Il avait dix-neuf ans
2. M. Ullmann a mainte fois signalé, dans son Histoire de Ma-ximilien I", l'absence de persévérance de ce prince et la disproportion qui exista toujours entre son ambition et les moyens qu'il possédait pour exécuter ses desseins.
Et est bien grand inconveniant, comme j'ay dict, k ung pays, quant il fault qu'il quiere seigneur de pays estrange, et fit Dieu grant grâce au royaulme de France de ceste ordonnance dont j ay parlé dessus que les filles ne héritent point. Une petite maison en peult acroistre ; mais à ung grant royaulme comme cestuy cy ne peult venir que tout inconvénient.
Poy de jours après ce mariage, ce perdit ce pays d'Artliois. ou en le traiotent : et me suiïist de ne faillir point à la substance, et si je faulx aux termes, comme d'ung moys plus ou moins, les liseurs me excuseront si leur plai[st]. Le faict du Roy amandoit tousjours, car il n'avoit nulle partie; tousjours l'y ver [prenoit quelque place] ■', s'il n'avoit quelque trêve ou quelque ouverture d'appoinctement, qui jamais ne se pouvoit accorder, car ilz n'estoient point raisonnables, et pour ce leur duroit la guerre.
Ce duc Maximilian et madamoiselle de Bourgongne eurent ung filz, le premier an : c'est l'archeduc Philippes qui règne de présenta Le second an, ilz eurent une liUe, qui de présent est nostre Reyne, appellée Marguerite-. Le tiers an, ung fîlz appelle Françoys-^, pour le duc Françoys
a) car il n'avoit nulle partie l'iiyvei-, s'il n'aM)it etc. : éd. Dup. Ch. ; car il n'alloit nulle part tinil au lon^ de lyver, s'il n'avoit éd. t-'ii-i. La le(;on de noire ms. est celle de B et de M, mais pour donner un sens à la phrase, nous avons cru devoir adopter le te.rte fourni par Sauvaye. Au reste D porte car il n'avoit nulle partie; tousjours pi-enoit ([uelf[ue place s'il n'avoit trêves ou quelque ouveilurc d'appoiiictement, qui Jamais ne se povoit accorder.
1. Philippe le Beau naquit à Bruges le 22 juin 147S iMolinet, II, 136 ; Oliv. de la Marclie, 111, 252). Le 21 octobre 1 190. il épousa Jeanne, fille de Ferdinanfl d'.\raKon et d'Isabelle de Castille, et mourut le 25 septembre 1506. Il ne faut pas. comme l'a lait M"" Dupont (II, I8i, n. 2), conclure des mots 4< qui rej^nc de présent <> (pièce passa^'e des Mémoires fut rédifté postérieurement à l'avènement de Philipjie à la couronne d'Espaj^ne en 1504, car, dès la moi-l de sa mère (25 mai-s 1 582), il avait hérité du comté de Flandre. L'opinion émise par M"" Dupont est au reste démentie par la phrase qui suit.
2. Marjçuerite d'Autriche, née le 10 janvier 1480 n. st., résida à la cour de France de|)uis le 22 juin 148.3 juscju'au moment où Charles VIII la renvoya à Maximilicn, après le ti-aité de Sentis (23 mai 14'J:V. Bien que son mariage avec le jeune roi ne fut pas consommé, elle fut considérée et traitée comme reine en France, tant (pielle y deuKUii'a.
3. François d'Autriche na({iiit à Bruxelles, le 2 septembre 1481, et mourut le 26 décembre sui\ant iMolinet, II, 299).
De Mandrot. — Mémoires de Philippe de Coinmynes. — II. J
de Bretaigne. Le quart an, elle mourut ' d'une cheute de cheval, ou d'une fièvre, mais vray est qu'elle cheut. Aulcuns dient qu'elle estoit g-rosse. Ce fut grant dommaig-e pour les siens, car elle estoit très honneste dame et liberalle, et bien voulue de ses subjectz, et luy portoient plus de reverance et de craincte que au ^ marj : aussi elle estoit dame du pays. Elle aymoit fort son mary et estoit dame de bonne renommée. Laquelle mort advint lan M CCGC IlII"^ et deux.
