Antoine de San Severino
3. Louis de \'illeneuve, seif,''ncur de Screnon. baron puis marquis de 'l'rans (1505', conseiller et chambellan du roi, deux l'ois ambassadeur à Home sous Louis XII cf. de Maulde, Chron. de lA)iiis A//. III, pass.
6. Celle flotte, composée de ^ri-os navires, porlait 1.5U() Français, dont la mission était do soulever les populations des cotes napolitaines. Noire nis. rétablit le texte \'érilable des « Mémoires >>. cornmqiu par les éditeurs, et confirme que c'est bien sur la côle de (^orse, cfimme l'axait entrevu Sauvage, que furent jetés les navires français. Cf. Dupont, Mémoires, II, 36S}.
172 MÉMOIRES \)E l'HlLlI-l'l-: DE COMMYNES [1494]
conte de Lijfiiv ', cousin g^ermain du Hoy de par mère, le seij^neur d'Alegre ', et aullres. Kt là cuidoient passer le Tibre pour aller enclorre don Fenand (^qui estoit dedans Rome), avec la faveur et aide des Coulonnois, dont estoient chief/. de la maison pour lors Prospre et Fabrice Coulonne et le cardinal Coulonne -^ à qui le Roy paia deux mil hommes à pied par la main dudit seigneur de Bâche, qu'il/ avoient assemblez à leur plaisir; et faisoient leurdite assemblée à Jannesome '', qui esta eulx.
Il fault entendre que icy viennent plusieurs propos à ung coup ; et de chascun lault dire quelque chose. Avant que le Roy eust Viterbe, il avoit envoyé le seigneur de la Trimoille ' son chambellan, et le président de Ganay '', qui
1. Lniiis de Luxembourg, comte do Lign\ , duc de ^'enosa et d'Andréa, grand chambellan de France sous Louis XI I. était fils de Louis, comte de Saint-Fol, connétable exécute en ll"5. et de Marie de Savoie, il était ;iinsi par sa nicre, steur de la reine Charlotte, cousin-germain de Charles ^'III, qui lui fit éjjouscr. à Xaples, Léonor des Baux, princesse d',\ll;nnura. 11 nioui'ut le i décenibi-e ].')U;5 cf. notice dans de Maulde, Chrnn. de I.ovis Xlf. I. 7-10; Dupont, .Uéinoires. II. 368 n.\
2. Yves de Tourzel, seigneur d'.\légre, de Rioux et de Miihau. fils de Jaccjues de Tourzel. Gouverneur de la pro\ ince de Rasilicale. capitaine des cent gcntilslioninies de la maison du roi 5 mars I 195). il fut tué en 1512, à la ljat;:ille de Uavenne. Il avait épousé Jeanne de Chabannes cf. notice dans de Maulde, oiiv. cité, I, 43, et P. Anselme, \\l. 709 .
3. Prosper Colonna, fils d'Antoine, prince de Salerne, marquis de Cotronc, fut duc de Trajetto. comte de Fondi, épousa Isabelle Carafa, et mourut le 30 décembre 1523. Il avait pour fière Jean Colonna. créé cardinal le 5 mai 1-lSO, mort le 26 septembre I50s. Leur cousin germain Fabrice Colonna. duc de Pagliano et de Tagliacozzo, grand connétable du royaume de Naples, fils d'Odoardo Colonna. duc de Marsi, épousa Agnès de Montefellrc, fille de Frédéric, duc d'Urbin. et mourut le 15 mars 1520 (Litta, Famiijlie celehri ilaliane, famille (Colonna .
i. (îenzano, au sud de Rome, entre Albano et \'elletri.
5. Louis II. seigneur de La Trémoillc, \ic<in]te de Thouars, prince de Talmont, etc., fils de Louis I" et de .Marguerite d".\mboise. né le 20 septembre NfiO, tué à Pa\ie le 24 février 1525. Il épousa I" (1485 Gabriellc de Rourbon-Montpensier ; 2° (1517 Louise Rorgia, duchesse de \'alentinois. La carrière du héros de Saint-Aubin-du-Cormier et de tant de mémorables aventures est trop connue pour qu'il soit nécessaire de la résumer. (Cf. P. .\nselnie, IV, 167 s).
