relu

En I47X ; cf. ci-dessus, p. 27 ss

'^. Sur le musée fondé ])ai- ('osme de Méilicis. a\ec le concours de Donatello. développé par Piei-re I, et porté an plus liant de}iré de la splendeur par Laui-ent le Maf;nilli|ue. consultez les clia|)itres consacrés à cette merveilleuse collection par Muntz, dans ses Précurseurs de la Renaissance, Paris, ISK2. in-fol. La jrly|)tique y formait la section la pins riche. Elle cfimprenait de nombreux vases en |:)iei're dure montés en métal précieux, ■des camées, des intailles. Le médaillier lenfermait plus de 2.3tM) ])iéces. et la hibliolhè(jue (ilusieurs milliers de maiiuscrils. L'ne partie de ces trésors pi-ovcnait de la collection du pape Paul II. vt-ndue à Laurent ])arSixle IV, en 11";!. Muntz observe [t. 211-221 (pie le récit donné par Paul Jove du pilla};e des collections Médicis dill'ère ((uelcpie peu de celui de Conmiynes. b après cet auteur, le |)euple força d'abord les jardins de Saint Marcel lit main-basse sur les statues et sur K-s objets les plus précieux : puis il s'atlaqua à la maisim du cai-dinal de Médicis el la pilla. I,e jjalais .Médicis proprenuMit dit, celui delà \ ia Lar^M. fut protcj;é par les autorités: an reste, en prévision du séjour de Chailes ^■11I. Pierre de Médicis avait déposé une partie des trésors qui le décoraient dans les couvents. II emporta aussi avec lui un certain nombre de jovaux el en cacha d'autres chez un orfèvre de ses amis, .Miclicl-.^nm'lo di \'i\ i;ino de (laiuole. qui les lui restitua plus lard, lui 14!>7, il fui cpiolir)!! de céder une partie des manuscrits de la

l6G .MÉMOIRES DK PllII.IPPE DE COMMYNES [1494]

Or estoit le Roy en la cité de Florence, comme dit est, et se fit ■'' ung- traité avecques eulx ; et croy qu'ilz le firent de bon cueur'. Hz donnèrent au Roy six vingts mil ducatz, dont ilz en paierent cinquante mil contens, et du reste en prindrent une; terme '' en deux paiemens assés briefz'. Et presterent au Roy toutes leurs'" places dont j'ay parlé ', et chang^erent leurs armes, qui estoit la fleur de Hz roug'e , et en prindrent de celles que le Roy porte'', lequel les prist en sa protection et g^arde, et leur promist et jura sur l'autel Sainct Jehan leur rendre les places quatre moys après qu'il seroit dedans Napples, ou plus tost s'il retournoit en France; mais la chose a prins aultre train, dont sera parlé après ^.

a) Or estant... se feist édit. — /)) Les ([iialre derniers mots sont omis dans les édit. — c) toutes les édit. — d) portoit édit.

bibliothèque niédicéenne à Comniynes lui-même, en déduction de sa créance sur la Banque de Médicis (Kervyn, Lettres et .Xégoc, II, 249 s.l.

1. Le texte du traité a été publié, avec un commentaire, par le M'* Gino Capponi, dans Archivio storiro ital., I, 318-361. Il est reproduit en appendice au Diarium de Burchard, éd. Thuasne, Paris, 1883, in-8, t. II, p. 647- 656. Les conditions en sont résumées par Delaborde, Expédition, p. 172 ss. La signature de ce ti-aité eut lieu le 2.i novembre 1494, au palais Médicis. Le lendemain, à Sainte Marie des Fleurs, le roi et les membres de la Seigneurie jurèrent entre les mains du cardinal de Gurck, Raymond Perraud, d'en observer les clauses. Commynes ne parle ni des négociations laborieuses, ni des jours troublés qui précédèrent la conclusion de laccord du 25 novembre. La crainte de voir leur ville pillée par la soldatesque étrangère, et la partialité des Français pour les Médicis, avaient rapidement éteint l'enthousiasme des premières heures. D'autre part, l'entourage de Charles VIII, excité par les partisans du régime déchu, s'accommodait mal de la modéi-ation du souverain. A plusieurs reprises, on fut sur le point d'en venir aux mains.

