Julien de la Rovère
3. Partisans de la France el ennemis des Orsini. les Colonna dominaient au sud el au sud-est de Rome. Ils dévastaient les abords de la A'ille et en arrêtaient l'approvisionnement.
4. Ces deux places, la première au nord, la seconde au sud du lac de Bolsena, étaient situées sur la route de Sienne à Rome. On a \u cpie Charles VIII fil son entrée à Acquapenriente le 7 décembre. Il y passa trois jours, et c'est pendant ce temps (|ue Monteliasc(me ouvrit ses portes aux Français, dont les coiu'eurs poussaient de lavant sans renconli'er de résistance.
5. Xepi l'antique Xepele;, petite ville fortifiée, sur la route de Cività (2astellana à Rome, au nord du lac Bi-acciano, et l'un des nombreux bénéfices tlu cardinal Ascaprne Sforza. Le roi de France se rendit de \'iterbe à .Xepi par Roncifilione. tandis ((ue ses bandes se répandaient sur les terres de Virfiinio Orsini. Il arrixa à Xepi le lô décembre, et quitta celle place |jour Bi'acciano, le 19 ^Séjours, p. 50).
[149i] I.IVKI-; vil, cil Al'llHK Xll 169
toutos luy tuient rendues par le seifj^neur Charles Uisin '.lilz hustar du seig'nour ^'ir^ille Ui'sin J, disant avoir ce conimendeinent de son père -, lequel estoit serviteur souldoyé du roy Alphonce, disant que. autant que don Ferrand seroit à Ronie''et en la terre de lEg-lise. qu'il luy tiendroit compai<4^iiée, et non plus. Ainsi vivent en Ytalie. et les sei- }j;^neurs et les cappitaines en ont sans cesse praticque avec les ennemys et en ont jj^rant poeur destre des plus foibles. l^t l'ut receu ledit seigneur dedans Brachanne, principalle place dudit sei^i^neur \ irj^ille, qui estoit belle et forte et bien garnie de vivres ^. Et ay bien fort ouy estimer au Roy ladite place et le recueil que l'on luy lit, car son armée estoit en nécessité et extrémité de vivres, et tant que plus ne pouvoit. Et (|ui considereroit bien quantes foi/, ceste armée cuida rompre, depuis qu'elle arriva à A'ienne ou Daulphiné, et comment elle se renouoit ', et par quelles aventures, on (liroit '" bien que Dieu la conduisoit.
("Chap. XII. De Brachanne envoya le Roy le cardinal Sainct Pierre ad vinculn à Hostie, dont il estoit evesque ; et est lieu de grande importance, et le tenoient les Coulonnois, qui l'avoient robbé " sus le Pape ; et les gens du Pape
— j I Les six derniers mois sont omis pur les èilil. — U , flaulant que don l-'eiTHiid seroil alloué '.'i édit. — l CDiiinuMit cllo se revenoit édU. — nii lîric'f on disfiit éd. Lenif. I)iij>. — n qui I 'a\nit ]ii-ins sur tdit.
I. Carlo Orsini. tomli- île l',Vnj;uill;ii-a. lils KViliué df (ierilil \ir};inio Orsini, épousa Porzia Savclli t-t mourut veis i:)0:> Lilla, l'amiglie celel.ri ilalinne. famille Orsini .
•'. (lentil \ir},'inio Oisini. comte do Ta^diacoz/.o. duc de Uracciano, fds de Napoleone Oisini et de Francesca. lille de Orso Oisini, seigneur de Monlerotondo. Il avait été élevé à la cour de Naples et était connétable du ro.vaume. \'ip};inio i)erniit à son lils d'ou\ rir au\ Fi-ançais ses [)laces de ("anipaf^nano, de l'Anjiuillai'a el de l{raccian(> et de leur fournir des vivres Delahorde, E.iijédilion. p. .'lOl . Il mourut en 1 197. Cf. ci-apiés ]i!issiin.
3. Charles VIII séjourna à Hraeciano dn lit au M décembre 1 m4 Séjours, p. .'.0 : cf. P. .love, trad. .Sauva^re. I, 5 5 . « Illec auloui- d'enlie sej)! à huyt mille — a (|uatre villes où f;ist }.'rant populaire, — ap|)arlenanl and. messir Virj;ille. — et dont il est seigneur pioprielairc. — Premieiement 1 une est dite Vi},'ayre \Galcraj. — L'autre est nommée, comme dist est. Bressaigne (Bracciano . — La tiei-ce après se nomme Lan};uillare LAnjiuillara , ; — et iaqnatricsme pars(m droit nf>mTcivai},'ne iTre\ ifrnano) ». Les trois deinièros places sont sur la rive même du lac Hraeciano : la première un peu plus au sud. sur l'Arrone.