6. Jean de Ganay. seigneur de Persan, la Russièie près Gien, etc., fils de Guillar.me de Ganay, a^ ficat-général au parlement de Paris, et de Catherine Rapi(ust, conseiller aux aides 30 oct. 1 ISL. 4' président au parlement de Paris 27 juin 1400 . premier président I505\ chancelier de France 1^31 ,jan\'. 1507 . Il épousa Jeanne Roisleve et moui-ut en 1512, vci's le mois de juin (Du (]l:esne, Hist. des chanceliers et (/nrdes des sceaux de France. Paris, 1680, in-ft)l,, p. 51 : cf. P. Anselme, W. 112, et de <îuilhei'm>-. Inscriptions de 1,1 France du V' au XVIII s., dans Coll. des Doc. inéd., I. p, 207 ss.j.
[1494] LIVKi; vil, (HAIMIIiK XII 173
avoit son seel, et le <;-eneral Bidand ' à Uome. cuidant traicter avecques le Pape, qui toujours praticquoit, comme est la coustume en Ytalie. Kulx estants là, le Pape mist de nuvt en la cité don Ferrand et toute sa puissance, et furent noz «i^ens arrestez, mais poy. Le jour propie. les depescha le Pape, mais il retint prisonnier le cardinal d'Escaig'ne '", vichancelier, et frère du duc de Milan, et Prospre (boulonne : aulcuns (lient (jue ce fut de leur vouloir-. Et de toutes ces nouvelles euz incontinent lettres du lioy, et la Seigneurie, et' encores plus amplement de leurs gens. Ht tout cecy fut ' avant que le Roy entrast en \'iterbe; car nulle part narrestoit que deux jours en ung lieu 3, et advenoient les chouses myeulx qu il ne les eut sceu penser : aussi le Maistre des seigneurs s'en niesloit, et le congnoissoit chascun.
r sic éd. l-'rJ-'i: Asca^çnc Sauv. Leiuf. Dup. — si et h été omis pur les édil.. ce qui altère le sens. — i) fut faict édit.
Pendant l'expédition de Naples, mais en mai 1 i95 seulement, Charles VIII lui confia la jfarde du petit sceau qu'il avait avec lui, « en l'absence du g'i'and » laissé en France.
1. Denis de Ridant, notaire et secrétaire du roi, receveur général de (îuyenne (infi , généial de Lanpuedoil sept. 1 583 , président-clerc de la Chambre des Comptes de Paris 1 16 marsl J95), mort le Is juin 1506 Dupont, .Mémoires, II, MO n. ; cf. Jacqueton, Docum. relui, à VAdmin. fînanc., cit., p. 291, 293;.
2. Brouillé avec Alexandre ^'I, qu'il avait plus que tout autre, et pour des raisons politiques, contribué à faire élire, Ascaj^^ne Sforza était A ce moment en train de néfrocier sa rentrée en grâce; mais ses prétentions furent si hautes que le Pape préféra, par 'un acte de trahison, s'assurer de sa personne et le fit arrêter au cours d'une audience, le 9 décembre 1491, en même temps que Prosper Colonna, les cardinaux de San Severino et Lonati, l'évéquc de Cesena et Jérôme d'Estoute%ille. Le lendemain, en consistoire, Alexandre déclara, devant les prisonniers, qu'entouré de périls, il avait voulu s'assurer de leurs conseils. I.onati, remis en liberté, fut ex[)édié à Ostie, afin d'arracher aux Colonna, pai" intimidation, la remise de la ville.
Delaborde, Expédilion, -198 s.). L'indignation manifestée par le duc de Milan à la nouvelle de rarrestatif)n de son frère, et la lettre menaçante fiu'il adressa au Pape le 21 décembre, en réponse à son h\ pocrite missive tiu 10 textes dans Sanudo. Spedizioue. p. 150 , ne concordent pas avec cette rumeur du consentement des victimes du guet-apens rapportée |)ar Commyncs.
3. Charles VIII fut reçu à \'iterbe. capitale de la province dite Patrimoine de saint Pierre, le 10 décembre 1191, et le même jour, le duc de (Palabre fit son entrée à Home avec 55 escadrons et 5.000 hommes de pied. — Le relevé des séjours du mi de France, pendant le mois de décembre 1194, ne concorde pas avec l'assertion de Commynes : Charles passa si.x jours à Viterbe, quatre à Nepi, douze à Uracciano i^Séjoiirs, cités, p. 50).