2. Cette contribution avait été fixée d'abord à 150.000 ducats. Pierre Capponi obtint de Charles VIII qu'elle serait réduite à 120.000, payables, 50.000 dans la quinzaine, 40.000 au mois de mars et 30.000 au mois de juin 1495.

3. Pise, Livourne, Sarzana, Sarzanella et Pietrasanta. Les autres places devaient être rendues aux Florentins.

4. Ajoutons que le roi se réservait le droit de se l'aire représenter auprès de la Seigneurie par deux commissaires dans toutes les affaires concernant des Français, et qu'un lieutenant, nommé par lui, devait prononcer sur tous les différends qui pourraient s'élever entre les habitants des villes occupées par des garnisons ultramontaines et ces étrangers. La nomination du capitaine des armes de la République devait être soumise à la ratification royale pendant toute la durée de l'expédition. Enfin la sentence prononcée contre les Médicis était révoquée quant aux personnes et quant aux biens, et la peine du bannissement seule demeurait en vigueur pour

[1494] LIVRE vil, CFIAPIIKI-; XI 167

Il arresta poy à Florence' et tira vers Senne-, où il fut l)ien receu, et de là k Viterhe % où les ennemys avoyent intention de se '' venir loger et si fortifïier pour combatre, s'ilz V veoient leur adventaig-e (et ainsi le me disoit l'ambassade/" du roy Alphonce et celle'/ du Pape, qui estoit à Venise^), car don Ferrande sestoit retiré vers Home. Et à

e) leur duns le ms. — /" raml)assadciw éJit. — (j) cclUiy édil.

PieiTc lie Mi-dicis. saufrévofalion uUérieiii-e ajirès c[iiatre mois. Par contre, les frontières du royaume de France se rouvraient au\ marchands llorentins, qui devaient y jouir des mêmes priviièf^es que les Français.

1. Charles \\\\ avait passé douze jours à Florence. Il en partit le 2H novembre, « détnontrant, d'après le I'rii)risl:i ^oiir. cilé, p. IS) assez de bienveillance pour la cité, bien que, pendant son séjour, par mauvaise sufîjrestion d'aucuns, il eut tenté d'avoir la seijrneurie de la ville, ce qui lui fut refusé. ■> Au fond, Charles parait avoir laissé aux Florentins une assez |)auvre opinion de ses moyens, bien que sa conduite en cette occasion, ait été, en somme, à l'abi'i de reproches sérieux. Il refusa le palais de Médicis cpie la Seitrneurie voulait lui offrir, et ce serait après son départ seulement (jue la maison fut pillée et par la valetaille et par de grantls seigneurs de sa suite \'illari, J. SnvonnroUi, I, 25J s.).

