‹ Mémoires;Chapitre 94 sur 177 · Pofïffibonsi. à 26 kilom. de Sienne (IS juin · texte numérisé non relu

Pofïffibonsi. à 26 kilom. de Sienne (IS juin

4. Castcl-Fiorentino. à 21 kilom. de Poj^fribonsi . dans le val d'Eisa (19 juinj. Celte i)lace commandait la route qui conduisait du Val d'Arno à Sienne. Le roi arriva à Fisc, le 20 juin.

5. Frère Jérôme de Ferrare, né le 21 septembre 1 i.i2, de Niccolo Sa\onarola et d'Elena Bonacossi, Ijrùlé vif à Florence le 22 mai 1 408 (Voyez ci-après

De Makdrot. — Mémoires de Philippe de Commynei. — II. I<i

'2i2 MÉMoiHKS iJK piiiLii'pr: de commviNes [I49o^

couvent iclVoi-nu'. homme de saincte vie, comme on disoit, qui, quinze ans avoit, demoura audit lieu; et estoit avecques moy ung maistre d hostel du Hoy, appelle Jehan Françoys ', sai^e homme. Et la cause fut qu'il avoit tousjours presché en grant faveur du Roy ; et sa parolle avoit gardé les Florentins de tourner contre nous, car jamais presclieur n'eut tant de crédit en cité. Avoit tousjours asseuré la venue dudit Roy, quelque chose qu'on dist n'escripvoif au contraire, disant qu'il estoit envoyé de Dieu pour chastier les tirans d Italie et que riens ne povoit résister ne se deffendre contre luy. Avoit dit aussi qu'il viendroit à Pise et qu'il y entreroit, et que ce jour mujejroit ^ Testât de Florence : et ainsi advint, car Pierre de Medicis fut chassé ce jour. Et mainte aultre chose avoit preschée avant qu'elles advinsent, comme de la mort de Laurens de Medicis; et disoit publicquement la A'oir'? par révélation. Preschoit que lestât de l'Eglise seroit refîormé à l'espée : cela n'est pas encores advenu, niais il en fut bien près, et encores le maintiennent ''. Plusieurs le blasmoient de ce qu'il disoit que Dieu luy avoit revellé ; autres y adjousterent foy - : de ma part, je le reppute bon homme.

o) ne escripvoit édit. — p) mourroil édit. — q) scavoir édit. — r) maintient édit.

ch. XX\'I). Après avoir passé plusieurs années au couvent de Saint Dominique, à Boloj^nc, il arriva à Florence en 1481, et devint supérieur du couvent de Saint-Marc. Sur cette illustre figiu-e d'idéaliste convaincu, qui crut pouvoir, sans toucher aux doj^mes, réformer les abus de l'église romaine, sur sa foi un peu naïve en Charles \IU, et sur l'extraordinaire ascendant que son ardente prédication lui procura pendant quelques aunées à Florence, voyez, entre de nombreux travaux, 1 éloquente biographie de ^'illari, déjà citée, et le jugement équitable que M. Mûntz a porté sur Savonarole, dans ses Précniseurs de la Rentiissance, cit., p. 220-227.

1. Jean-François de Cardone, de famille catalane, seigneur d'Azay, maître dhôtel de Charles VIII en 1405, exerça le même emploi, sous François I", jusqu'en 1517 (Moréri, au nom ; Dupont, Mémoires. II, 437 n. ; de Maulde, Chron. de Louis XII, I, 239 n^. Au début de la campagne d'Italie, il avait été envoyé en mission à Florence (Desrey, Relal. de l'entreprise d'Italie, dans Cimber et Danjou, Arch. cur., cit., ï, p. 206).