17i MÉMOIKICS DE PHILIPPE DE COMMYNES [14î)4j
('.este armée qui estoit à Hostie ne servoit de riens, pour le mauvais temps. Et aussi f'ault entendrt; que les j^ens que avoit mené Mons' d'Aubig-ny estoient retournez, et luy aussi, et n'en avoit plus de charge. Et si avoit on donné congé aux Italiens qui en Homanie " avoient esté avecques luy, que avoit mené le seig-neur Uoilof de Mantoua', le seig-neur Galiot de La Myrandole -, Eracasse, frère du seigneur Galiace de Sainct Severin ■% qui furent bien paie/.: et estoient envyron cinq cens armez que le Roy payoit. Et comme avez ouy, au partir de Viterbe alla le Roy à Neppe", que tenoit le seigneur d'Escaigne "'. Et n'est riens plus certain que, à l'heure que noz gens estoient à Hostie, qu'il ne tumbast plus de vingt brasses de mur de la ville de Rome ', par là où l'on debvoit entrer. Le Pape, voyant si soubdainement venir ce jeune roy ■'' avecques ceste bonne -^ fortune, consent que le roy entre (et aussi il ne l'eust sceu
u) sic dans Sauvage et Leng.: en la Roinniaij;ne éd. I5ê8 ; Dup. — v) à Naples édil. 3/"° Dupont corrige en note. — w) Ascaigne édit. — x) bonne est omis dans édit.
1. Rodolphe Gonzaii'uc, prince de Castiglione et de Solfei'ino, prince de l'Empire, né en 1451, fils puîné de Louis III, marquis de Mantoue, et de Barbara, fille de Jean de Hohenzollern, épousa 1° AnneMalatesta, 2" Catiielinc Pic de la Mirandole, veuve de Lionel Pio de Cai-pi, et fut tué à Fornoue, le 6 juillet 149ô (Litta, F<T;n((//(e celebri italiane. famille Gonzaga, et ci-après, liv. A'III, ch. XII).
2. Galeotto Pic, seigneur de la Mirandole, comte de Concordia, lils de Jean-François Pic, seigneur de la Mirand«le, et de Julie Bojardi. Il épousa Blanche-Marie d'Esté et mourut le 7 avril 1199 (Morérii. Il était beau-frère du précédent.
3. Gaspar de San Severino, dit Fracassa, à cause de sa grande vigueur, était fils de Robert, comte de Caiazzo, et frère puîné de Galéas de San Severino, gendre de Ludovic. Il vivait encore en 1512 (Inihoir, Genealogite, cit. 213).
4. Cet accident se produisit le 23 décembre 1491. (Sanudo, Spedizione, p. 163;. Ce ne fut pas le seul de ce genre : im nouvel écroulement eut lieu quelques jours plus tard. (Voyez plus loin, p. 176 . Les murailles de la ville éternelle étaient dans un état d'abandon lamentable. Rome, au reste, ne comptait plus à cette époque que 70.000 habitants ^Thuasne, Djem Sultan Paris. 1893, in-8°, p. 349.
5. Les troupes françaises tenaient tout le pays entre le Tibre et la mer, tandis que la rive gauche du Tibre et les montagnes étaient encore au pouvoir des Orsini et des bandes aragonaises. L'arrestation de Prosper Colonna n'avait pas décidé son frère Fabrice à abandonner Ostie, et Prosper luimême, remis en liljerté le 18 décembre, ne tint pas la promesse qu'il a\ait faite au Pape de lui faii-e livrer cette place.
[1494] LIVKK vil. CHAPITRE Xlll 17Î)
desnveri/l. et i'et|uiert It^tre d asseureté, qu'il eut. pour (Ion Ferrando. duc de Calahre et seul lilz du roy Alphonce, lequel de nuyt se tira à Xapples ; et le conduisit - jusques à la porte Escaigne'', et le Hoy eatra dedans Rome en armes, comme aient auctorité de faire partout k son plaisir, et luy vindrent au devant plusieurs cardinaulx et les gouverneurs ou sénateurs de la ville : et log'ea au palais Sainct Marc, qui est le quartier des Coulonnois. ses amvs et serviteurs pour lors, et le Pape se retira au chasteau Sainct Angel -.
Chap. XIII. Estoit il jjossiblc de croire que le roy
y et aussi ne l'en eust il sceu grarder édil. — :, cunduict édit. — ;i K' cardinal Ascaiirnc édit.
