juin 1495 Voyez plus loin p
entendre que. quant la lig-ue fut conclue, le duc de Millan cuidoit prendre Ast i, et n'y pensoit trouver personne; mais mes lettres, dont j'ay parlé 2, avoient bien aidé à advencer des g^ens que le duc de Bourbon y envoya. Mais les premiers qui y vindrent furent envyron quarante lances de la compaignie du mareschal de Gyé, qui estoient demeurez en France 3, et ceulx là vindrent bien à point, et cinq cens hommes de pied que y envoya le marquis de Saluées. Cecy arresta les g-ens du duc de Millan, que menoit messire Galeace de Sainct Severin : et se log-erent à Noni'', ung chasteau que a le duc de Millan à demye lieue ^' d'Ast ^. Poy à poy*^ y arrivèrent envyron /^ trois cens cinquante hommes d'armes et des g-entilz hommes du Dauphiné et quelque deux mil cinq censs^ Suysses et des francs archiers du Daulphiné ; et estoient en tout bien sept mil cinq cens hommes paiez ; mais ilz myrent '' beaucop à venir ■' et ne servirent de riens à lintencion par quoy ilz avoient esté mandez, qui estoit pour venir secourir le Roy, car il' les fallut aller secourir. Et avoit esté escript à raondit seigneur d'Orléans et aux cappitaines qu ils n'entreprinsent riens contre le duc de Millan, mais seullement entendissent à
c Nom édit. — d] à deux mils édit. — e) Peu après êdit. — f environ est omis dans les édit. — fj) cinq cens est omis dans les édit. — h) payez, qui misrent édit. — ij car, en lieu de secourir le Roy, il édit.
1. Dès le 6 a^■I■il 1495, Galéas de San Séverine, à la tète de ri.OOO chevaux et de 4.000- fantassins, était allé sommer Louis d'Orléans de lui livrer Asti; mais le duc fit bonne contenance, et les troupes milanaises, mal payées, ne tardèrent pas à se débander 'Delaborde. Expédition, p. 608).
2. Cf. le texte d'une lettre du duc d'Orléans au duc de Bourbon, datée d'Asti le 14 avril (Godefroy, Hist. de Charles VIII, 701 ; Dupont. Preuves de Comm^'nes. III. 418 .
3. L'envoi de ces renforts, dirigés sur Asti, fut annoncé à Charles ^'III par une lettre du duc de Bourbon, datée de Moulins, le 22 avril [CL Réponse du roi. dans La Pilorgerie, ouv. cité. p. 260 ss.).
4. Anone. sur le Tanaro. à 10 kilomètres d'Asti, dans la direction d'Alexandrie. Cf. ci-dessus, p. 135. n. 3.
5. Le 22 avril, le duc d'Orléans pressait le duc de Bourbon de lui expédier des renforts, << attendu mesmemcnt que la chose requiert grande et extresme diligence, comme pourrez voir par les lettres de Mons' d'Argenton à vous adressantes, lesquelles par ceste poste vous envoyé » : et il ajoutait : » En cecy gist tout le fait et salvation du Roy ». Godefroy. llist. de Charles VIII, 702, et Dupont. Preuves de Commynes, III. 419;.,
I40o] LIVKE Vlll. CHAPITRE V 247
«ifarcler Ast et ii venir au devant du Uoy justfues sur la rivière du Tliesin '. pour luy aider à passer; car il ne avoit nulle aultre rivière qui l'enipeseliast. Et fault entendre c(ue ledit duc d'Orléans nestoit point p issé Ast, et Iv •' avoit le Rov laissé. Toutesfoiz, non obstant ce que le Hoy luv avoit escript, luy vint ceste praticcjue si friande que de luy bailler ceste cité de Novarre, ({ui est à dix lieues de Millau "' ; et y fut receu à grand joye, tant des Guelfes (|ue des Gibellins , et luy aida bien à conduire cest oeuvre la marquise de Montferrat. Le chasteau tint deux jours ou trois •"' ; mais si ce pendant il fust allé ou [eustj envoyé devant Millan (il y avoit pratic((ue assez), eust esté receu à plus grant joye qu'il ne fut oncques à son cbasteau de Bloys, cjmnie le m'ont compté des plus g-rans de la duchié. Et le pouvoit faire sans dangier, les trois jours premiers, pour ce ((ue les g-ens du duc de Millan estoient encores à Noni ''", près Ast, quant Novarre fut prins, qui ne vindrent de (juatre jours après; mais peult estre qu'il ne creoit point les nouvelles qu'il en avoit.