En Henault le Roy tenoit la ville du Quesnoy le Conte, et celle de Bauehin, lesquelles il rendit : dont aiilcuns se esbayrent, veu qu'il ne cherchoit nul appoinctement et qu il monstroit vouloir prendre le tout, sans riens laisser à ceste maison. Et croy bien que s'il eust peu tout despartir et donner à son aise, et de tous pointz la destruire, qu'il l'eust faict ; mais ce qui le meut à rendre ces places en Henault, furent deux causes '^ : La première qu'i disoit qu'i - luy sembloit que ung Roy a plus de force et de vertu en son royaulme, où il est oinct et sacré, qu'il n'a dehors, et cecv estoit hors de son royaulme (et furent restituées l'an mil CCCCLXXVIIL^). L'autre raison est '' que entre les roys de France et empereurs y a grans sermens et confédérations de n'entreprendre rien lung sur l'Empire, l'autre
b) à son B, èdit. — ci deux causes que je ne diz pas A B .1/, éd l5-2i ; qu'il me dit depuis Saiiv. Diip. Ch. — d) Les édit. ont rejeté le dernier membre dé phrase et furent etc. à la fin de la phrase suivante, après TEmpire. — e) estoit D, éd., Dap.
1. A Brugres. le 2" mars 1482, n. st. Comme Ta remarqué M"° Dupont, II. 185 n. Commynes, qui. pour se conformer au style courant en France,
aurait dû écrire 1481. n'a fait erreur que de peu de jours, l'année 1482 v. st. ayant commencé le 7 avril suivant.
2. Une trêve de huit jours {10-17 juin 1478), étendue ensuite de cinq jours, fut créée et publiée « en allemant et en romant » à Valenciennes et dans l'armée du duc d'Autriche (Molinet. II, 153 . Cependant le seifïneur de Chimai réussit à obtenir de Louis XI l'évacuation du Quesnoy et d'autres places qu'il avait fait occuper [Chron. Scand.. II. 73 s.^ Une trêve g-énérale d'une année 11 juillet 147S " marchande et communicalive » stipula que, dans le délai d'un mois, le roi de France restituerait au duc d'Autriche tout ce qu'il tenait au comté de Bour^ojïne et en Hainaut. Douze arbitres, six de chaque côté, furent désignés |)our connaître et décider des litiges entre les deux partis (cf. Vaesen, Lettres, VII, p. 112-115).
[1477] L1VHI-: VI, chapitkf: m 19
sur le Royaulme, et ces places dont je parle estoient situées en l'Empire. Pour ceste semblable cause rendit Cambrav ' ou la mist en main neutre, contant de la perdre : et aussi ilz avoient mys le Rov dedans la ville à seureté.
[Chap. III. ^ En Hourf^oni^ne se laisoit tousjours la f^uerre, et n'en pouvoit avoir le Roy le bout pour ce que les Almans faisoient quelque peu de laveur au prince d Oreng'e, lieutenant pour les dessusdits, pour son arguent, non point pour la faveur dudit duc Maximilian, car jamais homme ne se trouva pour luy à favoriser ledit j)ays /", au moins pour le temps de lors dont je parle ; mais estoient compai^nons de guerre de ceste lippue de Suysses qui alloient à leur aventure, car il/, ne sont point amys ne bien voulans de ceste maison d'Autriche. Bien peu de secours eust secouru beaucop ledit pays'', mais cpi'il y eust eu payement, et nul ne le pouvoit myeulx faire c[ue le duc Sigismond d'Autriche, oncle dudit duc Maximilian "', qui avoit ses terres auprès, et par especial la conté de Ferrete, qu'il avoit peu d'années devant vendue cent mil florins de Rin au duc Charles de Bourgonii^ne, et puys l'avoit reprinse sans rendre l'argent, et la tient emcores aujourd'uy à ce tiltre ^. Il n'eut jamais en luy grant sens ne grant honneur, et en telz amys se trouve peu d'aide ; et est des princes dont j'ay parlé ailleurs, qui ne veulent sçavoir de leurs affaires si non ce qu'il plaist à leurs serviteurs leur en dire ; et en sont'' tousjours paiez à la viellesse comme cestuy cy. Ses serviteurs luy ont faict tenir durant ces guerres tel parti quilz ont voulu, et presque tousjours a tenu le parti du Roy nostre maistre contre son nepveu. A la fin a voulu donner son heritaige, qui est bien grant, en maison estrange, et le
/■) ne se trouva pour luy, dudit pays A B el édii. ; D omet le reste de la phrase. — g) Bien peu de secours en eust Icd. pays A B édit. Toutesfoiz, beaucoup de secours cusl eu Icd. pays I). — • h) qui sont D, édit.