1. Alexandre VI avait envoyé au roi de France, à Bracciano, lévèque lie Concordia. Lionel (^hicreîralo.avec des propositions que le cardinal de San Severino, délivré de sa prisun. fut cliarfié de renouveler quelques jours plus lard. C'était l'otlVe d'un tribut annuel de la part du roi de Naplcs et celle d'une intervention pontificale en vue dune lijtue générale de tous les princes chrétiens contre le Turc. Charles ^'III remercia, mais insista pour être admis dans Rome. Enfin, après avoir été sur le point de céder aux instances du duc de Calabre, qui le pressait de se retirera Gacte. le Pape, redoutant de perdre la tiare s'il s'éloipnait. se soumit, renvoya les bandes aràironaises et s'enferma avec sa garde espagnole au château Saint-Ange. Le matin de Noël, il investit du duché de Calabre Ferdinand d'Aragon, qui, avec ses lieutenants, Pitigliano. Trivulce. Pescaire. quitta Rome par la route de Tivoli. Le cardinal Ascagne prit congé de lui à la porte San Lorenzo et, sur l'ordre de Charles \'III, Ligny et d'Alcgre, qui occupaient les abords de la ville au sud, laissèrent passer l'armée napolitaine. Delaborde. Expédition, p. 505 . C'est en plein joiu' et non de nuit, comme le dit Comniynes. que cette retraite fut eirectuéc Sanudo. Sitedizione. p. lOL.
2. Le 26 décembre, le maréchal de Gié, le président de Ganay et de N'esc, députés par le roi, vinrent négocier avec Alexandre \ I. Ils réclamèrent, mais vainement, la remise immédiate du frère de Bajazet, Djem Sultan, et celle de quatre places de sûreté. Enfin, las de temporiser, Charles \in déclara qu'il ne ferait aucun tort au Pape, mais qu'il entrerait à Rome le 1" janvier. Le 2", Gié et La Trémoille fiu-ent admis à loger sur la rive gauche du Tibre une avant-garde de 1.500 hommes, et, le 31, au soir, le roi pénétra dans la ville, inopinément, par la porte du Peuple. La foule acclama les Franvais. Non prévenu, le collège des cardinaux ne put se porter en corps au devant du vainf|ueur, et seul le cardinal de Bénévent le reçut à la porte. Mais huit cardinaux accompagnaient le roi de France : la Rovere. de \'illiers, Péraud, Savelli. Colonna. Lonati, et Ascagne Sforza, qui était allé à sa rencontre. L'armée française presque entière s établit dans Rome. Le roi descendit au palais fortifié de Saint-Marc, que Paul II avait fait construire en 1 16^. et afin de bien montier qu il entendait agir en maître, il fit dresser au Campo de'Fiori et à la Piazza Giudea, deux fourches patibulaires [Diarium de Burchard, éd. cit.. II. 235: cf. Delaborde. Exjiédition, p. 509 s.\
Alphonco, si orfj^-ueilleux. norrv à la «guerre, et son (il/., et tous ces l rsins '' qui ont si grand part ;i liome. n'ousassent demourer en la cité, qui veoient ' et sentoient cjue li' duc de Millan hransloit et les \'eniciens, et se praticquoit une ligue, qui eust esté conclue si quoique résistance se fust faicte à Viterbe ou à Rome, comme jestoie bien asseuré. pourveu quilz eussent j)eu arrester le Woy aulcuns jours '. Au fort, il failloit que Dieu monstrastque toutes ces choses passoient le sens et congnoissance des hommes ; et si est bien de noter que, ainsi comme les murs de la ville estoient tumbez. ainsi tumba '' quinze brasses des avants murs du chasteau Sainct Ang-el -, comme m'ont compté plusieurs, et entre aultres deux cardinaulx qui y estoient ', (jui misdrent grant peyne de mouvoir le Roy à prendre cella pour miracle et faire prendre par force le Pape, comme je diray après ''. Mais ung poy fault parler du roy Alphonce. Dés ce que le duc de Calabre, appelle don Ferrand f, dont plusieurs foiz a esté parlé, fut revenu à Napples, le père, roys^ Alphonce, se jugea '' n'estre dig-ne d'estre roy
h) Notre ms. parle par erreur ses voisins. — c) quant ilz veoient édil. — d) tumba bien édit. — e) Toute la fin de cette phrase après les mots q^iii y estoient est omis par les éditeurs précédents. — f don est omis dans édit. C'est ainsi que Charles VIII, dans ses lettres, intitule toujours son rival. — g) Son père le roy édit. — h) Notre ms. porte se jugeant comme ledit. de I.yiS. 3/"' Dupont intercale immédiatement après roy Alphonce les mots renoncea à la couronne (//. 373). Nous suivons Sauvage, qui imp. juj^ea.