170 MÉMOIRES l)K IMIII.II'I'I-; DK COMMY.NKS f^'^'^ij
l'avoient osté audit cardinal n'y avoit ^ueres'. La place estoit très l'oible : mais lon^ temps depuis tint l^ome en Jurant subjection, et avec ledit cardinal, lequel estoit grant amy des Coulonnois, qui estoient nostres par le moyen du cardinal d'Escaig-ne "■'. frère du duc de Milan et vichancelier, aussi en hayne des Ursins. dont tousjours sont et ont estez opposites : et est toute la terre de l'Eglise troublée pour ceste parcialité. comme nous dirions Lusse et Grantmont, ou, en Hollande, Houe et Cabillau-'. Et quant ne seroit ce différant, la terre de l'Eglise seroit la plus heureuse habitation pour les subjectz qui soit en tout le monde, car ilz ne paient ne tailles, ne gueres aultres chouses''. et seroient tousjours bien conduictz, car tousjours les papes sont saiges et bien conseillez ; mais très souvent en advient de grans et crueulx meurtres et pilleries. Depuis quatre ans en avons veu beaucop, tant de ungs que d'aultres ; car depuis les Coulonnoys ont estez contre nous, à leur grant
Oj cardinal Ascaij;ne éd. Uni). •
1. Le 18 septembre 1 i9 1. les j.'-ens de Fabrice Cilo:ina. profitant des inlellij^eiices qu'ils possédaient dans la place, avaient réussi à saisir la citailelle fl'Oslic et y avaient arb:iré, à coté de leur bannière, létendard du roi de France et celui de Julien de la Hovère Dinrinm de liurcliard, éd. Tliu:isnc, II, 1S() . Le 25 décembre, le cardinal quittait Bracciano avec 330 ho;nmes d'infanterie, qu'il introduisit dans la ville d'Ostie, dont la situation, A rembouchure du Tibi-e, faisait une place de fjrande importance >Sanudo, Spedizione. p. 156 .
2. Ascanio Sfor/.a, 3" llls de Franv'iis, duc de Milan, né en 1435, é\éc(ue de Pa\ie en 1479, cardinal. 6 mars 14SI, vice-chancelier de l'E^jlise romaine depuis 1492. fut emmené captif en France au mois de mai 1500. Il passa trois année.s dans la drosse Tour de Hourpes (de Maulde. Chron. de Lniiis X[I. I. 2Si;. Rendu à la libellé en 1503, il mourut à Rome en 1305 iLitta. Famiglie celebri ilnlinne. famille Sfnrza .
3. « Iceulx partiz ne sont pas moins contraires que le feu et l'eau », écrit Guillaume Le Seur des maisons de J>uxe et de Grammont, dont les rivalités ensanjilantèrent la Navari-e ffist. de Gaston IV. comte de Foix. p. p. Gourteault, éd. de la Soc. de l'Hist. de France, IL 37). (gluant au.\ factions des Hoeks et des Gabillaus, qui troublèrent la Hollande depuis le milieu du XIV' siècle, leur nom. dit Ghaslellain I, 210), signifie. ])our les seconds. " un poisson qui a un granl enjioulement et larjxe. et l'autre... un en^in de fer crochu et très a-ru. par lequel il se prend et se estranjrle... comme si on voulsist dire que l'un c<intend à tout enj;ouler, et l'autre à faire estranjîler les en.;ouleurs. .. Gf. Oliv. de la Marche, 1. 93.
4. Peut-être y a-l-il ici quehpu^ exagération, mais les habitants des terres de l'Eglise étaient assurément moins chargés d'impôts que ceux des autres pays de l'Occident.
tort, car ilz avoitMit ving-t mil ducatz de rente et plus oudit rovaulme ^ en belles seij^neuries ', comme le conté de Taillecouste - et aultres, que par avant a voient tenuz les Ursins, et toutes aultres chouses qu ilz avoient sceu demander, tant en «gendarmes que en pensions. Mais firent ce quilz firent par vraye desloyaulté et sans nulle occasion : et fault entendre que de toute ancienneté ilz estoient partisans de la maison d Arragon et aultres ennemys du roy de France, pour ce qu'ilz estoient Gibelins, et les Ursins partisans de France, comme les Florentins, pour estre de la part Guelfe.
Avecques ledict cardinal de Sainct Pierre à Vinciihi, à Hostie fut envoyé Peron de Bâche, maistre d'hostel du Roy, qui, trois jours par avant, avoit apporté au dit seiji^nour vin<.i;'t mil ducatz pnv mer, et estoit descendu h Plombin ' : et estoit argens preste du duc de Milan. Et estoit demouré en l'armée de mer, ([ui estoit petite, le prince de Salerne ^ et uns^ appelle le seig-neur de Serrenon ^ de Prouvence. que la fortune mena en Corsec[ue *? '', leur navire fort gasté : et misdrent tant à se rabiller cju'ilz ne servirent de riens, et si cousta larii^ement ladite armée de mer ; et trouvèrent le Roy dedans Xaples.
Audit flostie y avoit avecques ledit cardinal bien cinq cens hommes d'armes et deux mil Suysses ; et y estoit le
p' (ludit rfiyaulme de Xaples édit. — f/i D(insei'(|iu' éilit.
1. On verra plus loin liv. \'in ch. I), que, l'année suivante, en quittant Naples, Charles VIII laissa au\ Colonna, pour eux et pour les leurs, pins de trente places dans le r(>>aunie.