2. Sur les prophéties de Savonarole, voyez Yillari, oiiv. cité, I, 133 s. "\'illari observe que les pressentiments de frère Jérôme se sont pour la l)lupart réalisés. Nombre de contemporains l'ont proclamé prophète, et Machiavel lui-même ne lui refuse pas ce don. Quant à la réforme de l'Eglise, on connaît les fameuses propositions qui furent comme son cri de guerre : La Chiesa sara flagellata — E poi renovata — E cio sarà presto.

Aussi luy demanday si le Roy pourroit passer sans péril de sa personne, veu la g-ranl assemblée que faisoient Veniciens, de laquelle il scavoit myeulx à parler que moy, qui en venois. Il me respondit qu'il auroit à faire en chemin, mais que Ihonneur luy en demoureroit, et n'eust il que cent hommes en sa compaignée, et que Dieu, qui lavoit conduict au venir, le conduiroit encores à son retour ; mais pour ne s estre point bien acquitté à la relîormation de l'Eglise, comme il devoit, et pour avoir soutfert que ses gens pillassent et robassent ainsi le peuple, et aussi bien ceulx de son parti (et luy ouvrirent les portes sans contraincte) comme les ennemys, que Dieu avoit donné une sentence contre luy, et brief auroit ung cou]) de fouet ; mais (jue je luy disse que, s'il vouloit avoir pitié du peuple et délibérer en soy de garder ses gens- de mal faire et les punir (juant ilz le feroient, comme son office le requeroit', Dieu revocqueroit sa sentence ou la diminueroit ; et ([u il ne pensast point estre excusé pour dire : '< Je ne faiz nul mal. » Va me dist que luy mesmes yroit au devant de luy et luy (liroit : et ainsi le feist, et parla de la restitution des places des Florentins K 11 me cheut en pensée la mort de monseigneur le Daulphin -, car je ne veoye aultre chose que le Hoy prist à cueur; mais je diz encores cecy afin que myeulx on entende que tout ce voyagé fut vray mistere de Dieu.

s Xolre ms. a en soy garder de ses gens ce qui pourrait signifier certains de ses gens. — t) le requiert édil.

1. C'est à Poggibonsi, le 18 juin, que frère Jérôme se présenta devant le roi, auprès duquel il avait déjà par deux fois, au mois de novembre 1-594. à Pise et à Signa, plaidé la cause de Florence, de l'Eglise et de l'Ilalic (Delaborde, Expédilion, p. 54", 454 i. Comme précédemment, Charles \11I accueillit le réformateur avec toutes les marques du lespect ; il l'emmena avec lui jusqu'à Castel-Fiorentino, et lui affirma qu'il tiendrait ses engagements envers les Florentins et qu'il leur rendrait, quand le moment serait venu, Pise et les autres places qui leur appartenaient. Savonarole crut, peut-être avec raison, à la bonne foi du roi, et rapporta à Florence les assurances qu'il avait reçues [Delaborde, ouv. cité, p. 619 s.).

2. Charles-Orland, né le 10 octobre 1402, mort le 6 décembre 1495 (Voyez plus loin, ch. XX).

[Chap. IV. J Coniine j ay dict, le Roy estoit entré à Pise, et les Pisuns, hommes et femmes, prioient à leurs hostes que pour Dieu tenissent la main envers le Roy qu'il/ ne fussent remys soubz la tirannye des Florentins, qui, à la vérité, les traictoient fort mal : mais ainssy sont maintes aultres citez en Ytallie qui sont subjectes à aultres ; et puis Pise et Florence avoient esté trois cens ans ennemys, avant que Florentins la conquissent. Et ces parolles et larmes faisoient pitié à noz gens, et oublioient les promesses et sermens que le Roy avoit [faictz] sur Fautel Sainct Jehan à Florence ; et toutes sortes de gens s'en mesloient, jusques aux archiers et aux Suysses, et menaçoient ceulx qu'ilz pensoient qui vouloient que le Roy tint sa promesse, conime le cardinal de Sainct Malo : oyz ung archer le menasser (ailleurs 1 ay appelle g-eneral de Languedoc). Aussi en y eut " qui disrent grosses parolles au mareschal de Gié. Le président de Ganay fut plus de trois jours qu'il n'ousoit coucher k son logis. Et sur tous tenoit la main à cecy le conte de Ligny ; et venoient lesdits Pisans à grans pleurs devers le Roy et faisoient pitié à chascun qui par raison les eust peu aider. Ung après disner '' s'assemblèrent quarente ou cinquante gentilz hommes de sa maison, portans leurs haches au col, et le vindrent trouver en une chambre, jouant aux tables avecques mons"' de Piennes et ung varlet de chambi-e ou deux, et plus n'estoient '. Et porta la parolle ung des enffens de Sallezart l'aisné -^ en faveur des Pisans. chargeant, aulcuns de ceulx que je nomme, ou tous, disant qu'ilz le trahissoient. Bien vertueusement les renvoya le Roy : mais aultre chose n'en fut depuis.