1. Le 2" novembre 1494, Coniniynes écrivait au duc de Milan : " A'ostrc embassadeur vous escript des bruys qui courent par la ville et du preparatif quils font, tant par mer que par terre, pour l'esté qui vient. Ilsmont dit puis si.v jours et à ung: seci-etaire que le Roy mavoit icy envoyé, comment ils îaisoient armer pour eul.\ g;arder du Turc... On ne sauroit dire meilleui-es paroUes que tousjours me disent du roy, et m'asseurent de ne riens faire contre luy. Mais depuis qu'il est entré à Pise, ont sans cesse esté en ce conseil diîs Preguay.. etc. » (Kervyn, Lettres et Négoc, II, 148).
2. « Il est cheut dud. castel S' Ange bien XL toises de la muraille sans y toucher. De quoy les Romains se csbahissent, et dient que c'est Dieu qui les veult pugnir » (Charles VIII au duc de Bourbon, de Rome. 12 janvier (1495), dans Dupont, Mémoires. Pièces justif., t. III, .369). Cette brèche se produisit dans la nuit du 9 au 10 janvier (cf. Sanudo, Spedizione, p. 163. et le Vergier d'honneur, dans ouv. cit., I). Le Pape fit faire immédiatement la réparation nécessaire.
3. Ascagne Sforza, sans doute, et Julien de la Rovère; cf. ci-après, liv. VII, chap. XV.
[1494] LIVKE VII, C.HAPITRF, XIII 177
pour les maulx qu il avoit faictz, tant ' en toutes cruaultez contre les personnes de plusieurs princes et barons qu il avoit prins sur la •' seureté de son père et de luy, et bien jusfjues au nombre de ving"t quatre les lit'- mourir dés ce que le père fut mort (qui les avoit gardez quelque temps, depuis la g^uerre qu'ilz a voient eu contre luy), et ' aussi deux aultres que le père avoit pris sur sa seureté, dont l'un estoit le prince de Rosanne, duc de Cesse "' '. Ledit duc (sic) de Rosanne avoit espousé " la seur dudit don Ferrand, et en avoit eu ung lîlz" ', qui avoit espousé p lalille dudit don Ferrand pour myeulx lasseurer, car ledit prince luy avoit vouUu faire une grande trahison, et avoit bien desservy-* toute pugnition s'il ne l'eust pris à seureté *?, venant devers luy à son mandement. Et le mist en prison '', et puis le filz, dés ce qu'il fut en leage de quinze ans. Et y avoit demouré le père trente et quatre ans* à l'heure que ledit Alphonce est venu à estre roy; et lors iist mener tous ces prisonniers à VscUe'^, une petite ysle près de Xapples, dont oyre/, parler, et là les fist tous assommer. Quelc'un en retint au ciuisteau de Xapples, comme le fils dudit de
I' tant esl omix par les édil. — j] sa dans notre ms. — A- et les fit dans les édit. précédentes, ce qui altère le sens. — / que Js. le ms. — m !\otre ms., comme tontes les édil.. sauf celle de 3/'' Dupont, porte et l'aultre, duc de Cesse. Les deux titres appartenaient à la même personne. On peut douter que l'erreur soit de Commi/nes, vu la suite. Sauvage l'a signalée.
— n avoit eu à espousé et à femme édit. — o un": très beau filz édit.
— p eu à espousé é<l. — q} s il n'eust prins asseureté édit. — r) en merveilleuse et puante prison édit. — s vingt et quatre ou vingt et cinq ans édil. — / Iscle Saur. Dup. ilsctiia .
1. Marino de Marzano. prince de Rossano, duc de Scssa. fils de Jean- Antoine de Marzano, duc de Sessa, épousa Kléonore d'Aragon, fille naturelle d'Alphonse I". roi de Naples. En I 159, il prit parti ])our Jean d'Anjou contre le roi Ferdinand I", son beau-frère. Il se réconcilia avec lui en 1162, mais fut arrêté le 10 juin 1464, et enfermé au Château Neuf de Naples : il y fut mis à mort en 1486. S. Ammirato, Famiylie napolitane, 1580, in-f. 1' part., p. 190.!
2. Jean-Baptiste de Marzano. né en 1459. avait été promis en 1462 à Bcatrix, fille du rui Ferdinand I", mais celui-ci rompit l'engagement, et maria sa fille à Mathias Ciuvin. roi de Hongrie ,1476 . J -B. de Marzano, emprisonné en 1164. en même temps que son père, fut délivré en 1495 et mourut en l.iOs Ihid. .