2. Le 9 novembre, 1.200 cavaliers français d'avant-garde, que 3.500 chevaux du bâtard de Rourbon rejoi(,'nirent le H, avaient occupé Sienne. Le 23, des envoyés du roi étaient arrives à leur tou!' et s'étaient cITorcés, sans succès d'ailleurs, d'obtenir des boiuyeois un prcl de 30.000 ducats [Diari Sanesi d'AUe^^retto Allegretti, dans Muratori, XXIII, col. S33, 83j^. Le 2 décembre, après avoir franchi en trois jours la dislance qui sépare Florence de Sienne, par San Casciano (29-30 nov.) et Pofîgibonsi (l" déc). Charles VIII fit son entrée à Sienne cf. Delaborde, Exitédition. 4s7 ss.,. II était accom[)agné de l'archevêque tle \'iennc, ce même Angelo Cato, au(|uel (^ommynes a dédie ses Mémoires. Pendant son séjour à Lucques ' S-9 novembre , le roi avait leçu les olfres de service des principaux de la faction du Monte dei Nove, qui gouvernait Sienne à celte époque. Quelques jours |)lus tard, de » Ponlassigna » auj. Signal, il les remerciait de leurs bonnes dispositions, les assurait de sa protection et i)romettait d'armer chevaliers, dès son arrivée, les chefs de la faction, Paolo Salveli et Pandoifo Petrueii, en exprimant le vicu qu'ils s'employassent pour son service à la tète d'un corps de gens d'armes siennois. Le 26 novembre, il priait encore les magistrats de faire pmvision de vivres en vue de son prochain passage, cl comme les hommes de Monlpensier et du bAlard de Bourbon, qui battaient l'estrade aux environs de Sieime, n'avaient pas été sans commettre « force, vioUaiices et dommaiges •> aux dépens des habitants, le roi expédia de F"lorence le piévol de l'église du Puy, IJenoit Adam, avec mission d'informer au sujet de ces excès (Lettres tirées de l'Archivio di Stato, à Sienne, communic[. par M. Pélicier^

3. Parti de Sienne le 1 décembre, Charles VIII atteignit les terres de l'Eglise à Acqua|)endente le 7, et \'iterbe le 10. 11 fut reçu avec honneur dans celte ville, malgré les sentiments hostiles que le pape Alexandie \'I nourrissait k l'égard des Français. Le séjour du roi à Viterbe prit lin le 15 décembre. (Delaboi-de, Erpédilion, p. 495 ; cf. Séjours de Charles VllI, p. 50.

4. l'ne mission ara^onaise, chargée de solliciter l'assistance de la Scigneiu-ic contre les Français arriva, au commencement de novembre, à

U)S Miï.MoïKivS DE l'iiir.ii'i'i: i)i; (;<tM.\iv.M;s [149i-j

la veriU^ je m'ateiuloys que ce roy Alphoiice y vint on personne, veii qu'il esloil cxlinié de grtint eueui-, el laissast son lilz dedans le royaultne ; et me senibloit le lieu propice pour eulx, car il eust eu so:i royaulme et les terres du Pape et les places des Orsins à son dox '. Mais je fuz tout esbay que lettres me vindrent du Hoy comme il estoit en la ville de Viterhe ; et puis un^j^ commandeur luy bailla le cbasteau, et le tout par le moyen du cardinal de Sainct Pierre ad vinciila'^, qu'en estoit j^ouverneur, et les Coulonnois -^ Lors me sembla que Dieu vouloit mettre lin à ceste besong-ne, et me repentis que avoie escript au Roy et conseillé prendre ung- bon appoinctement, car on luy en olFroit assés. Aig-uependant et Montllascon luy furent rendus^ avant que Viterbe, et toutes les places d'alentour, conihie fuz adverti par lettres du Roy et celles de la Seig-neurie, qui, jour par jour, estoient advertis de ce qui survenoit par leurs ambassadeurs, et m'en monslroient '' plusieurs lettres, ou le me faisoient dire par ung- de leurs secrétaires. Et de \k tira le roy à Xeppe^ ', et puis aux terres des Ursins, qui

h nionstrurent cdil. — / le Hip\- ;'i liniiimo rdit.

Venise Kervyn. Lellres et .Ve'f/or., II. 1 l:Vî. et, pendant tmile la durée de 1 expéditiim Iraneaise en Italie, le roi de Xnples lut représenté très elYectivemenL auprès de la Républi(|ue par un ajrent tort habile, Jean-Baptiste Ppinelli A'oyez plus loin. liv. \U. cli. XIX. ol pass.).

1. Os domaines des Orsini. ipii étaient à la solde du Pape, étaient situés au nord el au nord-est de Rome. On en trouvera une carte dans Litta, Famù/lie celehri italinne, famille Orsini.

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