[Chap. V.] De Senes estoit venu le Hoy à Pise . comme avez veu et entendu ce qu'il y lit, et de Pise vint à Luccpie, où il fut bien receu de ceulx de la ville, et y séjourna d(;ux
jj luy ins. — k) à Xoni édil.
1. l'i)Ui'<[Uni le Tcsiii ? La ^Taiulc i-dute de l'arme à .Asli |)ar Torloiic se tionl cnntimielleinent au sud du Pô, qui reçoit le Tesin, près de i'a\'ic, sur sa ri\e si'ptenlriouale. Peut-être Couimyncs a-t-il voulu parler du Tanaro, allluenl de la rive uiéridionalc du Pô, (|ui passe à .\sli et à Alexandrie.
'2. A une cinquantaine de kilouièlres à l'ouest.
'.i. Le duc dOrléans, parti d'.Vsti le 10 juin, se présenta devant Novarc le l.t. à S heures du matin. Deux lioures après, il faisait son entrée dans la ville, en compaj^nie du marquis de Saluées et de Constantin .\raniti, frère de la marquise fie Montferrat. Le château se rendit le lendemain La Pilor^rerie, ow. cité. p. 30!» ss. . Dune cn((ucte, faite au mois de no\eml)rc suivant l>ar les autorités milanaises, il résulte que c'est la trahison de queUpies hMiir^reois <pii livra No\are aux Fi-ançais. Dès ([uil fut instruit de léxéneuienf, Ludovic envoya en toute hâte à .Novare Philippinu de l''lischo, (jui ne put faire rentrer la ville dans le devoii" et dut se bornera i-ejoindrc au château Zoannc de Clialco, qui en avait la (iarde. Mais le châtelain, sans doute d'accord a\ec les partisans du fluc d'drléans. néjjlijrea de iiarti pris dassui-er la défense de la place ipii lui était confiée Dncuments publiés par (1. Martinozzi, dans Archivio LoinhnrJo, 1.S76, t. III, p. 3ir)-330).
248 MÉMOiRiis i)K l'iiii.ii'i'i: Di: commîmes [1495j
jours ' ; oL puis vint à Pietresuncto -, que tenoit iMiti-ag-ues, no cniii^nant [en | riens ses enneniys, ne ceulx à (jui il donnait' le crédit. Et trouva de merveilleux j)aïs "' de nionlaij^nes entre Lucques et ledit lieu, et aise/ à deU'endre à <j;-ens de pied ; mais encores nestoient emsend)lo ". Kt près dudit Pietresancto est le pas de la Serve" d'unfi^ costé et le Roc Taillé, d'autre costé marei/ de mer bien part'onds, et fault passer par une chaussée comme celle dun*:;- estan^'^ ; et estoit le pas qui fut depuis Pise jusques au Pont Trémolo que je crai^noye le plus, et dont je avoys plus ouy parler, car une charrele ^ectée au travers et deux bonnes pièces d'artillerie nous eussent gardez de passer, sans y trouver remède, avecques gens en petit de nombre.
De Pietresanto alla le Roy à ^eresanno % où fut mis en avant par le cardinal Pctri à vincula de faire rebeller Gennes et de y envoyer des gens. Et fut mis la matière en conseil "'
i ils (lonnoient édit. — m) pas éd'd. — h) n'estoicnl cnseuihle nf)s enneinys édil. — o) la Seiirre èdil.
1. Charles \'III cjuilta Pise le 23 juin, et arriva le même jour à Lucques, où il passa la journée du 24.