u) de Si Malo. que ailleurs j'ay appelle f^eneral de Languedoc. Je miys unp arcliier qui le menassa : aussi y en eut édit. — v) Ung jour après disner édit.

J. Cf. Delahorde, Erpèdition, p. 621.

2. Peut-être François de Salazar, lîls d'Hector, seigneur de Saint -Jusl, qui mourut en 1302, et d'Hélène de Chastellux, et petit-fîls du grand Salazar. François épousa, en 1021, Marie de Saint-Simon, et mourut en 154s Bibl. nal. Pièces orig., t. 2(310, doss. Salitznr).

Bien six ou sept jours ' perdit le Roy temps à Pise "', et puvs mua la g-arnison et mist en la citadelle ung appelle Kntra<i;-ues -, homme mal conditionné, serviteur du duc d Orléans ; et luy dressa^ ledit seig^neur de Ligny. Et y fut laissé des ^ens de pied de Berry. Ledit Entragues fit tant qu'il eut encores entre ses mains Piètre Sancto (et croy qu'il en bailla argent), et une aultre place auprès appellée Mortion ^. Il en eut une aultre appellée Librefato, près de Luques. Le chasteau de Seresanne, qui estoit très fort, fut mis par le moyen dudit conte de Ligny entre les mains d'ung bastard de mons'" de Roussy '», serviteur dudit conte ; ung aultre. appelle Seresannelle w, es mains = d'ung tle ses aultres serviteurs ' : et laissa le Roy beaucop gens susdites places (et si n'en aura jamais tant à faire), et refusa l'aide des Florentins et offre dont j ay parlé, et demourerent comme gens désespérez. Et si avoit sceu, dès avant qu'il partist de Senes, comme le duc d'Orléans avoit prins la cité de Xovarre sur le duc de Millan ''. par quoy le Roy povoit estre " certain que les \'eniciens se declareroient^, veu que de par eulx luy avoye dit que, s'il faisoit guerre audit duc de Millan. quilz luy donneroient tout aide k cause de la ligue nouvellement faicte ; et avoient leurs gens prest[z] et en grant nombre. Et fault

i/M son temps à la ville de Pise édit. — x) adressa éJit. — y) Sarrasanne éJil. — s) enti'c les propres mains édil. ■ — a ' veoit estre édit. — h) desclaroient èdil.

1. Trois jours seulement, du 20 au 23 juin Séjours, cités, p. 52 . Un passage d'une lettre de Comniynes au rf)i. écrite à ^'enise avant le 12 avril, témoi^'ne de lanxiélé (jue lallaire de l'ise causait à notre auteur. " VA me deplaist, Sire, de si lonfiucment avoir escouté ceste liberté de I*ise, car à tous ceux qui viennent au contraire en ceste Italie a esté matière de double, et semblera advis aux Florentins, à ceste heure, (jue la li^ue leur jxirtera ayde ■> Dupont. Preuves de Commynes, III, ilô .

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